Petition updateFéminisme ou antimalisme ?Les casse-croûte exigent des garanties contre l'adoption d'une motion de censure
SOS men bashing
Dec 9, 2022

ll y a une différence de taille entre le régime parlementaire tel qu'il se pratiquait sous les IIIe et IVe Républiques et le régime de la IIe monocratie. (1) Dans un régime parlementaire, la chambre peut faire tomber les ministères sans être dissoute. Elle s'en donne à cœur joie. Dans le système de la monacratie de 1958, au contraire, le monocrate peut renvoyer les députés devant les électeurs. Ça calme. C'est pourquoi les députés ne déposent une motion de censure que s'ils ont la certitude qu'elle ne passera pas. Ainsi, ils gagnent sur deux tableaux. Ils se montrent des opposants farouches aux yeux de leurs électeurs: "Vous avez vu! Nous n'avons pas laissé le 49-3 passer sans réagir. Nous avons déposé une motion de censure. C'est fort, hein? Allez, reconnaissez que c'est fort." D'un autre côté, ils ont la certitude que la motion ne passera pas. Ils font les fanfarons sans risque. 

Aucune inquiétude à avoir quand le monocrate a une majorité de petits soldats à sa botte. Tous voteront comme un seul homme contre l'adoption de la motion. La situation est plus préoccupante quand le monocrate n'a qu'une majorité relative. Car, si les députés sont quasi- unanimes à vouloir que la motion ne passe pas, ils ne sont pas à l'abri d'un vote surprise. Les motions de censure ont un inconvénient : si une motion est adoptée, elle est adoptée. Le gouvernement ne peut pas, comme pour une loi, demander que l'on recommence le vote. La défense de l'emploi, on ne plaisante pas avec ça. Faut faire gaffe. 

Le risque qu'une motion de censure soit adoptée amène certains députés à exiger des garanties contre son adoption. Ce fut le cas de la députée Valérie Rabaut, vice-présidente de l'Assemblée nationale (bonjour les pépètes) et de plusieurs de ses comparses. Ils étaient très en colère contre les irresponsables Oliver Faure et Boris Vallaud qui avaient refusé d'inclure dans le texte de la motion une formule inacceptable pour le Rassemblement National. 

Côté scène, cette demande est noble. Comment nous, vertueux progressistes, amis de l'humanité, pourrions accepter que nos voix se mêlent à celles du racisme et de la xénophobie? Côté coulisses, il y a une demande plus sérieuse : s'assurer que la motion de censure ne passera pas. Une formule "pare-feu", comme le dit aimablement Valérie Rabaut, qui empêcherait le Rassemblement National de voter la motion, c'est la garantie que la motion ne sera pas adoptée. L'équation est simple : pas de voix du Rassemblement National, pas de majorité. Pas de majorité, pas d'adoption de la motion. Sauvés par le pare-feu. 

(1) La première constitution monocratique est celle de l'an VIII.

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