Petition updateFéminisme ou antimalisme ?La culture, c'est l'obscurantisme des propriétaires
SOS men bashing
Sep 23, 2020

L'obscurantisme, dans son sens strict, est une doctrine lucide qui considère qu'un pauvre instruit est un pauvre dangereux parce que l'instruction qu'il aura reçue lui donnera des moyens de comprendre et de contester la société dans laquelle il vit et dans laquelle il estime ne pas avoir la place qui lui revient. C'est pourquoi l'obscurantisme considère très intelligemment que les connaissances des pauvres doivent être limitées à ce qui est strictement nécessaire. C'est le principe « Need to know ». Chacun doit savoir ce qu'il a besoin de savoir mais rien de plus que ce qu'il a besoin de savoir.

L'esclave n'a pas besoin de savoir lire et écrire pour récolter du coton ou de la canne à sucre. Par conséquent, les propriétaires ne lui apprendront ni à lire ni à écrire. Au pays de la liberté (les États-Unis) apprendre à lire à un esclave était illégal.

L'ouvrier, dont les tâches sont plus complexes, a besoin de certaines connaissances pour exercer ses fonctions productives. Ses propriétaires lui apprendront donc à lire et à écrire.

En complément du principe « Need to know », selon lequel l'esclave ne savoir que ce qui est utile et nécessaire à son activité productrice, les possédants inculquent une morale de la soumission à leurs esclaves. Aux États-Unis les esclaves qui n'avaient pas le droit d'apprendre à lire et à écrire, avaient cependant le droit d'entendre la parole de Dieu (dans des églises qui leur étaient réservées, cela va de soi) parce que Dieu leur disait qu'ils devaient obéir à leurs propriétaires. Cette morale de la soumission, c'est le catéchisme. De nos jours, le catéchisme a été laïcisé. Il porte le nom d'instruction civique.

Nous pourrions imaginer que les propriétaires qui limitent les connaissances qu'ils permettent à leurs esclaves d'acquérir ne limitent pas les connaissances qu'ils acquièrent. C'est en grande partie vrai. Car la direction de l’état et de grandes entreprises au fonctionnement complexe requiert des connaissances étendues dans de nombreux domaines. Toutefois, il existe un obscurantisme spécial aux propriétaires et à leurs domestiques (les intellectuels, les enseignants, les journalistes..). Cet obscurantisme s'appelle la culture.

La culture permet de comprendre le monde, son histoire. Mais elle ne le permet que dans une certaine mesure. Car la culture a également pour fonction d'empêcher les possédants de comprendre le monde. La culture ne serait pas totalement utile à l'individu si elle ne le protégeait pas contre la compréhension du monde. La culture est un système immunitaire dont la fonction est de protéger l'individu contre l'agression des faits.

La fonctions de la culture est de donner bonne conscience aux possédants. Ainsi, lorsque l'esclavage existe, la culture justifie l'esclavage par des théories diverses, par exemple des théories racistes. La culture esclavagiste permet aux propriétaires d'esclaves de se dire qu'ils sont des types bien, qu'ils ne font aucun mal à personne, que leur comportement est entièrement moral.

Dans une société qui a aboli l'esclavage, la culture stigmatise l'esclavage comme choquant et odieux. Elle peut se le permettre, cela ne lui coûte pas un rouge liard. Elle remplace la culture esclavagiste par une culture "salariatiste". La culture "salariatiste" dit aux propriétaires de salariés qu'ils sont des types bien, qu'ils ne font aucun mal à personne, que leur comportement est entièrement moral.

Une autre fonction de la culture est de rendre compliqué ce qui est simple. Des armées de producteurs de culture (les philosophes, les intellectuels...) produisent à tour de bras des théories fumeuses et compliquées qui permettent de remplir le crâne des gens de garbage. Toutes ces théories compliquées et artificielles permettent d'enliser la discussion dans un marécage d'opinions dont rien ne sortira jamais.

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