Petition updateFéminisme ou antimalisme ?À qui profite la critique du consentement ?
SOS men bashing
Feb 27, 2020

En matière sexuelle, les plus conservateurs ont toujours rejeté l'idée que le seul critère du permis et de l'interdit était le consentement des partenaires. S'ils l'admettaient, ils ne pourraient plus crier au scandale devant la prostitution, l'homosexualité, les pratiques sadomasochistes ou les mères porteuses, comme ils le font systématiquement.

Cependant, pour nier que le consentement soit le seul critère du permis ou de l'interdit en matière sexuelle, ils se présentent comme les défenseurs les plus farouches de l'idée de consentement.

Ils disent : « Bien sûr que nous sommes pour une morale du consentement. Mais du vrai consentement ! ».

Et pour définir le "vrai" consentement, ils placent la barre si haut, ils proposent des critères si difficiles à respecter qu'ils parviennent de cette façon à nier la possibilité même du consentement.

Ainsi, d'après eux, on ne devrait jamais dire d'une personne qu'elle a vraiment consenti à jouer dans un film porno ou à se prostituer en se fiant à ce qu'elle affirme sans sonder ce qui se cache tout au fond de son "âme" ou de son "cœur" (et qui, pensent-ils en projetant leurs préjugés, ne peut-être qu'un dégoût profond pour ces activités et le désir de faire n'importe quoi d'autres si c'est possible).

De façon plus générale, on ne devrait jamais, selon eux, dire d'une personne qu'elle a "vraiment" consenti à quoi que ce soit, tant qu'on n'est pas absolument certain qu'elle était parfaitement rationnelle, parfaitement autonome du point de vue matériel et psychologique et qu'elle possédait une connaissance préalable et complète de toutes les étapes et de toutes les conséquences de ses actions.

Mais qui possède une telle connaissance ? Qui est parfaitement rationnel et parfaitement autonome ? À ces conditions, Dieu lui-même ne serait peut-être jamais "vraiment" consentant!

Si on va au bout de ce raisonnement, on ne pourra plus dire de qui que ce soit qu'il a consenti à quoi que ce soit, ni en matière sexuelle ni ailleurs. Et si toute relation sexuelle non consentie doit être réprimée, alors toutes les relations sexuelles devraient l'être, car aucune ne serait jamais vraiment consentie selon ces critères.

C'est évident pour la prostitution. Qui pourrait garantir qu'une prostituée "consent" selon ces critères ?

Mais c'est manifeste aussi pour les premières relations sexuelles ou pour la sexualité en état d'ivresse. Qui possède une connaissance complète de toutes les étapes et de toutes les conséquences de l'action dans ces contextes ? Qui peut exprimer clairement et constamment son assentiment du début à la fin ? Qui a vécu ces expériences sans aucune contrainte sociale, physique ou émotionnelle ? Personne probablement. Ruwen Ogien, La liberté d'offenser.

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