Petition updateFéminisme ou antimalisme ?Les principes sont le masque d’intérêts particuliers
SOS men bashing
Oct 26, 2019

Les obscurantistes (les intellectuels, les universitaires, les politiciens, les journalistes, les historiens, les juristes publics) veulent nous faire croire que nos institutions politiques sont fondées sur des principes tels que la souveraineté de la nation, la souveraineté du peuple ou la séparation des pouvoirs. Et, je dois bien l'avouer, ils y parviennent plutôt bien. Cependant, la vérité nous oblige à dire qu'il s'agit là d'une pure mystification. Ces principes ne sont que du vent. Ou bien, pour dire les choses autrement, s'ils existent, c'est seulement en tant que masques d'intérêts particuliers. Ainsi, lorsque les révolutionnaires de 1789 ont proclamé le principe de la souveraineté de la nation, c'est parce que des intérêts particuliers, ceux de la bourgeoise montante, se cachaient derrière ce principe.
Dans "L'ancien régime et la révolution", Tocqueville écrit : « Jamais les partis ne montrèrent mieux cette hypocrisie pédante qui leur fait cacher leurs intérêts derrière des principes. »
Ce que Tocqueville nous dit ici, c'est que ceux qui défendent un intérêt personnel ou catégoriel jugent toujours préférable de masquer cet intérêt en présentant sa défense comme celle d'un intérêt général. Pour ce faire, ils se drapent dans un principe.
Prenons l’exemple de la représentation proportionnelle dans les élections. Il ne fait aucun doute que le scrutin majoritaire avantage les grands partis et désavantage les petits. C'est la raison pour laquelle les petits partis y sont toujours favorables. Mais ils ne déclarent jamais qu'ils y sont favorables parce qu'elle leur permettra d'avoir plus d'élus. Ils jugent (à juste titre) plus habile d’affirmer qu’elle est plus démocratique. Ils mettent en avant le fait, par ailleurs parfaitement exact, qu'ils ont peu d'élus comparativement à leurs résultats électoraux. Ils en déduisent que leurs électeurs sont insuffisamment représentés et y voient une atteinte aux principes démocratiques. Mais ces principes ne servent en réalité qu'à masquer un intérêt particulier.
Ainsi, l’observation de Tocqueville est juste. Mais ce que Tocqueville ne dit pas, c'est que ce sont les intérêts particuliers qui engendrent les principes. Ce qui existe seulement, ce sont les intérêts particuliers. Et ce sont ces intérêts particuliers qui engendrent les principes (principe de la souveraineté de la nation, principe de la souveraineté du peuple, etc.). Les principes n'existent pas en eux-mêmes, ils n'ont pas de réalité.
Après la guerre d’indépendance contre l’Angleterre, les treize États qui formaient l’ancienne colonie britannique ont décidé de se doter d’un gouvernement fédéral. La question s’est alors posée de la représentation de chacun de ces treize États particuliers dans le gouvernement fédéral. À ce propos Roger Persichino (Les élections présidentielles aux États-Unis) explique ceci :
« La représentation des États est l'objet de discussions et d'oppositions farouches. Le Sud, plus peuplé, préfère une représentation sur une base démographique, tandis que le Nord souhaite préserver un système par État.»
Ce que nous constatons ici, c'est qu’il y a un rapport direct entre la position adoptée par chaque partie et ses intérêts particuliers. Chaque partie, comme il est parfaitement naturel, défend ses propres intérêts, c'est-à-dire la solution qui l'avantagera. Le Sud est partisan d'une répartition sur une base démographique parce que ce système de représentation lui donnera une représentation plus importante et donc une influence plus grande au niveau de l'État fédéral. La position du Nord est l'inverse. Comme c’est la représentation par État qui lui est le plus favorable, il est favorable à ce mode de représentation.
Toutefois, ce qui est notable dans ce cas, c’est qu’il n’existe aucun principe préconstitué. Chaque partie crée un principe concomitamment à la défense de ses intérêts particuliers. En revendiquant une représentation sur une base démographique, le Sud pose par ce fait même le principe de la représentation sur une base démographique. De même, en revendiquant une représentation basée sur un système par État, le Nord pose par ce fait même le principe de la représentation fondée sur un système par État. La filiation du principe aux intérêts particuliers apparaît clairement.
Au contraire, dans le cas de la Révolution française, les principes ont précédé la Révolution parce que des idéologues dévoués aux intérêts de la bourgeoisie riche et influente, les philosophes des Lumières, ont pré-constitué des principes présentés comme rationnels favorables à ses intérêts. C’est ce fait qui permet aux obscurantistes (les intellectuels, les universitaires, les politiciens, les journalistes, les historiens, les juristes publics) de présenter l’œuvre de la Révolution française comme l’application de principes rationnels. Mais, après tout, ils ne font que le travail pour lequel on les paie. Des individus ignorants sont plus faciles à réduire à la soumission.

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X