Pour comprendre le féminisme il est indispensable de distinguer deux périodes dans son histoire : une période égalitariste en droits et une période suprématiste.
Le féminisme a commencé comme égalitarisme en droits. Pendant toute la première partie de son histoire, les femmes n'avaient pas les mêmes droits que les hommes. Les féministes se plaisent à énumérer la liste de tous les droits réservés aux hommes. : impossibilité pour la femme mariée d'ouvrir un compte bancaire ou de travailler sans l'autorisation de son mari, impossibilité d'accéder à certaines écoles, impossibilité d'exercer certaines professions, et bien entendu, les femmes n'étaient ni électrices ni éligibles.
En regard de la liste de ces droits que les femmes n'avaient pas, on inscrit la date à laquelle elles l'ont obtenu. Cette date est généralement assortie d'un commentaire tel que : « Il a fallu attendre telle année pour que les femmes obtiennent tel droit." Par exemple, il a fallu attendre 1962 pour que la femme mariée ait le droit d’ouvrir un compte bancaire. Et l'on fait remarquer que cette date est très récente et on en conclut que "c'est complètement dingue".
Le jalonnement des droits obtenus par les femmes forme ce que nous pourrions appeler la longue marche féministe : la conquête de l'égalité. C'est cette longue marche qui détermine l'opinion que les gens se font du féminisme : il est la conquête lente et patiente de l'égalité des droits avec les hommes. Ce que les gens ne comprennent pas, ce qu'ils sont incapables d'imaginer, c'est qu'un changement s'est produit. Puisque le féminisme était égalitariste en droits à l'origine, il est aujourd'hui encore égalitariste en droits et il le restera jusqu'à la fin du système solaire parce qu'il est inconcevable qu'une évolution ait pu se produire. L'évolution, le changement se conçoivent, mais pas en ce qui concerne le féminisme. Si le féminisme a été égalitariste en droits un jour, il l'est pour toujours.
Cette manière de voir est erronée. Les femmes ont maintenant terminé leur longue marche égalitariste en droits. C'est pourquoi, si le féminisme était seulement égalitariste en droits, il aurait dû s'éteindre maintenant que les femmes ont les mêmes droits que les hommes dans tous les domaines. Si vous êtes d'une opinion contraire, citez-moi un seul droit, je dis bien un seul, qui appartiendrait uniquement aux hommes. Vous n'en trouverez pas un seul parce qu'il y a en pas un seul. Le combat aurait donc dû cesser faute de combattants, comme on dit dans le Cid.
Or, ce n'est pas ce qui se passe. Le féminisme continue d'exister, mais sous une forme différente, le suprématisme femmes. Les féministes clament que l'égalité n'est pas atteinte, mais ils se gardent bien de préciser "égalité en droits". La formule est : « L'égalité n'est pas atteinte. » et non pas « L'égalité en droits n'est pas atteinte.»
La raison pour laquelle "l'égalité n'est pas atteinte" est que le mot égalité a changé de sens et de contenu. Il n'est plus l'égalité en droits, il est devenu l'égalité féministe, l'égalité sans égalité, l'égalité inégale. L'égalité féministe, c'est le suprématisme femmes, c'est-à-dire une doctrine selon laquelle les femmes dans la société doivent être placées au-dessus des hommes, avoir un statut supérieur à celui des hommes et plus de droits que les hommes.
L'égalité féministe peut être exprimée de différentes manières :
Tout ce qui est à toi est à moi, mais rien de ce qui est à moi n'est à toi.
Les femmes sont des hommes comme les autres, mais les hommes ne sont pas des femmes comme les autres.
Pile je gagne, face tu perds.
Dans une société où tout est faux, il faut tout expliquer.