Petition updateFéminisme ou antimalisme ?Le féminisme tue tous les jours
SOS men bashing
1 Sept 2019

Le machisme tue tous les jours alors que le féminisme, lui, n'a jamais tué personne. Voilà une évidence dont les féministes ne sont pas peu fiers. Elle les légitime, elle les justifie. Elle est la démonstration même, la preuve irréfutable, de ce qui est leur conviction intime : ils ont raison. Ils sont les Justes, ils sont la Vérité. Ils sont le camp du Bien, ils sont les croisés du Bien.

Posons cependant une question : où est la démonstration ? Où est l'argumentation ? Sur quoi se fonde cette évidence irréfutable que le féminisme n'a jamais tué personne ? À la vérité, cette affirmation se fonde sur elle-même. Les féministes ont la conviction intime que ce sont eux qui ont raison, que leurs croyances sont justes et rationnelles, qu'ils sont progressistes, qu'ils se battent pour une société plus juste, qu'ils ne veulent que l'égalité. Dès lors, l'idée que le féminisme n'a jamais tué personne se dispense de démonstration. Le féminisme n'a jamais tué personne parce qu'il est le féminisme. Le féminisme est le féminisme parce qu'il n'a jamais tué personne.

Dans des phrases telles que : « Le machisme tue tous les jours. » et "Le féminisme n'a jamais tué personne", nous pouvons noter une manière extrêmement répandue et moderne de s'exprimer : la personnalisation d'une abstraction. Cette manière de s'exprimer est moderne. Elle n'existait pas avant la révolution de 1789 parce que langue française s’est dégradée à partir de la révolution.

Personnaliser une abstraction, c'est utiliser une abstraction comme sujet d'un verbe actif. Une abstraction n'est ni une personne physique, ni même une personne morale. C'est une idée abstraite. La personnalisation d'une abstraction permet ainsi de créer des phrases sans sujet. Le sujet qui accomplit l'action désignée par le verbe de la phrase est indéterminé.

Nous comprenons l'avantage de faire agir une abstraction. Cela permet de dissimuler le sujet réel, la femme parricide, et de remplacer ce sujet réel par un sujet abstrait, l'idée d'une doctrine douce, juste, objective, humaine, inoffensive. Il est évident qu'à partir du moment où le sujet de la phrase est cette abstraction, l'idée que cette abstraction n'a tué personne apparaît comme une évidence. Mais, si l'on remplace l'abstraction par le sujet réel, l'évidence disparaît et même, l'évidence contraire apparaît. Car, à partir du moment où les féministes considèrent les hommes comme des pourritures infectes, il apparaît parfaitement légitime de les mettre à mort. Le discours de haine féministe s'analyse comme une incitation au meurtre.

Mais ce ne sont pas les abstractions qui tuent, ce sont des personnes physiques. Et qui vous dit qu'aucune femme n'a jamais tué par féminisme ?

Violette Nozière a été condamnée à mort en octobre 1934 pour parricide. Les surréalistes prirent fait et cause pour elle parce que "l’injustice dont souffraient les femmes était à leurs yeux à ce point flagrante et insoutenable qu'elle légitimait toutes les formes de révolte" (par « révolte », comprenez « meurtre » ou « assassinat »). Breton, Chard, Éluard, Péret, Dali, Tanguy, Ernst, Arp, Magritte, Giacometti publièrent une plaquette d‘hommages à la victime et lui envoyèrent une gerbe de roses rouges le jour de sa condamnation à mort.

Les surréalistes avaient-ils raison de proclamer que l’injustice dont souffraient les femmes justifiait le parricide ? Peut-être que oui, peut-être que non. Mais ce n’est pas ce qui importe. Ce qui compte c'est que cette opinion, juste ou fausse, est indiscutablement féministe. Dès lors, comment est-il possible de soutenir que « le féminisme n'a jamais tué personne» ?

Plus près de nous, il y a le cas de Jacqueline Sauvage, cette femme qui a abattu son mari de trois balles toutes mortelles dans le dos. Qui osera dire que Jacqueline Sauvage n'a pas tué ? L'argument des féministes pour réclamer sa grâce n'était donc pas qu'elle n'avait pas tué, mais qu'elle avait tué pour la bonne cause, celle des femmes battues. Or, tuer pour une bonne cause, c'est quand même tuer.

Si les féministes avaient un peu de probité — ce n'est pas le cas — ils écriraient sur leurs banderoles : « Le machisme tue tous les jours pour la mauvaise cause, le féminisme tue de temps à autre pour la bonne cause. »

La viol-langue est la langue du féminisme. La viol-langue, vous dis-je, la viol-langue.

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Les femmes politiques ne sont pas des hommes politiques comme les autres

Pendant un siècle et demi, en France, aucune femme n'a été ni électrice, ni éligible à une élection administrative ou politique. Cette situation a pris fin en 1944 lorsque toutes les femmes sont devenues électrices et éligibles à toutes les élections, à tous les niveaux d’élection. Était-ce assez ? Non. L'égalité des droits ne suffisait pas. C'est la raison pour laquelle une nouvelle loi a été adoptée au profit des femmes candidates à une élection, la loi sur la parité. Cette loi, notons-le, ne concerne pas les électrices, mais seulement les candidates à un poste électif. Elle oblige toutes les formations politiques, sous peine de sanctions financières, à investir autant de femmes que d'hommes à toutes les élections.

Pourquoi cette loi sur la parité ? Pourquoi l'égalité des droits ne suffisait-elle pas ? Il est extrêmement facile de répondre à cette question : tout simplement parce que les femmes politiques ne sont pas des hommes politiques comme les autres.

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Objection votre honneur

« Il est un fait que nul ne conteste : les femmes occidentales ont accru à un point inégalé dans l'histoire de l'humanité leurs prérogatives. », écrit un journaliste qui exprime là une opinion commune.

Objection votre honneur. Il n'est pas vrai que nul ne le conteste. Moi, je le conteste.

Il faut distinguer deux questions. La première est celle de l'accroissement des prérogatives des femmes occidentales. La seconde est celle de l'explication de cet accroissement. En d'autres termes, comment cet accroissement des prérogatives des femmes occidentales s’explique-t-il. Ces deux questions sont distinctes.

La phrase de ce journaliste ne dit pas : « Les prérogatives des femmes occidentales se sont accrues. » mais : « Les femmes occidentales ont accru leurs prérogatives. » Telle qu'elle est rédigée, elle ne laisse pas de doute sur l'explication à laquelle il songe. Il n'en imagine d'ailleurs aucune autre : ce sont les femmes elles-mêmes qui sont à l'origine de cet accroissement de leurs prérogatives. En d'autres termes, elles se sont "libérées". C'est la théorie des petits bras musclés : les femmes se sont libérées elles-mêmes avec leurs petits bras musclés.

Rien ne démontre que cette théorie est exacte. D'autres explications sont possibles. Notamment que tous leurs droits leur ont été octroyés par le pouvoir politique sans qu'elles aient eu à se "libérer".

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