Comme chacun sait, le droit pénal détermine les infractions à la loi, en énumère les éléments constitutifs et fixe les peines qui leurs sont applicables. Les éléments constitutifs de l’infraction doivent impérativement être tous réunis pour qu’elle soit caractérisée et par suite, punissable. Si un seul d'entre eux fait défaut, l’infraction ne sera pas constituée.
Or, les théoriciens du féminisme, dont le but est de renforcer toujours plus la législation pénale contre les hommes, créent des infractions pénales dont les hommes seront la cible exclusive. C’est le cas, notamment du crime de « féminicide ». Ce néologisme pénal est la définition d’un crime qui se distingue du meurtre de droit commun car, s’il ne se distinguait pas, il ne serait pas nécessaire de créer une infraction qui ferait doublon avec une infraction de droit commun.
Dans la mesure où le féminicide, déjà entré, selon Le Robert, dans le droit pénal de certaines nations d'Amérique latine (« Le féminicide est un crime reconnu par plusieurs pays d'Amérique latine. ») et appelé à entrer dans le droit pénal de toutes les nations civilisées du monde, il serait souhaitable, pour la défense des hommes qui seuls sont concernés par ce crime (mais qui se soucie de la défense des hommes ?) qu’il soit défini avec précision comme doit en principe l’être toute infraction pénale.
Or, comme nous l’avons vu (Le féminicide, quel critère ?) la définition du féminicide est des plus vagues parce qu’il n’existe aucun critère qui permettrait de dire dans quels cas le meurtre d’une femme a été commis "parce qu’elle était une femme". En d’autres termes, rien ne permet de dire ce qui distingue un féminicide d’un meurtre de droit commun.
Mais un autre élément constitutif du féminicide pose un problème : le sexe du meurtrier. Est-il nécessaire que le meurtrier soit un homme pour que le crime de féminicide soit caractérisé ? En d’autres termes, le sexe masculin du meurtrier est-il une condition du féminicide ? Un meurtre sera-t-il pénalement considéré comme un féminicide si et seulement s’il a été commis par un homme ? En principe, la question ne devrait pas se poser parce que la loi devrait être la même pour tous. Pourtant elle se pose à en juger par la définition du féminicide donnée par la sociologue américaine Diana E. H. Russell qui est à l’initiative e de ce néologisme pénal. Cette définition, la première de toutes, de la plume même de celle qui l’a forgé, définit le féminicide comme « le meurtre de femmes commis par des hommes parce que ce sont des femmes. »
Selon cette définition, deux éléments distinguent le féminicide du meurtre de droit commun. Premièrement son mobile : la femme doit avoir été tuée parce qu’elle était femme. Secondement, l’auteur du meurtre. Ce dernier doit impérativement être un homme. Si un homme tue une femme parce qu’elle est une femme, le crime de féminicide sera caractérisé. Mais si c’est une femme qui tue une femme parce qu’elle est une femme, le crime de féminicide ne sera pas caractérisé parce que l’un de ses éléments constitutifs essentiels, le sexe masculin du meurtrier, ne sera pas présent. Ainsi, le meurtrier est coupable en raison de son sexe. Il est coupable parce qu’il est un homme. Car, si une femme commet les mêmes actes, elle sera coupable, certes, de meurtre, mais elle ne sera pas coupable de féminicide, crime dont nous devinons aisément qu’il sera puni de peines plus lourdes que le meurtre simple. Le féminicide, selon la définition même qu’en donne celle qui en est la créatrice, est un crime défini par le sexe de son auteur et non par les actes commis par l’auteur du crime.
La définition originale du féminicide donnée par Diana E. H. Russell était trop claire, trop explicite, trop franche. Elle avouait sans détour que, selon la théorie féministe, un féminicide ne peut être commis que par un homme. De ce fait, elle revenait à condamner les hommes en raison de leur sexe parce que les mêmes faits, commis par une femme, n’étaient pas punissables.
Ce qu’il y a de gênant dans cette constatation saute aux yeux. Selon la doctrine féministe, seules les femmes peuvent être victimes en raison de leur sexe. Un homme ne peut pas l’être, il ne l’est jamais. Or, nous voyons que le crime de féminicide tel que sa créatrice l’a défini démontre le contraire. Cela faisait tâche. C’est pour cette raison que la définition de Diana E. H. Russell a été expurgée, de la même manière que dans certains pays, on fait disparaître des photos officielles les personnalités tombées en disgrâce. Si nous nous référons à des définitions plus récentes, comme celle qu’en donnent Le Robert ou Wikipédia, nous constaterons que le sexe du meurtrier ne figure plus au nombre des éléments constitutifs du crime.
Le dictionnaire Le Robert le définit comme : « Le meurtre d'une femme, d'une fille, en raison de son sexe ». Wikipédia, également, a expurgé la définition du féminicide : « Le féminicide (ou fémicide, gynécide, gynocide) est par définition le meurtre d’une ou de plusieurs femmes ou filles en raison de leur condition féminine. »
Ces deux définitions diffèrent de celle de Diana E. H. Russell en ce la précision que le meurtre est « commis par des hommes » n’y figure plus, ce qui empêche de démontrer que le meurtrier est coupable en raison de son sexe. Bien joué. En droit, le féminicide peut être commis aussi bien par une femme que par un homme. En fait, il sera commis exclusivement par des hommes. Le féminicide est donc un meurtre qui peut être commis par un homme ou par une femme mais qui ne sera commis que par des hommes.
