Petition updateFéminisme ou antimalisme ?L'hypothèse qui n'a jamais été faite.
SOS men bashing
Aug 2, 2019

Il y a, bien sûr, les féministes intégristes, fanatiques, méchants et bornés qui n'émettent aucune réserve à propos du djihad féministe. Mais, à côté de ces féministes radicalisés, il en est d'autres qui prennent un certain recul par rapport à la manière dont est menée la guerre sainte. Par exemple, Élisabeth Badinter, dont le livre Fausse route, publié en 2003, formule certaines réserves au sujet de l'évolution du discours féministe : "Il est peu probable que le discours dominant qui se fait entendre depuis dix ou quinze ans fasse progresser la condition des femmes. C'est ce que l'on appelle faire fausse route."  

Dans le domaine particulier de la famille, nous pouvons mentionner la sociologue Évelyne Sullerot, maintenant décédée, qui s'inquiétait en constatant que l'évolution des lois avait conduit à une diminution de la place du père dans la famille. "Quand le couple se défait, c'est le père qui est éjecté. Il n'a pas les mêmes droits que la mère. Célibataire, il n'a aucun droit sur l'enfant qu'il a reconnu, mais il doit payer. Divorcé, même sans torts, il a très peu de droits, mais il doit payer. Les pères qui se sentent lésés, les pères qui souffrent, qui les écoute ?"

"Les statuts sociaux des pères se sont trouvés bousculés et brouillés, non seulement leurs libertés et prérogatives se sont trouvées réduites par le droit, mais encore leur rôle auprès de leurs enfants, leur manière d'exercer leur fonction parentale ont été l'objet d'une mise en question fondamentale, de critiques acerbes, d'un bouleversement complet."

Dans le même ordre d'idée, nous pouvons mentionner également Natacha Polony, Élisabeth Lévy ou Colette Pipon : "Et on tuera tous les affreux : Le féminisme au risque de la misandrie" qui font, elles aussi, quelques réserves au sujet de l'évolution actuelle du féminisme.

En ce qui concerne les États-Unis, nous pouvons citer la féministe Christina Hoff Summers qui écrit dans "La guerre contre les garçons" qu'un féminisme malavisé cause du tort à nos jeunes hommes (a misguided feminism is harming our young men).

Ce qui différencie cependant des féministes comme Évelyne Sullerot ou Christina Hoff Summers d'une féministe comme Élisabeth Badinter, c'est qu'elles déplorent le mal que le féminisme fait aux garçons, aux hommes, aux pères, alors qu'Élisabeth Badinter ne s'inquiète que des conséquences négatives pour les intérêts des femmes. 

Cependant, ce qui réunit tous ceux qui émettent des réserves plus ou moins prononcées au sujet de l'évolution du féminisme, c'est qu'ils le voient tous comme une cause fondamentalement juste qui serait instaurer l'égalité entre les sexes. Les intentions sont bonnes, seule leur mise en pratique laisse à désirer.

Ce qui les réunit encore, c'est l'unanimité pour célébrer les conquêtes des courageuses lutteuses féministes. " Nous avons bouleversé nos mœurs, modifié nos lois et enterré le patriarcat sans fanfare et sans regrets."  Evelyne Sullerot. "En moins de vingt ans, les féministes peuvent se réjouir d'un bilan glorieux" Élisabeth Badinter.

Ainsi nul, ni femme, ni homme, ni bête n'a jamais mis en doute le postulat que la cause féministe est fondamentalement juste. Nul, ni femme, ni homme, ni bête, n'a jamais l'hypothèse qu'il pourrait être autre chose que ce qu'il prétend être et que la volonté proclamée d'établir "l'égalité entre les sexes" pourrait n'être que le masque d'une finalité inavouable.

C'est précisément parce que cette hypothèse n'a jamais été faite qu'elle pourrait se révéler féconde.

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