Petition updateFéminisme ou antimalisme ?Une pétition de principe sophistiquée
SOS men bashing
May 9, 2019

Le mode de démonstration le plus utilisé en droit public français est la pétition de principe.

Une pétition de principe est un mode de raisonnement des Lumières qui consiste à poser le résultat que l'on veut démontrer puis à se servir de ce résultat pour démontrer le résultat lui-même.

Par exemple, pour démontrer la souveraineté de la nation, le droit public français affirmera que la nation seule est titulaire de la souveraineté. Il en déduira que la nation est souveraine. C'est élémentaire.

Toutefois, certaines pétitions de principe sont plus sophistiquées que cela. Par exemple celle qui permet de démontrer que la Révolution française a accordé la citoyenneté à tous les Français (mâles, bien entendu).

« Sous l’Ancien régime, l’État était tout. Les Français n’avaient à son égard que des devoirs. Désormais, l’individu passe au premier plan : de sujet, il devient un citoyen libre et l’État a pour principale mission de protéger les droits de l’individu.

« En vertu du principe de l’égalité des droits, il semble que tous citoyens auraient dû voter. Mais presque tous les bourgeois de la Constituante jugeaient le suffrage universel inapplicable parce que le peuple était encore trop ignorant. Aussi les Constituants affirmèrent-ils que le vote n’était pas un droit, mais une fonction que pouvaient seuls remplir ceux qui avaient des loisirs et une certaine instruction, en fait ceux qui possédaient une certaine fortune. Ils distinguèrent donc deux catégories de citoyens : les citoyens actifs, qui, payant un certain cens, c'est-à-dire un certain chiffre d’impôt, avaient le droit de vote et les citoyens passifs qui, trop pauvres, ne l’avaient pas. » Jean Michaud, Cours d’histoire de la révolution de 1789, classe de seconde.

La première pétition de principe consiste à poser qu'à l'époque de la Révolution, un Français qui ne votait pas était un citoyen. On en déduit que le citoyen passif, qui était précisément un Français qui ne votait pas, était un citoyen. Jusqu'ici la pétition de principe est classique.

Dans un deuxième temps, par un raisonnement rationnel, on déduit de ce premier résultat que la Révolution française a accordé la citoyenneté à tous les Français (mâles, bien entendu). En effet, par pétition de principe, j'ai démontré que les citoyens passifs étaient des citoyens. Et comme les citoyens actifs, qui votent, le sont également, j'aboutis par un raisonnement rationnel et irréfutable à la conclusion que tous les Français (mâles) devinrent citoyens en 1789.

J'utilise à présent, dans un troisième temps, la conclusion logique et irréfutable à laquelle je suis parvenu : en 1789, tous les Français devinrent citoyens. Je pars de cette vérité irréfutable pour en déduire par un raisonnement par l'absurde que les citoyens passifs étaient des citoyens, en dépit du fait qu'ils ne votaient pas. En effet, si tel n'avait pas été le cas, cela aurait contredit le fait que tous les Français devinrent citoyens en 1789. Or, ce fait est irréfutable puisqu'il a été démontré de manière irréfutable. L'hypothèse que les citoyens passifs n'étaient pas des citoyens doit donc être rejetée en tant que contraire à une vérité irréfutable.

Ainsi, en résumé, la première pétition de principe permet d'aboutir à la conclusion que tous les Français devinrent citoyens. Cette conclusion permet de démontrer que les citoyens passifs, même s'ils ne votaient pas, étaient des citoyens. La boucle est bouclée et la pétition de principe initiale est dissimulée parce qu'elle paraît découler de la vérité irréfutable que tous les Français (mâles) devinrent citoyens en 1789. Plutôt astucieux, non ?

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La révolution française et le christianisme

La révolution est la conséquence dernière et la plus avancée de la civilisation moderne, et la civilisation moderne est sortie tout entière de l'Évangile. C'est un fait irrécusable si l'on consulte l'histoire, et particulièrement celle de notre pays, en y étudiant non pas seulement les événements, mais aussi les idées motrices de ces événements. C'est encore un fait incontestable si l'on compare à la doctrine de Jésus tous les principes que la révolution inscrivit sur ses drapeaux et dans ses codes, ces mots d'unité, d'égalité et de fraternité qu'elle mit en tête de tous ses actes et avec lesquels elle a accompli toute son œuvre.

Lorsque, il y a quelques années, cette pensée fut émise pour la première fois, elle fit scandale ; mais, depuis, elle s'est fait adopter par beaucoup d'esprits, et le jour n'est pas éloigné, peut-être, où elle deviendra populaire. PJB Buchez, Histoire de l'assemblée constituante, 2e édition, 1845.

 

 

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