Petition updateFéminisme ou antimalisme ?Le piège américain.
SOS men bashing
Apr 14, 2019

Depuis plus de dix ans, les États-Unis, sous couvert de lutte contre la corruption, sont parvenus à déstabiliser les plus grandes multinationales européennes, en particulier les françaises. Le ministère américain de la justice poursuit leurs cadres supérieurs, parfois les jette en prison et poussent ces sociétés à payer des amendes colossales, en les contraignant à plaider coupable. Depuis 2008, vingt-six sociétés ont réglé des pénalités de plus de 100 millions de dollars au trésor américain. Quatorze sont européennes. Cinq sont françaises. Cinq seulement sont américaines.

Les sociétés européennes auront versé au total plus de 6 milliards de dollars. Les Américaines, trois fois moins.

À elle seule, les entreprises françaises ont déjà payé près de 2 milliards. Et six de leurs cadres ont été mis en accusation par la justice américaine. Je suis l'un d'eux.

Je m'appelle Frédéric Pierucci et je me suis retrouvé, bien malgré moi, au cœur de ce scandale d'État. Ancien patron d'une des filiales d'Alstom, je connais des dessous de ce thriller à 12 milliards de dollars. Après avoir été longtemps contraint au silence, j'ai décidé, avec le journaliste Mathieu Aron, de les révéler.

En avril 2013, j'ai été arrêté à New York par le FBI et poursuivi pour une affaire de corruption. Je n'ai pas touché un centime dans cette transaction, mais les autorités américaines m'ont enfermé pendant plus de deux ans – dont 14 mois dans une prison de très haute sécurité.

Un véritable chantage pour obliger Alstom à payer la plus gigantesque des amendes jamais infligées par les États-Unis, et à se vendre à Général Electric, son grand concurrent américain. Depuis la fin 2014 la France a perdu une partie du contrôle de ses centrales nucléaires au profit des Américains.

Mon histoire illustre la guerre secrète que les États-Unis livrent à la France et à l'Europe en détournant le droit et la morale pour les utiliser comme des armes économiques. L'une après l'autre, nos plus grandes sociétés (Alcatel, Total, Société Générale et bientôt d'autres) sont déstabilisés. Ces dernières années, plus de 14 milliards de dollars d'amende ont ainsi été payés par nos multinationales au Trésor américain. Et ce n'est qu'un début…

                                                      * * *

"Soudain, je suis devenu une bête. J'ai revêtu l'uniforme orange des prisonniers. Des chaînes entourent mon torse. Des menottes emprisonnent mes pieds et mes mains. Je ne peux presque plus marcher ni respirer. Je suis un animal ligoté. Je suis une bête prise au piège.

Hier soir, ils m'ont jeté dans une cellule où il règne une odeur tellement forte que j'en ai presque le vertige. Pas de fenêtre, juste une minuscule fente par laquelle je devine une cour sombre. Et puis le bruit, les disputes, les cris, les hurlements incessants. Un cauchemar. En plus j'ai faim j'ai soif, très soif. Je n'ai pas bu depuis huit heures. Depuis que, à la suite d'un simple appel, ma vie a brusquement basculé.

Il y a donc d'abord eu cet appel.

Un message en apparence anodin lancé d'un ton suave par une hôtesse de l'air de la Cathay Pacific à l'accent anglais impeccable. Malgré sa douceur, cette voix annonçait le désastre : « Monsieur Pierucci est prié de se présenter au personnel de bord au moment du débarquement. »

Aurais-je dû me méfier ? À cet instant, je suis juste assommé par le décalage horaire, même si j'ai l'habitude des long-courriers. C'est donc sans appréhension particulière que je me présente devant la chef de cabine. La jeune hôtesse a cependant l'air embarrassé. La porte de l'appareil vient de s'ouvrir et, d'un geste timide et emprunté, elle me désigne un groupe de personnes qui m'attendent à la sortie de l'avion. Une femme, deux ou trois types en uniforme et deux en civil. La femme me demande poliment de confirmer mon identité, puis m'ordonne de sortir de l'appareil. J'ai à peine le temps de prononcer mon nom, que l'un des hommes en uniforme m'attrape un bras pour le plaquer sur mes reins, il ramène l'autre sur mon dos aussi prestement, puis m'enserre les deux mains avec des menottes : « Frédéric Pierucci, vous êtes en état d'arrestation. »

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Les fake news étaient fermées de l’intérieur

Emmanuel Macron avait bien raison de s'inquiéter des fake news. Elles ne tombent pas du ciel, mais sont produites de façon anonyme de mille endroits. Même les plus improbables. La preuve par Ismaël Emelien, ex-conseiller spécial du président, qui a admis devant les enquêteurs de l'inspection générale de la police nationale, le 16 janvier, avoir diffusé de fausses nouvelles sur des comptes Twitter anonymes.

Il a reconnu avoir voulu voler au secours de son collègue Benalla, accusé d'avoir tabassé des manifestants le 1er mai. Pour démontrer que son camarade n'avait fait que casser du casseur, il a joint deux vidéos dans un même fichier. L'une, que Benalla s'était procuré illégalement, montre ses victimes en train de lancer des projectiles sur les policiers ; l'autre a pour vedette un homme, étranger à l'affaire, poursuivant un policier avec une chaise à la main. Emelien a collé les deux et demandé au responsable de la "riposte" du parti présidentiel de diffuser le tout sur deux comptes anonymes. « Sur Twitter, c'est un peu la règle », a dit l'ex conseiller. Et à l'Élysée aussi ?

Sibeth Ndiaye, la cheffe du service de presse du président, s'est chargée, elle, de populariser l'envoi auprès des journalistes : « Vas voir un compte qui s'appelle "French politic". Tu verras que Benalla n'est pas celui qu'on dit. » Et voilà comment l'Élysée est devenu producteur et diffuseur de fake news.

Sibeth Ndiaye a reconnu dans "L'Express" assumer parfaitement de mentir pour protéger le président. Du coup, elle est devenue ministre, porte-parole du gouvernement. Macron, qui s'inquiétait que les fake news laissent penser que ce que disent les politiques et les médias est toujours plus ou moins mensonger, peut être rassuré. Le Canard enchaîné, mercredi 3 avril 2019.

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