Petition updateFéminisme ou antimalisme ?La sacralisation du suffrage sans condition de cens
SOS men bashing
Feb 14, 2019

On appelle suffrage censitaire un régime électoral dans lequel le droit de vote est subordonné au paiement d’un minimum d’impôt, le cens. Pendant les soixante années qui ont suivi la révolution de 1789, le régime électoral a été la plupart du temps censitaire en France.

La seconde république, en 1848, a supprimé la condition de cens qui existait sous la monarchie de juillet et institué un régime électoral non censitaire. « Sont électeurs, sans condition de cens, tous les Français âgés de vingt et un ans et jouissant de leur droits civils et politiques ». Constitution du 4 novembre 1848, article 25.

Ce n’était pas la première fois qu’une constitution établissait un régime électoral sans condition de cens. La constitution de l’an VIII (Constitution du 13 décembre 1799) avait déjà institué un tel régime. La grande différence, la grande nouveauté, c’est que la seconde république ne s’est pas contentée de supprimer la condition de cens qui existait sous la monarchie de juillet, elle a aussi sacralisé le régime électoral non censitaire qu’elle avait institué en le qualifiant de suffrage universel.

Le suffrage avait beau être direct, il n’était pas universel. Cela, plus personne aujourd’hui n’oserait le nier. Si la bourgeoisie a baptisé « suffrage universel » un suffrage qui n’était pas universel mais seulement sans condition de cens, c’était dans l’intention de le sacraliser, de créer une mystique du suffrage sans condition de cens sous l’appellation de suffrage universel. C’était pour faire du suffrage sans condition de cens sous l’appellation de suffrage universel une médecine qui guérit tout :

« La France s’est proposée de marcher plus librement dans la voie du progrès et de la civilisation, d’assurer une répartition de plus en plus équitable des charges et des avantages de la société, d’augmenter l’aisance de chacun par la réduction graduée des dépenses publiques et des impôts, et de faire parvenir tous les citoyens sans nouvelle commotion, par l’action successive et constante des institutions et des lois, à un degré toujours plus élevé de moralité, de lumière et de bien-être. » Préambule de la Constitution du 4 novembre 1848.

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Culte de la personnalité

Les éditions « les arènes » ont publié en 2002 un livre d’entretiens de l’intellectuel américain Noam Chomsky avec Denis Robert intitulé « Deux heures de lucidité ». Ce livre est l’occasion pour Denis Robert de faire le culte de la personnalité de Noam Chomsky :

« Il faut lire Noam Chomsky, en parler autour de soi. Se dire, et dire qu’il est un des derniers auteurs et penseurs vivants véritablement rebelles de ce millénaire naissant. »

« En vous lisant, on découvre que vous luttez contre ce que vous appelez « la fabrication du consentement. » ».

« Vous êtes un penseur majeur de notre époque, une sorte d’éternel dissident. On pourrait dire aussi que vous transmettez des « cours d’autodéfense intellectuelle », que vous donnez des clés permettant de se prémunir contre toute manipulation… »

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Les vérités utiles à dire.

Les vérités les plus utiles à dire ne sont pas celles dont les gens sont le plus éloignés. Ce sont celles dont les gens sont éloignés mais toutefois suffisamment proches pour qu’elles soient à leur portée.

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