Notre pétition a franchi la barre symbolique des mille signatures. Pour célébrer cet évènement comme il se doit, Champomy pour tout le monde. Mais raisonnablement : un demi verre par personne.
Les signatures proviennent de trente cinq pays des cinq continents. Elles sont majoritairement féminines.
La liste des signataires a été transmise à la Mairie de Paris pour information.
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Les deux sources de la légitimité de l'État
Le droit de l’État de commander repose sur sa légitimité. C’est parce que l'État est légitime qu’il a le droit de commander, c'est-à-dire d’imposer des normes de comportement impératives à ses sujets et de punir ceux qui n’obéissent pas à ses ordres.
Quel que soit l’État, les sources de sa légitimité sont toujours au nombre de deux : les services qu’il rend à la société et le sacré, c'est-à-dire la foi religieuse de ses sujets dans sa légitimité. Ces deux sources de la légitimité de l’État existent toujours même s’il arrive que l’État ne se réclame que d’une seule de ces sources de sa légitimité. C’est ainsi que les États modernes jugent préférable de taire et même de nier le fondement religieux de leur autorité. Cela se perçoit nettement dans tous les cours ou traités de science politique ou de droit constitutionnel qui ne font jamais mention du fondement religieux de la légitimité de l’État moderne (l’État de Nouveau régime).
La raison pour laquelle l'autorité de l'État doit nécessairement reposer sur le sacré n'est pas difficile à comprendre. Il arrive en effet que les "administrés" soient mécontents des services rendus. Il se produit alors ce que l'on appelle des troubles (émeutes, grèves générales, insurrections, révoltes). Étant donné que la cause de ces troubles est précisément ce que nous pourrions appeler par euphémisme le « mécontentement des administrés » au sujet des services rendus par l'État, l’autorité de ce dernier serait anéantie aux yeux des « administrés » si elle ne reposait pas sur une autre source dont les administrés ne sont pas juges et qu’il n’est par conséquent pas en leur pouvoir de mettre en question. Cette source supplétive de la légitimité de l’autorité de l’État, c’est précisément la nature sacrée de l’État, nature sacrée dont il tire une légitimité qui lui permet d’exiger l’obéissance même si ses sujets sont mécontents des services qu’il leur rend.