Ralph Keysers a relevé dans la presse allemande acquise à l’idéologie nazie ainsi que dans Mein Kampf comment cinq mots forts de la propagande nazie : Terror, Emigrant, Separatist, Gift et Element. Ces mots ont permis un triomphe électoral. Inspiré par l’enseignement de l’américain Edward Bernays, le parti nazi a élaboré une forme nouvelle et résolument moderne de vocabulaire politique.
Le féminisme, lui aussi, a ses mots forts. Le principal mot fort de la communication féministe est indiscutablement le mot « violence ». C’est ce mot qui définit les relations entre le bien (la femme) et le mal (l’homme). Ces relations, dans tous les domaines, sont une violence de l’homme contre la femme. Violence au travail (harcèlement sexuel et moral), violence dans le couple (les violences et les assassinats masculins). Et surtout, les violences sexuelles omniprésentes : au travail, dans la rue, au domicile, dans les partis politiques, dans les assemblées élues (Assemblée nationales, Sénat, municipalités), etc. Les relations sexuelles des hommes et des femmes sont exclusivement des relations de violence des hommes sur les femmes. Un regard est une violence, la prostitution est une violence, le harcèlement sexuel est une violence, le premier rapport sexuel est une violence, tout rapport ou toute tentative de rapport sexuel est une violence.
En dessous du mot violence, on trouve d’autres mots comme injustice, machisme, sexisme, patriarcat, domination masculine, qui expriment et détaillent le modus operandi de la violence masculine sur les femmes.