Petition updateFéminisme ou antimalisme ?La formation des femmes à leur rôle de victimes de harcèlement sexuel
SOS men bashing
Dec 8, 2018

Dans l'un de ses (nombreux) livres, « Modèle vivant », Joann Sfar, enseignant à l'École des Beaux-arts, rapporte ces faits :

« L’an dernier, une élève de passage s’est plainte d’avoir été harcelée par un modèle de sexe masculin. Normalement, les séances de pose sont réservées aux élèves de mon atelier. Mais cette élève avait souhaité participer. Quelques jours, elle nous a écrit sur la messagerie collective de l’atelier qu’un vieux modèle avait eu un comportement inqualifiable. Je suis intervenu pour savoir ce qui s’était passé. On m’a expliqué que pendant une pose, sans s’en rendre compte, le vieux monsieur avait eu une perte de liquide au niveau de la verge, urinaire ou séminal. Sexe au repos, je précise, car dans ce domaine il faut être d’une précision chirurgicale. J’ai tenté d’expliquer à l’élève qu’un vieil homme nu face à vingt jeunes gens habillés est plutôt en situation de faiblesse. Je lui ai également dit que le corps est un traître et que passé un certain âge il peut n’en faire qu’à sa tête, si j’ose dire. Elle n’en a pas démordu, prétendant que le vieux monsieur l’avait regardée. Fixement. Et que de son point de vue, c’était très grave. Je me suis refusé à dire aux modèles nus qu’ils n’ont pas le droit de regarder ceux et celles qui les dessinent. Sinon, à force de vouloir aseptiser, on va finir par devoir se résoudre à tuer tous les modèles, puis à le faire poser nu dans du formol pour n’avoir plus rien à leur reprocher. » Joann Sfar, Modèle vivant, p44.

Après avoir lu ce passage, je me suis dit que les femmes subissent de nos jours une formation à leur rôle de victimes de harcèlement sexuel.

Dans un premier temps, toute femme doit apprendre à déceler les actes de harcèlement sexuel dont les hommes se rendent coupables. Et ce n'est pas facile car ils ont des siècles d'expérience dans l'art de la dissimulation, les bougres. Prenez par exemple un homme qui boit un verre d’eau. Vous penserez, si vous êtes naïve, qu'il boit un verre d'eau. Mais non, ce n'est pas cela. En fait, il harcèle sexuellement les femmes. Cette eau qu'il boit ne symbolise-t-elle pas le sperme ? Et la bouche, dans laquelle elle s'introduit, n'est-elle pas une représentation symbolique du vagin féminin ? Avec des airs de ne pas y toucher, un homme qui boit un verre d'eau exerce des violences sexuelles contre les femmes. D'où la nécessité d'une formation pour apprendre aux femmes comment déjouer la sournoiserie masculine.

La femme ensuite ne doit pas se dire que « ce n’est pas grave ». Elle doit prendre conscience du préjudice extrême qu’elle a ressenti et que toutes les femmes, à travers elle, ont ressenti. Elle doit être consciente de la valeur infinie de la dignité féminité et comprendre que toute atteinte, si minime soit-elle, à cette dignité est gravissime parce qu’elle est une manifestation du « pouvoir mâle » destinée à maintenir les femmes dans leur état d’objet sexuel.

Elle doit exprimer sa souffrance, les dommages irréparables que lui ont causés les faits. Sa vie ne sera plus jamais comme avant. Elle ne sera désormais jamais plus qu’une survivante.

 

 

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