
Nul n'ignore ce que désigne le terme "manspreading". Il désigne ce comportement odieux exclusivement masculin qui consiste à se vautrer partout, en particulier dans les transports en commun comme le métro ou le bus, sans aucune considération pour les femmes. Ainsi, le manspreading est une violence masculine de plus faite aux femmes.
Le manspreading est une preuve irréfutable de l'égalité des sexes. En effet, dans la mesure où il s'agit d'un comportement exclusivement masculin, comme le mot man (homme en anglais) le dit explicitement, il démontre que les deux sexes se comportent différemment. Les femmes sont respectueuses d'autrui, les hommes n'ont aucun respect pour autrui, particulièrement quand autrui est une femme. Dès lors, le manspreading démontre que les deux sexes sont égaux parce que démontrer que deux nombres a et b sont différents, c'est démontrer leur égalité.
Mais le manspreading n'est pas la seule preuve de l'égalité des sexes. Il en existe bien d'autres. Par exemple le mansplaining. Le mansplaining est cette pratique, exclusivement masculine elle aussi, qui consiste à s'adresser aux femmes de manière condescendante et paternaliste. En un mot, comme le mot “man” le dit ici encore explicitement, de manière masculine.
Le mot mansplaining est un mot-valise qui tire son étymologie des mots anglais man (homme) et explaining (qui explique). Mecsplication a été proposé comme transposition en français, ainsi que pénispliquer au Québec ; aucune forme ne s'est encore imposée.
Le mansplaining est un concept scientifique que les féministes américaines ont développé sur internet et qu'elles utilisent pour désigner les situations dans lesquelles un homme (en anglais man) se croit en devoir d'expliquer (en anglais explain) à une femme quelque chose qu'elle sait déjà de façon hautaine, paternaliste et condescendante.
C'est contre ce comportement odieux mais nullement surprenant venant des hommes que de courageuses petites chèvres de M. Seguin comme l'essayiste et autrice féministe américaine Rebecca Solnit luttent, luttent, luttent. Son livre "Ces hommes qui m'expliquent la vie", paru récemment en version française aux éditions de l'Olivier (16 €, en vente dans toutes les bonnes librairies), explique ce phénomène comme une combinaison d'excès de confiance et d'ignorance de la part des hommes..
"Pourquoi les hommes se sentent-ils obligés d'expliquer aux femmes ce qu'elles savent déjà ? D'où vient leur certitude de savoir mieux qu'elles ce qu'elles doivent penser ou faire ? Peut-être de l'Histoire, qui a constamment relégué les voix des femmes au silence. Dans ce recueil d'essais où la colère le dispute à l'intelligence et à l'humour, la féministe américaine Rebecca Solnit explore une nouvelle façon de penser le féminisme. Depuis trente ans, elle s'attache à détricoter les mécanismes de la domination masculine et fournit des armes pour les luttes à venir." Souhaitons à ce livre, fin, subtil et intelligent, le succès qu'il mérite.
À l'occasion de la publication en français en 2018 de son livre « Ces hommes qui m’expliquent la vie », Rebecca Solnit déclare que « tandis que j’hésitais toujours à en faire usage, une jeune étudiante à l’université de Berkeley m’a fait remarquer que ce mot était important, voire précieux, parce qu’il permettait de nommer une expérience qu’elle - comme beaucoup d’autres - avait connue. Nommer, identifier ce phénomène permet de comprendre que c’est un schéma, un syndrome, pas seulement une expérience personnelle malheureuse. Diagnostiquer un mal est la première étape nécessaire pour commencer à l’endiguer. Je suis heureuse d’y avoir contribué. Désormais je valide le terme - quand il est employé à bon escient, bien sûr -, sans toutefois l’utiliser souvent.»
Ainsi, l'égalité des sexes est pleinement démontrée. Les hommes sont responsables de tout le mal sur terre. Ils tabassent les femmes (M. X Sauvage, l'époux "violent" de Jacqueline Sauvage), les violent (Tarik Ramadan, Julian Assange, Roman Polanski, Harvey Weinstein, Gérard Depardieu), les harcèlent sexuellement (Denis Beaupin), les tuent (Bertrand Cantat), et tout cela sans parler du reste.
« Bien sûr que les hommes sont responsables de tous ces malheurs !!! Est-il utile de préciser, tellement c'est évident ? Et il est grand ‘temps que cela cesse ... Et ce n'est pas être féministe que de se battre pour défendre cette cause, c'est juste être humain !!!"
Et comme si tous ces crimes ne suffisaient pas, les hommes font en plus la leçon aux femmes !
La preuve de l'égalité des sexes est ainsi faite car, si un sexe est fondamentalement bon tandis que l'autre est foncièrement mauvais, c'est bien la preuve de leur égalité.