Petition updateFéminisme ou antimalisme ?Les trois moments du contrôle d'opinion
SOS men bashing
Aug 14, 2018

Dans toute société, on peut distinguer trois moments dans le contrôle social des opinions des populations : le contrôle de la formation des idées, le contrôle de leur expression et enfin, le contrôle de leur réception

Les sociétés modernes (civilisées) mettent l'accent sur l'expression des idées à laquelle elles disent attacher une grande importance et dans laquelle elles voient le fondement de la liberté moderne. C'est ainsi que l'article XI de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 affirme que "la libre communication des pensées et des opinions est l'un des droits les plus précieux de l'homme", sans rien dire ni de la formation de ces idées ni de leur réception. Or, nous devons le comprendre, le moment les plus important du contrôle des opinions des populations n'est pas, comme on le croit, le contrôle de leur communication, mais le contrôle de leur formation. Car aucune idée ne peut être communiquée si elle ne s'est préalablement formée. Cela signifie que si les organes de contrôle social parviennent par divers moyens à obtenir que la grande majorité des adeptes se forment des idées conformes ou peu distinctes de celles que la puissance sociale souhaite généraliser, le contrôle de leur expression deviendra presque inutile parce que ces organes pourront sans inconvénient laisser une grande liberté de communication à ceux qui n'ont rien de non conforme à dire.

Le contrôle de la formation des opinions est obtenu par deux moyens principaux. Le premier est le catéchisme, lequel suppose le contrôle de l'enseignement, particulièrement de l'enseignement destiné aux enfants. Le contrôle de l'enseignement suppose le contrôle des programmes scolaires et le contrôle du recrutement, de la formation et de la promotion des enseignants et éventuellement la révocation des insoumis. Le second moyen de contrôle de la formation des opinions est la restriction de l'accès aux idées non conformes, c'est-à-dire non citoyennes. En effet, le catéchisme scolaire sera d'autant plus efficace que les adeptes n'entendront que lui. Comme la carte du restaurant ne comportera qu'un seul plat, c'est celui-là qu'ils mangeront tous les jours sans même soupçonner qu'il en existe d'autres.

Enfin, un moment important du contrôle d'opinion est la réception d'opinion. Car il ne suffit pas qu'une opinion se forme, qu'elle soit exprimée et communiquée. Encore faut-il qu'elle soit reçue. Imaginez par exemple un pays dans lequel l'émission de programmes de radio et de télévision serait libre, mais dans lequel les récepteurs de radio et de télévisions seraient conçus de manière à ne recevoir que les programmes gouvernementaux. Des programmes non conformes pourraient être émis, mais ils ne serait pas reçus. Empêcher la réception est donc un équivalent de l'empêchement de la communication puisque la communication peut se faire mais elle est dépourvue d'efficacité.

Les moyens de contrôle de réception sont divers. Le principe le plus important est le "need to know". Chaque individu reçoit seulement la formation qui le rend apte à l'usage auquel il est destiné. S'il est destiné à exercer de simples fonctions d'exécution, il n'aura besoin pour les exercer que d'une formation élémentaire qui ne lui permettra pas de saisir des idées complexes dont il n'aura de toute façon pas le goût et pour lesquels il n'éprouvera aucun intérêt.

Un autre procédé est la flatterie. Les organes de contrôle d'opinion persuadent chaque individu qu'il sait tout, qu'il a tout compris. L'individu devient ainsi prétentieux et imbu de lui même. Il se dresse sur ses ergots dès que l'on critique ses maîtres, parce que cette critique met indirectement en question la haute opinion qu'il se fait de lui-même.

Enfin, un autre procédé, classique dans les organisations sectaires, est la prévention, la mise en garde de l'individu. On l'informe que la secte a des ennemis qui lui veulent du mal et dont il doit se défier. La secte ne veut que le bien, le progrès, la justice, le bonheur de tous. Malheureusement en ce bas monde, il existe des créatures sataniques, des esprits du mal, qui ne veulent pas le bonheur commun. Ces personnes sont des ennemis de la secte et par voie de suite, du genre humain tout entier. Le sectaire doit se détourner d'eux dès qu'il identifie en eux l'esprit satanique. C'est pourquoi, dès que quelqu'un critique la secte à laquelle il appartient, le sectaire reconnaît immédiatement l'esprit du mal contre lequel on l'a mis en garde. La prévention agit de la sorte comme une vaccination contre les idées non conformes. En leur inoculant ces idées sous une forme caricaturale, les autorités de contrôle intellectuel vaccinent les adeptes contre un examen impartial de toute idée non conforme.

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