SOS men bashing

Jul 17, 2018
La première constitution de la France décrétée par l'assemblée dite constituante, prévoyait un régime électoral compliqué que le livres présentent de manière simplifiée comme un régime censitaire. En réalité, ce régime n'était pas seulement censitaire dans la mesure où, pour voter, il fallait remplir cumulativement toute une série de conditions (huit au total). Parmi celles ci, bien sûr, la condition censitaire ( payer, dans un lieu quelconque du Royaume, une contribution directe au moins égale à la valeur de trois journées de travail, et en représenter la quittance ) et aussi la non moins fameuse condition de sexe: il fallait être de sexe masculin.
La seconde constitution française, la constitution du 24 juin 1793 (la constitution de l'an I) a élargi les possibilités de vote en abandonnant la condition censitaire, ce qui fait dire que le suffrage prévu par la constitution était universel ou presque.
« La constitution du 24 juin 1793 s’est efforcée de faire participer au pouvoir le maximum de citoyens, mâles, bien entendu.» Jacques Godechot, Les constitutions de la France depuis 1789, p73.
Ce que nous relevons d'abord, c'est que Jacques Godechot n'explique pas pourquoi il est "bien entendu" que la constitution du 24 juin 1793 s’est efforcée de faire participer au pouvoir le maximum de citoyens mâles. Nous en déduisons immédiatement que, s'il ne l'explique pas, c'est parce que ce n'est pas nécessaire. Et, si ce n'est pas nécessaire, c'est parce qu'il s'agit de l'énonciation d'une évidence. En d'autres termes, Jacques Godechot n'explique pas pourquoi la constitution du 24 juin 1793 s’est efforcée de faire participer au pouvoir le maximum de citoyens mâles parce qu'il est bien entendu qu'il est bien entendu qu'elle l'a fait.
Pourtant, posons nous une simple question : pourquoi est-ce « bien entendu »? La réponse à cette question est tout sauf simple. Il suffit de penser que l’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg, la mère de Marie-Antoinette, reine de France, dirigeait un empire, l'empire austro-hongrois. Il y a tout de même un paradoxe. Comment se fait-il que là bas (au delà des Pyrénées, si j'ose dire) une femme dirige un empire et que là (en deçà des Pyrénées), les femmes n'aient « bien entendu » pas le droit de voter ? L'explication réside dans le fait que la révolution française a introduit quelque chose de spécifique dans l'ordre politique. Et c'est ce quelque chose que l'on cache derrière un « bien entendu » parce qu'on préfère ne pas le voir.
« Bien entendu », en clair, cela désigne le machisme et la misogynie. Ainsi, le machisme et la misogynie sont propulsés au rang d'explication universelle, de raison qui explique tout. Ils fournissent un moyen commode de ne pas se poser de questions.
En d’autres termes le message que Jacques Godechot, universitaire, ex-doyen de la faculté de lettres fait « bien entendu » insidieusement passer, c’est que la misogynie a toujours gouverné le monde, qu’elle est l’explication de tout.
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