Petition updateExigez la démission de Mélanie Hubert, présidente de la FAELa bullshit de l’Alliance des profs de Montréal
Marc-André DUPUISMontreal, Canada
Oct 21, 2024

La bullshit de l’Alliance des profs de Montréal
Patrick Lagacé
La Presse, Lundi 21 octobre 2024


La débâcle de l’école Bedford de Côte-des-Neiges semble avoir provoqué un moment de lucidité au centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), qui a fini par suspendre, en fin de semaine, les 11 enseignants qui y ont créé un climat toxique par des pratiques religio-rétrogrades pendant sept ans.


À l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, le syndicat des profs du CSSDM ?


On dirait que l’Alliance semble occupée à se convaincre elle-même de la bullshit qui lui tient lieu d’argument.


Je cite la présidente Catherine Beauvais St-Pierre, qui a écrit une lettre à La Presse publiée samedi : « Le champ d’action syndical est limité. C’est dommage que certains chroniqueurs laissent entrevoir que le syndicat avait le plein pouvoir d’agir dans cette situation… »


Je ne sais pas pour les autres chroniqueurs de la Nation, mais je n’ai personnellement jamais dit que le syndicat avait « le plein pouvoir d’agir » dans la situation de l’école Bedford et je ne connais personne qui ait affirmé cela. Les mots sont importants. J’ai écrit que la complicité syndicale-patronale a occulté ce qui devrait toujours primer : le bien-être des enfants.
Complicité ?


Je parle du CSSDM qui a voulu acheter la paix « afin de ménager le climat », ce qui a poussé des directions de l’école Bedford à laisser passer certains comportements qui auraient dû faire l’objet d’un redressement, tel qu’on peut le lire à la page 67 du rapport ministériel.


Je parle de l’Alliance des profs qui a bel et bien reçu « de nombreuses lettres signées par de nombreux enseignants » de l’école Bedford épuisés de vivre avec des camarades incompétents et harcelants (page 51). Résultat : « Ces lettres n’ont pas engendré d’effets tangibles. Au contraire (passage caviardé). »


Si je parle de complicité CSSDM-Alliance, c’est que c’est le mot qui s’impose. Autre pièce à conviction, page 59 : « Comme mentionné auparavant, la preuve démontre que des membres du personnel, ainsi que plusieurs membres de la direction de l’école, ont tenté de dénoncer la situation à l’école Bedford à plusieurs reprises au fil des années, que ce soit aux directions en poste, à leur syndicat respectif, au CSSDM ou en prenant position auprès de leurs collègues. »


Donc, tant l’Alliance que le CSSDM devraient faire une introspection pour éviter la répétition de situations semblables.


Mais mettons, comme l’affirme la présidente de l’Alliance des profs, que « le champ d’action syndical est limité » quand il s’agit de camarades syndiqués qui pourrissent la vie à d’autres camarades syndiqués… Mettons.


Je ne vois pas les syndicats en appeler à changer les mécanismes de règlement de ces conflits particuliers, dans la foulée du moment de lucidité qui prévaut au Québec face à ce qui s’est passé à l’école Bedford…


Au contraire, c’est toujours, toujours, toujours la seule et unique responsabilité du boss.


Je cite par ailleurs Mélanie Hubert5, présidente de la Fédération autonome de l’enseignement, qui chapeaute l’Alliance des profs : « On ne cautionne pas ce qui s’est passé à l’école Bedford, soyons très clairs… »


Encore là, les mots sont importants. Mme Hubert ne cautionne pas, soit. Mais condamne-t-elle les agissements des 11 enseignants qui sont documentés dans trois enquêtes (celles du psychologue, du 98,5 FM et du Ministère) distinctes ?


Si c’est le cas, je n’ai pas entendu Mme Hubert le dire clairement. Et je ne retiens pas mon souffle : ce n’est pas dans les habitudes des syndicats de l’éducation de se dissocier des plus pourris de leurs membres, bien au contraire.


Maintenant que ces 11 enseignants problématiques ont été suspendus (la nouvelle est tombée samedi soir), le temps d’une (autre) enquête ministérielle visant à déterminer s’ils peuvent garder leur brevet d’enseignement, il sera intéressant de voir avec quelle ardeur les syndicats vont soutenir ces pommes pourries…


Je reviens au rapport d’un psychologue industriel qui a passé deux semaines à l’école Bedford, au printemps 2021, pour diagnostiquer les maux affligeant le climat de l’école.


Il est instructif, ici, de lire la page 50 du rapport commandé par le ministre Bernard Drainville sur la « résistance » syndicale à l’implantation des recommandations du rapport du psychologue industriel…


« Plusieurs des mesures qui ont été mises en place ont échoué à atteindre leurs objectifs en partie en raison d’écrits syndicaux ou d’interventions syndicales. Par exemple, pour chaque formation qui ait été proposée (MOTS CAVIARDÉS), que la participation était facultative, appuyé par des écrits syndicaux, de sorte que la participation a été minimale. »


Traduction : les profs identifiés par le psychologue industriel comme étant les principaux contributeurs au climat pourri de l’école Bedford n’ont pas participé aux formations sur le civisme et le vivre-ensemble, avec l’appui empressé de l’Alliance des profs.


Quiconque se donne la peine de lire le rapport ministériel trouvera que le discours de l’Alliance des profs de Montréal n’est que de la bullshit destinée à une chose : limiter les dommages à son image par sa conduite dans le dossier Bedford.

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