

M. BEGIN Arnaud le 01/10/2024
Tel. 06 75 18 xx xx
Courriel : begin.arnaud71@protonmail.com
M. Le Chef de Cabinet, Arnaud DANJEAN,
Conseiller spécial de M. Le Premier Ministre Miche BARNIER
Hôtel Matignon
Monsieur Le Premier Ministre,
Je viens par la présente vous interpeller une troisième fois cette année (2 fois par le biais du Premier Ministre Gabriel ATTAL), car je ne sais plus vers qui me tourner. J’avaisi déjà fait parvenir un courrier à Matignon sur ma situation par le biais de Monsieur le Sénateur Daniel SALMONT en date du 13 mars 2024. M. Le Premier Ministre ATTAL avait pris le temps d’y répondre, ce qui est une première pour moi de la part d’un gouvernement en fonction, même si sa réponse apporte une réaction de ma part et ne m’a pas aidé. Lors de votre prise de fonction, vous avez dit qu’il fallait s’occuper de chaque Français. Chaque Français !
À la suite de mon courrier, je n’ai malheureusement eu aucune nouvelle de Monsieur le Ministre LESCURE (à l’époque) ni de son ministère. Pourtant, le sujet est « brûlant », et ma situation concerne la sûreté nucléaire de notre parc nucléaire. Sûreté nucléaire que je connais sur le bout des doigts puisque j’ai occupé des postes clés à la Division de la Production Nucléaire (DPN) et sur différents sites nucléaires, dont celui d’Inspecteur à l’Inspection Nucléaire (IN) entre 2015 et 2018. Toutefois, mon professionnalisme et mon intégrité m’ont valu, depuis 2018, d’être harcelé pour avoir déposé des rapports de sûreté dérangeant la direction. Après six ans de harcèlement continu à mon encontre, la « machine à broyer EDF » a poursuivi son œuvre de destruction. Je suis en effet, depuis le 13 mars 2024, et après vous avoir sollicité, licencié. Oui, licencié ! Je ne vous cache pas que j’ai souvent pensé au suicide devant la situation que je subis et que j’y pense encore : 5 tentatives en 6 ans que je dois à l’entreprise EDF et à ses dirigeants. Ce sujet de la santé mentale vous touche apparement et fait parti de vos priorité alors comment en est-on arrivé à ça ! Comment EDF et son PDG, nommé par l’état m’a conduit à 5 tentatives de suicide et l’acceptez vous.
Ingénieur, expert en sûreté nucléaire, républicain, soucieux du respect des règles et ayant travaillé et cotisé durant 25 ans au sein des Industries Électriques et Gazières, je suis donc licencié pour le seul fait d'avoir effectué mon travail dans l’intérêt de la sûreté de nos centrales françaises et de nos prestataires. Lanceur d’alerte au sein du groupe EDF, j’ai dérangé la direction pour avoir mis en avant des dissimulations en termes de sûreté, des discriminations syndicales au sein de la DRH Groupe EDF, pour avoir communiqué sur ma situation dans la presse, et pour avoir porté des saisines auprès de procureurs de la République afin de dénoncer ces faits. Toutes ces démarches ont été réalisées dans l’intérêt général afin d’éviter des accidents ou incidents nucléaires et protéger la sécurité des citoyens français... Mais on m’en a fait grief lors de mon conseil de discipline ce qui est une première atteinte à un de mes droits fondamentaux, celui d’alerter.
Mais en plus d’être « viré » comme un malpropre par une entreprise d’État sans aucune indemnité, je constate que la Direction d’EDF met tout en œuvre pour que je ne retrouve pas de travail ! Désormais fiché comme « persona non grata », il m’est en effet impossible de retrouver un poste tant auprès de l’IRSN – qui s’était engagée par courrier à me recruter avant de faire soudainement « volte-face » – que de l’ANDRA et de NAVAL GROUPE – qui m’avait pourtant proposé un poste – et même, plus étonnant de la DINN – qui ne me répondra même pas. Un bel exemple donné par l’État quant au maintien des séniors dans l’emploi… et à la solidarité envers un citoyen qui cherche à revivre par le travail.
Une question me taraude, Monsieur le Premier Ministre. Est-ce cela, la France que vous appelez de vos vœux ? Est-il acceptable d’être ainsi mis à la rue pour avoir seulement fait son travail ? Trouvez-vous cette attitude humaine et juste ? Permettez-moi d’en douter ! Qui, désormais, va m’aider à retrouver un travail après ce licenciement ? Est-ce l’État, actionnaire majoritaire d’EDF ? Mon histoire au sein d’EDF, jalonnée par les dissimulations que j’ai révélées, notamment en termes de sûreté, est politique. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement alors que quatre voitures des renseignements généraux sont venues m’accueillir lors de mon entretien préalable à mon licenciement en octobre 2023 (Cf. Pièce N°1 : rester sans réponse).
Quelle ironie tout de même ! Car lors de ce licenciement, j’étais en arrêt maladie, et plus particulièrement en Invalidité catégorie 2. Licencier un salarié dans ces conditions est certes totalement illégal, mais EDF n’en a que faire. EDF se permet de dicter sa propre loi et ses propres règles en matière de droit du travail. Ce n’est pas la première fois, et ce ne sera certainement pas la dernière : nous avons, en tant que salariés, déjà assisté à plusieurs reprises à des scènes lors desquelles EDF n’hésite pas à claironner : « La loi, c’est nous, c’est EDF ! » De tels propos ne devraient pourtant pas faire partie du vocabulaire d’une entreprise d’État républicaine et respectueuse du droit, d’une entreprise d’État dont le Président Directeur Général est nommé par le Président de la République ! Mais Monsieur Luc Rémont, bien que sollicité par plusieurs élus, n’a tenu compte d’aucune de mes alertes et n’a rien fait pour faire cesser cette situation honteuse, injuste et inhumaine. Et qu’à fait une nouvelle fois l’état : rien. L’état a laissé faire le PDG qu’il a nommé. L’état a pourtant son mot à dire puisqu’il est majoritaire à 100 % et qu’il nomme son PDG.
S’ajoute au non-respect du droit la violence avec laquelle EDF licencie son personnel devenu embarrassant. Et je suis loin d’être le seul concerné, croyez-moi. J’ai vu de nombreux salariés au bord du gouffre, laissés dans la misère la plus totale. On se débarrasse des agents gênants à coup de milliers d’euros d’argent public afin de payer des cabinets qui vont, comme toujours, dans le sens de l’employeur : Empreinte Humaine, JLO, Singulier-Pluriel, et j’en passe... Quatre à cinq cabinets sont ainsi payés entre 25 et 30 000 euros chacun, une somme à multiplier par le nombre de sites nucléaires et d’entités concernées : ENEDIS, Edvance et bien d’autres encore… Voilà ce qui est fait avec l’argent public : payer des cabinets privés chargés d’éteindre les « incendies » en termes de harcèlement moral afin de donner d’EDF une image d’entreprise responsable, où il fait bon vivre ! La réalité est pourtant tout autre !
Et lorsque l’on ose dénoncer cette situation à l’extérieur, il faut être prêt à en subir les conséquences. Je n’invente rien, cette manœuvre est relatée dans un courriel adressé à l’ensemble des salariés Groupe EDF par la DRH « Éthique et Conformité » en personne. DDR « Éthique et conformité » qui, au lieu de trouver des solutions, a mandaté sa Chargée de Mission pour aider la Direction du site de Paluel en Seine-Maritime et d’EDF à me licencier. Une utopie et un non-sens total pour cette Direction !
Ainsi, rien que sur le site nucléaire de Paluel sur lequel je travaillais, en moins de deux ans, quatre à cinq cabinets ont été rémunérés pour mener des enquêtes soi-disant indépendantes sur des faits de harcèlement moral dans différents services. Loin d’être impartiales, ces enquêtes profitent surtout aux harceleurs. Quant aux harcelés, qui ont eu le courage de dénoncer, ils sont soit stigmatisés, soit mutés, soit licenciés ! Et face à ces situations, que fait la nouvelle DRH d’EDF ? Rien ! Ah si, elle valide nos licenciements... Pour ma part, lors de mes entretiens préalables, alors même que j’étais toujours salarié d’EDF, il m’était impossible de me déplacer sans être escorté par deux personnes du service RH, dont l’une me fera d’ailleurs mal au bras.
Vous, Monsieur le Premier Ministre, qui êtes sensible au harcèlement moral, comment pouvez-vous laisser faire ce type de comportement qui m’a mené à cinq tentatives de suicide et qui me conduit maintenant à la rue ? Un comportement qui brise des salariés, mais qui brise aussi des familles !
Mon licenciement fera évidemment l’objet d’une procédure prud’homale, et je ne vous demande pas d’interagir sur ce sujet, bien entendu. Il n’est par ailleurs qu’une procédure parmi d’autres pour EDF, cette entreprise qui sait parfaitement comment user ses salariés jusqu’à la moelle, tandis que ces derniers n’ont généralement pas, une fois à la rue, les ressources pour se défendre., belle exemple de justice sociale. Et comment EDF se défend jusqu’à la cassation, avec de l’argent public.
Pour ma part, j’entends bien aller jusqu’au bout. De nombreux éléments de preuve (SMS et témoignages) sont actuellement entre les mains de la juge d’instruction en charge de l’information judiciaire de Marseille, ouverte en 2022 à la suite des révélations de M. SID AMHED OUMAHI, dit « HUGO », sur des dissimulations de sûreté. Je dois d’ailleurs à ce monsieur mon licenciement. Lui est toujours dans l’entreprise, bien au chaud et en toute quiétude. Pourtant, dans ses révélations au journal Le Monde en novembre 2021, puis chez la juge d’instruction, il dit avoir participé au « jeu » de me faire « craquer », de me « pousser à bout » et in fine tenter de me « dégager » d’une inspection de sûreté sur le site du Tricastin en juillet 2018. Il faut dire que mon précédent rapport de sûreté avait déjà dérangé le site du Tricastin en 2015. Puis mon rapport de Dampierre en 2017 a montré comment, sur les sites nucléaires, des anomalies matérielles sur des systèmes de sûreté sont cachées afin de donner l’image d’un site qui fonctionne, alors que des pannes importantes sont dissimulées dans d’autres portefeuilles et sont soustraites à la vue à la fois du Chef d’Exploitation et de la filière indépendante de sûreté.
Enfin, j’ai découvert que d’autres sites agissaient et agissent toujours de manière identique. J’ai actuellement de nombreux fichiers qui en attestent. Bien sûr, l’ASN ne fait rien et n’a jamais rien fait devant ces faits. Faire obstruction à un inspecteur de la sûreté nucléaire est pourtant puni par la loi, mais accepté par l’ASN tant que cela ne touche pas un de ses agents. Cette ASN a, par son mutisme, également participé à mon licenciement ; j’en ai, là encore, la preuve. Un sujet sensible à la veille d’une fusion ASN/IRSN. Je dispose ainsi de nombreux exemples montrant que l’ASN n’a pas joué son rôle à la fois comme entité indépendante sur le plan de la sûreté, mais aussi en droit du travail : ils sont en effet « inspecteurs du travail » pour la filière nucléaire et plus largement pour les INB. Là encore, je m’interroge sur la capacité d’être à la fois ingénieur à l’ASN et « inspecteur du travail » : en principe, être inspecteur du travail nécessite quatre ou cinq années d’études de droit. J’y vois là une « malformation génétique » de l’ASN. Mais pour combien d’années encore !
C’est cette même inspection du travail qui n’hésitera pas à licencier « Lila », agent d’accueil ayant dénoncé des failles de sécurité sur le site du Tricastin. Certes, elle obtiendra « gain » de cause devant le tribunal administratif, mais restera longtemps marquée par ce licenciement injuste. Elle a, comme nous tous, été brisée par le système et la machine EDF.
Monsieur le Premier Ministre, je sais que ces questions du harcèlement et de la discrimination sont des sujets qui vous touchent, alors trouvons des solutions pour y remédier ! Trouvons des solutions pour que je puisse dénoncer, dans l’intérêt public, toutes ces dérives qui sont malheureusement monnaie courante, à la fois sur le plan humain et sur celui de la sûreté. Je me permets d’ailleurs de faire suivre ce courrier au Défenseur des droits pour lui montrer que je poursuis le combat mené depuis des années et que les faits sont désormais dénoncés au plus haut niveau de l’État. Il appartenait au Défenseur des droits de me protéger, mais là encore, je me suis heurté au silence. Tout ce qui touche au nucléaire semble sclérosé. En cas d’incident et d’accident de facteur humain dans les prochaines années, on ne pourra en tout cas pas dire que je n’ai pas alerté au plus haut niveau de l’état et en cas d’aggravation de ma santé aussi.
Je vous demande donc solennellement, Monsieur le Premier Ministre, d’être entendu par un ministère sur tout ce que j’ai vu et constaté au sein d’EDF, non seulement sur le plan du droit du travail, des anomalies et dissimulations de sûreté, des faits de harcèlement sexuel et moral dont j’ai été témoin depuis plusieurs années et qui ont été cachés, mais aussi concernant des malversations financières, des problèmes de sécurité et, bien sûr, la sûreté et le contrôle au sein d’EDF ainsi que ses failles.
Enfin, Monsieur le Premier Ministre, je m’adresse à vous en tant qu’ancien ministre. À la suite de mon licenciement, afin de pallier la perte de salaire et de subvenir aux besoins de ma famille, j’ai récemment été recruté sur un poste de professeur de mathématiques et de physique en Seine-Maritime. Même si j’exerce actuellement à mi-temps à cause de mon état de santé, je me sens enfin revivre et retrouver un peu de dignité. Certes, je fais 240 km chaque jour pour enseigner, mais ce poste me rend heureux. Oui, je suis enfin heureux de pouvoir travailler après six ans de harcèlement moral. J’aimerais avoir la chance d’exercer encore ce travail de professeur vacataire pendant de nombreuses années afin de pouvoir enfin vivre de mon travail. Je pense qu’avec tout ce que j’ai traversé chez EDF, je mérite un peu de sérénité et de joie au travail. Le rectorat de Rouen, après m’avoir utilisé 6 mois, m’a jetté sur le bord de la route, sûrement en appranant sur internet mes déboires avec EDF. Je ne suis pas la victime, c’est EDF la victime.
C’est pourquoi, Monsieur le Premier Ministre, un soutien de votre part serait précieux afin que je puisse conserver cet emploi de professeur vacataire. Car même si je ne suis payé que 1200 euros/mois – 700 euros une fois mes frais déduits –, cet emploi m’apporte joie et bonheur. Encore une fois, je pense l’avoir mérité. Votre intervention me permettrait de garder ce lien social, cette envie d’enseigner qui est, à mes yeux, comme une seconde vie. Je sais que vous ne serez pas insensible à ma demande. De plus, en tant qu’actionnaire d’EDF et pour avoir nommé son PDG, je vous demande ; et cela ; est ma demande la plus importante, que M. LUC Rémont trouve une solution qui me permet de vivre sereinement en trouvant une issue de sortie de ce conflit qui me tue peteit à petit. Tous les soirs je prends 7 à 8 médicaments pour lutter. Je n’en peux plus.
Espérant avoir l’occasion de m’exprimer afin de me libérer de ce lourd fardeau subi pendant toutes ces années à EDF et de retrouver du bonheur dans mon futur travail grâce à votre aide, recevez, Monsieur le Premier Ministre, mes remerciements respectueux.
Arnaud BEGIN