Ensemble contre la bétonisation de Sophia Antipolis : lettre aux maires de la technopole

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Lettre ouverte aux Maires de la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis (CASA), au Maire de Mougins, et au Maire de Cannes, Président du Pôle Métropolitain de l'Ouest des Alpes-Maritimes.

Mesdames et Messieurs les Maires de la technopole de Sophia Antipolis,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Municipaux,

Cette lettre ouverte est au nom d'une très large majorité de Sophipolitains, habitants, commerçants, salariés et managers de la technopole.

Nous habitons ou travaillons à Sophia Antipolis, un lieu familial, calme en dehors des heures de pointe, et largement préservé. À la maison ou au travail, notre regard se pose constamment sur les forêts tout autour, et dans ces forêts nous aimons nous promener et faire du sport en plein air. Sophia est une technopole et en même temps un parc naturel aménagé, un lieu de vie et de partage. C’était la vision de Pierre Lafitte, père fondateur de Sophia Antipolis, une intégration avec la nature qu’une génération d’actifs a accueillie et qui a résisté pendant 50 ans depuis la création de la technopole.

Mais nous voudrions partager avec vous, Mesdames et Messieurs les Maires de Sophia Antipolis, notre très grande inquiétude face aux nombreux projets d’urbanisation et aménagements à réaliser d'ici quelques années, dont certains sont mal connus et peu diffusés, sans une véritable concertation publique : Open Sky aux Clausonnes, Fugueireit, Trois Moulins, Les Arcanes, Garden Space, Le Fairway, Artéparc Sophia, Biotifull, Bourelles, Peidessales, Belvédère, Sophia Sky, Pré du Bâti, Campus Diagana, et bien d’autres, pour une surface bâtie supplémentaire d’au moins 500 000 m² à l'horizon 2030.

Le problème de l'urbanisation sauvage est endémique sur la Côte d’Azur, et ses conséquences en termes de pollution aux particules fines, de bouchons, et de destruction du paysage sont malheureusement sous les yeux de tous. Par ailleurs, l’artificialisation des sols et la diminution des surfaces boisées ont des effets aggravants en cas d’épisodes climatiques de plus en plus violents.

Aujourd’hui l’urbanisation menace également l’arrière-pays, ce coin de la Provence de Valbonne à Mougins, de Biot jusqu’à Tourrettes-sur-Loup, qui avait été épargné de la bétonisation commerciale. Même à Sophia Antipolis les espaces verts sont généreux et ils constituent l’identité de la première technopole d’Europe, l’intégration d’activités de recherche et sociétés de pointe dans une très belle forêt méditerranéenne. C’est ça Sophia Antipolis pour nous, nos familles, et nos collègues.

Tout est en train de changer, vite. Trop vite. Celle que certains élus voudraient nous faire avaler, dans un déni incroyable de démocratie, est une nouvelle version de Sophia Antipolis : Sophia « 2.0 ». Il s’agit de projets comme le futur centre commercial pharaonique appelé « Open Sky », dont l'utilité publique est très contestable, la zone étant déjà saturée de commerces. Selon les promoteurs, ce centre commercial démesuré, qui sera implanté en bordure du magnifique parc naturel de la Valmasque, est un aperçu de la Sophia Antipolis de demain.

Nous disons non. Les sophipolitains, unanimes, dirons non ! Une majorité des maires des communes de la CASA, nous en sommes convaincus, dirons non ! Nous n’accueillerons pas cette nouvelle vision commerciale qui n’est pas la nôtre, car destructrice de notre belle Provence, non respectueuse de l'environnement, ni des petits commerces existants. Nous préférons la vision de Pierre Lafitte : deux tiers de forêt, bâtiments intégrés dans la nature, préservation du cadre de vie, de la biodiversité et des corridors écologiques.

Nous, sophipolitains, valbonnais, biotois, mouginois, unanimes, ne laisserons pas détruire la Sophia Antipolis de Pierre Lafitte si facilement. Car nos enfants aiment cet endroit, et ils ne méritent pas de voir leur petit bois se transformer en béton, un jour si proche.

Alors nous déclarons que cette lettre est aussi notre Charte des Sophipolitains, et nous demandons :

  1. un véritable développement « vert » et durable de Sophia Antipolis, dans le plus grand respect des forêts, des autres aires naturelles, et du paysage provençal qui caractérise nos communes ;
  2. la continuité avec les principes de la Charte environnementale de Sophia Antipolis de 1977, ainsi que l'application de la Charte de l'environnement, loi constitutionnelle 2005 ;
  3. que l'interêt général soit toujours respecté, grace à des vraies concertations publiques et réunions d'information ouvertes à tous les sophipolitains de la CASA et de Mougins ;
  4. en cas de projet majeur urbain ou économique de la technopole, d'être préalablement informés en nous communiquant longtemps à l'avance toutes les informations nécessaires ;
  5. la défense des associations et des commerces de proximité, fragiles face au développement touristique et commercial de la Côte d'Azur, mais qui constituent une grande partie de l’écosystème humain de Sophia.

En conclusion, cette lettre n'est pas l'expression d'un parti pris contre tout forme d'aménagement. C'est notre demande de démocratie et l'invitation à une réflexion plus profonde sur le futur de Sophia Antipolis et ses habitants ; sans oublier l'histoire de la technopole et de sa région, pour mieux comprendre où on va.

Car Sophia Antipolis c’est nous, les habitants. C’est nous, les actifs. C’est la Valmasque. C’est la Brague et la Bouillide. C’est un aqueduc romain. Des villages provençaux. C’est les vélos, et les pistes cyclables. Les écoles. Ce sont les spectacles de nos enfants au Pré des Arts. C’est « Les visiteurs du soir », un cinéma de qualité, et pas les grands multiplex commerciaux. C’est un camion-pizza. Les associations, les petits commerces. Un Carrefour Market, supermarché de taille modeste, caché dans la forêt. Les ronds-points fleuris, la lavande, un manège sur la Brague. Les orchidées. Les cigales, les papillons azurés. C’est un sentier qui se perd dans des hectares de bois à l’infini. C’est le boulot, la pause de midi, les parcours santé à l’abri du soleil. Sous un ciel bleu.

Nous vous prions, Mesdames et Messieurs les Maires, de nous écouter.

Premiers signataires : Claudio Perini, Francine Bégou-Piérini, Marie Hoskin, Carlo Rovelli, Joli bébé jolie maman, Ensemble pour Vallauris Golfe-Juan, Nature sites et paysages - Préservation de l'ouest valbonnais, Alternatiba 06, API - Association de Parents Indépendants et de sections internationales.



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