Beauvais Réanimation :Reconnaissance du statut de soignant de réanimation

Beauvais Réanimation :Reconnaissance du statut de soignant de réanimation

0 a signé. Prochain objectif : 5 000 !
Quand elle atteindra 5 000 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être reprise par les médias et journaux locaux !
reanimation BEAUVAIS a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.) et à

Objet : Demande de reconnaissance et revalorisation de la spécificité des Infirmier(e)s et aides
soignant(e)s de Réanimation

Monsieur Le Président de la République,

Monsieur le Ministre des Solidarités et de la Santé,

 

La crise sanitaire actuelle a occasionné une mise en lumière des différents services de Réanimation de France et ce courrier a vocation à attirer votre attention quant à la réalité de l’exercice de notre métier car quelque soit l’orientation des services concernés, qu’elle soit adulte ou pédiatrique, médicale, chirurgicale ou polyvalente, le travail souvent méconnu qui est réalisé au sein de ces unités ne peut se
résumer à la prise en charge des patients atteints par la COVID-19.
En effet, le quotidien des équipes paramédicales est fait de gestes d’urgences, de prises en charge complexes, mêlant plusieurs spécialités de médecine, parfois sur un même patient, dans un contexte de défaillances d’organes portant atteinte au pronostic vital dans la grande majorité des cas.
Les infirmiers(ères) sont amenés(es) à administrer des drogues d’anesthésie, à monter, brancher et surveiller des circulations extra-corporelles (hémodialyse, hémofiltration...) pour des défaillances rénales, gérer des sevrages ventilatoires en utilisant des respirateurs aux multiples paramètres, maîtriser des outils
diagnostics complexes d’un point de vue physiopathologique dans des contextes de défaillance circulatoire, prendre en charge des atteintes cardiaques sévères associant drogues vaso-actives, ballon de contre-pulsion intra-aortique et parfois hypothermie thérapeutique, prendre en charge des lésions cérébrales telles que les traumatismes ou les états de mort encéphalique...
Même si nous complétions cette liste par le référentiel de compétences de l’infirmière en réanimation publié en 2011 par la SRLF, elle ne peut être exhaustive et notre champ d’action pourrait se compléter par la notion de risques encourus au regard des contacts que nous sommes amenés à avoir avec des bactéries ou virus tout au long de l’année (patients infectés par la légionelle ou les méningites par
exemple) et les risques d’exposition au sang (hémorragies extériorisées, manipulation de nombreux cathéters implantés dans des vaisseaux de gros calibre, accélérateur de transfusion...) qui ne sont pas reconnus par une prime, contrairement à d’autres spécialités comme l’hémodialyse.

L’essence même du travail en réanimation se basant sur une collaboration en binôme, nos collègues aides-soignants(es) sont tout autant concernés par les risques encourus et par la nécessité d’aller au-delà de ce que leur formation généraliste leur fournit comme connaissances avec une implication quotidienne indispensable comme par exemple la gestion d’une partie bio-médicale du matériel (protocoles de désinfections spécifiques selon le matériel d’endoscopie utilisé avec manipulation de produits type Anioxyde® à la toxicité cutanée, ophtalmique et respiratoire reconnue), l’assistance au monitorage, la participation à la réalisation de gestes d’urgence et invasifs, la spécificité des soins auprès de patients sous
anesthésie générale au long cours...


Et c’est bien de formation généraliste dont il est question ici !
Car après un diplôme d’état obtenu en 3 ans pour les infirmiers(ères) et 1 an pour les aides-soignants(es) qui nous permet d’exercer dans différents services hospitaliers ou extra-hospitaliers, l’apprentissage de la réanimation se fait « sur le tas » et les compétences acquises ne sont ni reconnues ni valorisées.
Une recherche rapide sur le statut des soignants de réanimation dans les autres pays suffit à démontrer le retard pris par la France pour nous reconnaître cette spécificité de soins et de compétences.
L’Espagne, la Norvège ou l’Autriche délivrent un diplôme en soins de réanimation, l’Allemagne ou bien la Suisse proposent un diplôme d’état d’infirmier de réanimation et trois pays européens ont développé des masters en soins de réanimation.
Or si l’on reprend ce qui défini une « spécialité », elle a pour but de garantir la maîtrise d’un savoir faire et d’une pratique dans un domaine de haute technicité et après un diplôme d’état, seules l’anesthésie, la puériculture et le bloc opératoire font l’objet d’une formation complémentaire reconnues.
Certes il existe des formations (Diplôme Universitaire de réanimation, formations extra-hospitalières organisées par la SRLF, SFISI, CREUF, Panacéa, Pratico santé) sanctionnées ou non par un examen final mais elles ne sont pas reconnues au niveau statutaire et salarial.


Au vu de toutes ces justifications et à un moment où l’opinion public semble vouloir nous ériger en «héros», les équipes paramédicales qui font ce qu’est la réanimation depuis bien longtemps demandent simplement une reconnaissance, par nos élus et notre ministre, des compétences et aptitudes particulières mobilisées quotidiennement.
Ainsi, il nous paraît légitime de demander, pour les aides-soignants(es) et infirmiers(ères), la mise en place d’une «prime de réa» par le biais d’une nouvelle bonification indiciaire de la fonction publique hospitalière qui, selon les critères qui la définissent, reconnaît la responsabilité et la technicité de notre travail et ce, en contrepartie d’une présence de minimum 3 ans au sein du service et d’une validation
des acquis d’expérience. De ce fait, il paraît important de titulariser le personnel ainsi formé, au sein de nos services.
Pour les infirmiers(ères), nous demandons la création d’un statut qui reconnaisse notre participation à la recherche clinique et les formations que nous validons par un examen comme le diplôme universitaire de réanimation et qui reconnaisse le niveau de compétences obtenu après avoir assisté à d’autres formations qui ne sont pas sanctionnées par un examen final.
Nous demandons également la création d’un master de réanimation par le biais du cursus infirmière en pratique avancée qui a vu le jour il y a quelques années mais qui ne concerne que très peu de domaine à ce jour.

Le but de ce courrier n’est autre que d’attirer l’attention des pouvoirs publics, des décideurs, de ceux qui font les lois, sur la différence criante qui existe entre la formation qui nous est reconnue par un diplôme d’état et le niveau d’exigence et d’expertise de notre métier au quotidien. Différence qui s’est manifestée par la difficulté pour de nombreux soignants issus d’autres services qui, en venant nous prêter main-forte, ont constaté rapidement que « la réa, ça ne s’invente pas ! »

Nous espérons que ce courrier ne restera pas lettre morte et que nos revendications seront entendues. Ce courrier a déjà été envoyé à nos supérieurs hiérarchiques ainsi qu'à notre direction, nos médecins anesthésistes-réanimateurs, notre chef de service et notre cadre appuient tous notre démarche de reconnaissance.

Nous sommes en grève illimitée depuis le 15 septembre 2020 afin d'être entendus.


L’équipe paramédicale du service de Réanimation de Beauvais  vous prie d’agréer, Monsieur Le Président de la République et Monsieur Le Ministre de la santé et des solidarités , l’expression de sa haute considération.

L’équipe de Réanimation polyvalente du Centre Hospitalier Simone Veil de Beauvais

0 a signé. Prochain objectif : 5 000 !
Quand elle atteindra 5 000 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être reprise par les médias et journaux locaux !