

Le collectif Un jour un chasseur vous remercie pour votre mobilisation : la pétition a dépassé les 80 000 signatures en moins de deux mois !
N'hésitez pas à partager la pétition à votre entourage pour atteindre les 100 000 signatures !
Un merci tout particulier à Change.org pour son aide et ses conseils. Merci à L214, One Voice, la Fondation Brigitte Bardot, Julien Bayou, Manuel Bompard, Bastien Lachaud, Hugo Clément, Pierre Rigaux, Pierre-Emmanuel Barré, Samaha Sam des Shaka Ponk, Claire Corneille, et tous les autres pour leur soutien ! Tous ensemble, nous ferons entendre notre voix !
Maintenant, c’est à vous de jouer ! Ce combat nous concerne tous et nous avons besoin de votre aide ! Ensemble, on peut y arriver !
Nous avons écrit une tribune pour expliquer notre démarche et dénoncer les comportements abusifs liés à la chasse.
Nous demandons au gouvernement de réagir et de mettre fin à l’impunité judiciaire et sociale dont jouissent les chasseurs, en prenant ses responsabilités et en proposant des mesures strictes qui assurent la sécurité des habitants et usagers des campagnes.
Nous souhaitons faire signer cette tribune à nos élus et pour cela, nous avons besoin de votre aide.
Vous pouvez la télécharger, avec notre message d’introduction, en cliquant sur le lien ci-dessous, afin de pouvoir la présenter à vos élus et leur demander de la signer.
Nous avons déjà obtenu les soutiens de mesdames Karima Delli, Marie Toussaint, Gwendoline Delbos-Corfield, Salima Yenbou, Esther Benbassa, Sandra Afonso Machado, Fabienne Grebert, Séverine Figuls, Douchka Markovic, Marie France Barthet, Nathalie Dehan et Fabienne Grebert, et de messieurs Manuel Bompard, David Cormand, Julien Bayou, Guillaume Gontard, Damien Carême, Claude Gruffat, Bastien Lachaud, Ugo Bernalicis, Antoine Maurice, Philippe Santucci-Stanisière, Eddine Ariztegui, Guillaume Cros, Michel Larive, Xavier Bigot, Giovanni Recchia, Hugo Dalby et Jean Philippe Cournet.
Tribune des amies de Morgan
Le 2 décembre dernier, en plein confinement, Morgan Keane était abattu par un chasseur alors qu’il coupait du bois tout près de sa maison. Il avait 25 ans et il aimait la vie, le monde et la nature. Les réactions ont été immédiates. Sur les réseaux sociaux, les médias, la presse ; partout, des témoignages de sympathie, de chagrin, de détresse. Et partout aussi cette colère, accentuée par la mort tragique de Morgan, mais qui ne date pas d’hier, et de là un constat, indéniable et nécessaire : trop, c’est trop.
Pour nous comme pour d’autres, la mort de Morgan a été un choc violent. Après le chagrin est venu le besoin impérieux d’agir, de changer les choses, vite, pour qu’un tel drame ne se reproduise plus, jamais. Mais comment faire, face à l’organisation calibrée des fédérations de chasseurs, à la puissance des lobbies et à l’absence totale de réaction du gouvernement, qui continue allègrement d’ignorer le sentiment d’injustice et d’insécurité d’une immense majorité de citoyens ? Ce qui nous est apparu tout d’abord, c’est la nécessité de libérer la parole. D’oser enfin, publiquement, dire nos craintes, notre colère et notre impuissance.
Nous avons alors créé une boîte mail, destinée à recueillir des témoignages de comportements abusifs liés à la chasse. Très vite, les récits ont afflué ; nous avons pris conscience que le problème était bien plus profond que ce que nous avions imaginé, et nous avons décidé de publier ces témoignages sur les réseaux sociaux. En quatre mois, notre compte Instagram a dépassé les 12 000 abonnés, et nous avons reçu d’innombrables marques de soutien de la part de particuliers comme d’associations, d’élus, de politiques, ou de personnalités publiques.
Les témoignages reçus, tous plus effarants les uns que les autres, relatent les inquiétudes et la peur viscérale ressenties en période de chasse, y compris par certains chasseurs, et font état de tout types d’infraction : maltraitance animale, non-assistance à personne en danger, violation de la propriété privée, chasse en-dehors des horaires réglementaires, menaces de mort, intimidation, insultes, coups et blessures, violation du droit de voisinage forestier, blessures mortelles par balle d’animaux domestiques, dans certains cas volontaires, et j’en passe. Si évidentes soient-elles, ces infractions ne font, sauf exceptions, l’objet d’aucun procès.
D’abord car la plupart des témoins souhaitent garder l’anonymat par peur de représailles, et n’osent pas porter plainte. Et comment ne pas les comprendre, lorsque ceux que l’on souhaite dénoncer sont non seulement lourdement armés, mais également protégés par les institutions, les autorités et le président de la République, Emmanuel Macron, qui avance main dans la main avec Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, et œuvre en faveur des chasseurs depuis son élection, au détriment des habitants et usagers des campagnes.
Ensuite, car ceux qui osent dénoncer ne sont généralement pas écoutés, et voient leur plainte classée sans suite, leur lettre recommandée laissée sans réponse, leurs appels à l’aide ignorés. Cette indifférence collective pose question, mais la raison, bien qu’inexcusable, en est simple : les chasseurs sont partout, jusque dans les mairies, les gendarmeries, les préfectures, les tribunaux, le parlement.
Enfin, car il est souvent difficile de déterminer les responsabilités de chacun, tant les règles qui régissent la chasse sont flottantes et changeantes selon les départements, le type de chasse, la période de l’année, etc. S’il n’est pas impossible de les connaître, il est très compliqué d’y voir clair, entre règles internes aux fédérations de chasseurs, prescriptions de l’OFB et arrêtés préfectoraux. A-t-on le droit de se déplacer en véhicule lors d’une battue ? De contacter ses collègues par téléphone ? D’être posté à moins de 100 mètres d’une habitation ? De nourrir les animaux sauvages ? De les élever ? L’auteur d’un tir dans le mur d’une maison peut-il être puni par la loi ? Et lorsqu’elles existent, on est en droit de douter de l’efficacité de ces règles, aux dires de certains chasseurs qui évoquent l’adrénaline ressentie lors de leurs parties de chasse, adrénaline qui rendrait les hommes incapables de maîtrise de soi. De quoi être rassurés... Ajoutez à ces difficultés le corporatisme des chasseurs et l’omerta qui règne au sein même des fédérations de chasseurs, et vous obtenez la recette parfaite d’une longue histoire d’impunité judiciaire et sociale.
La dépénalisation des comportements abusifs liés à la chasse pousse bon nombre de chasseurs à nier la responsabilité collective de l’insécurité ressentie par la population. S’ils ne peuvent que regretter un accident lorsqu’il s’en produit un, nombre d’entre eux nous opposent l’un de leurs arguments favoris : pourquoi alors ne pas supprimer les voitures, les vélos ou les piscines, qui sont tout aussi dangereux et provoquent bien plus de morts que la chasse ? Cet argument absurde est aussi indéfendable que ridicule. Comment peut-on comparer la chasse au fait de prendre sa voiture pour aller travailler ou chercher ses enfants à l’école ? Il n’y a rien d’anodin dans le fait de sortir dans la nature avec une arme de guerre à la main, dont la fonction est d’entraîner la mort.
Certes, il y a mille façons de mourir, mais il n’y en a guère de plus cruelle que celle de se faire tuer chez soi ou en se baladant dans les bois, lors d’une activité supposée sans risque, à cause d’une autre activité à laquelle on ne prend pas part.
Nous demandons aux élus locaux, aux députés, aux ministres, à monsieur le président de la République Emmanuel Macron, de prendre enfin leurs responsabilités. Parce qu’on ne va pas se taire, plus maintenant, parce qu’il est grand temps de cesser de privilégier un groupe d’individus au détriment d’une écrasante majorité qui a peur de sortir de chez elle et qui n’a pas d’autres armes que sa voix pour lutter contre cette injustice. Car si un million et quelques de chasseurs représentent un argument électoral de taille, nous sommes bien plus nombreux à souhaiter voir changer en profondeur des lois qui, de toute évidence, ne garantissent ni notre sécurité, ni notre bien-être, et sont loin d'être adaptées à notre société actuelle, qui n'est plus celle des siècles passés.
Léa, Mila, Sara et Zoé, de Un jour un chasseur
Si vous avez perdu un proche, si vous avez frôlé la mort, subi des menaces, ou si vous vous êtes sentis en insécurité, chez vous ou autre part, n’hésitez pas à nous écrire pour prendre la parole, pour témoigner ou simplement pour nous soutenir !
Unissons-nous pour nous faire entendre et mettre fin à cette impunité insupportable en clamant tous ensemble : plus jamais ça !
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