Libérons l’investissement vert ! (lettre ouverte au gouvernement)

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Au nom de la sauvegarde du bien commun, nous demandons au gouvernement de lancer d’urgence un grand programme d’investissement public en faveur de la transition écologique et bas carbone, dont le montant serait isolé du déficit budgétaire.

L’été 2018, avec ses canicules, ses incendies dévastateurs, ses inondations, nous a encore rappelé combien la lutte pour conserver la biodiversité, respecter les limites planétaires et atténuer le changement climatique et ses impacts est vitale pour éviter une catastrophe écologique globale.

C’est aussi une lutte pour le mieux-être de tous. Nous affranchir des pesticides et d’autres polluants, du charbon, du pétrole, du gaz fossile… est impératif si nous voulons préserver notre santé, notre économie, la capacité d’agir des futures générations et construire une société résiliente. 

Les dépenses que nous affectons à nos importations d’hydrocarbures, de produits chimiques ou d’autres matières premières non renouvelables doivent aller aux emplois locaux - notamment en développant les économies d’énergies et de matières, les énergies renouvelables et une agriculture durable. Et cela au profit des territoires, sans lesquels la transition écologique ne se fera pas. Or les émissions de gaz à effet de serre ont crû en France de 3 % en 2017, alors que le respect de l’accord de Paris imposerait qu’elles décroissent de 5 % par an. Il faut donc changer d’échelle et mobiliser des moyens nouveaux.

Cette lutte pour un développement vert et riche en emplois requiert de mettre en mouvement de nombreux leviers. Outre une régulation et une fiscalité qui donnent les bons signaux, outre cesser d’allouer des capitaux à des actifs non durables, il est fondamental d’accroître l’investissement, dans les infrastructures physiques comme dans les compétences. C’est indispensable pour réussir cette transition écologique et l’accompagner sur le plan social.

Pour la France, les investissements publics et privés nécessaires à l’atteinte de ses objectifs climatiques ont été estimés par le think tank I4CE entre 45 et 75 milliards d’euros par an (entre 2 % et 3 % du PIB). Or aujourd’hui, nous ne dépensons que 31 milliards d’euros répartis à part égales entre ménages, entreprises et acteurs publics : le compte n’y est pas. 

Pour boucler l’équation du financement de la transition bas carbone, il est nécessaire de mobiliser l’épargne des ménages et des entreprises, qui ne manque pas et cherche un sens. Or cette mobilisation ne pourra être optimisée sans un surcroît d’investissement public.

Rappelons que l’un des principaux postes à financer pour réussir cette transition est la rénovation des logements. Sans aides publiques, les ménages ne s’engageront pas dans des travaux lourds dont le temps de retour est très long.

On ne fera pas plus (d’écologie) avec moins (de moyens). C’est pourquoi il est urgent de mettre en place un grand programme d’investissement vert. ll est par ailleurs nécessaire, dans le contexte actuel de forte contrainte budgétaire, d’isoler les fonds publics affectés à ce programme du déficit budgétaire, comme le ferait toute entreprise privée qui ne confond pas ses investissements avec ses dépenses de fonctionnement.

La France doit prendre cette mesure immédiatement. Rien ne le lui interdit vraiment. Et rien ne l’empêche, avec les autres Etats membres convaincus, d’engager dès à présent des négociations pour libérer l’investissement vert au niveau de l’Union européenne.

Ont déjà signé cet appel (par ordre alphabétique) :

Franck Aggeri, professeur à MInes Paris-Tech ; Michel Aglietta, professeur émérite de sciences économiques à l’université Paris-Ouest et conseiller scientifique au Cepii et à France stratégie ; Emilie Alberola, économiste CEDD (Conseil des économistes du développement durable) ; Claude Alphandéry, président d’honneur du labo de l’ESS et de France Active ; Bernard Aulagne, président de Coénove ; Isabelle Autissier, navigatrice, présidente de WWF France ; Michel Badré, ancien président de l’Autorité environnementale ; Jean-Louis Bal, président du SER et ancien directeur énergies renouvelables de l’Ademe ; Jean-Louis Bancel, président du Crédit Coopératif ; Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, ancienne ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie ; Vital Baude, conseiller régional de Gironde (EELV) ; Thierry Beaudet, le président de la Mutualité française ; David Belliard, conseiller de Paris (EELV) ; Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT ; Nicolas Berghmans, chercheur à l’Iddri ; Luc Bérille, secrétaire général de l’Unsa ; Françoise Bernon, déléguée générale du Labo de l’ESS ; Jean-Paul Besset, ancien député européen ; Sophie Binet, cosecrétaire générale de la CGT des ingénieurs, cadres et techniciens (Ugict-CGT) ; Jean-François Blanco, conseiller régional des Pyrénées-Atlantiques (EELV) ; Célia Blauel, Maire Adjointe de Paris chargée du Climat ; Olivier Blond, président de Respire ; Jean-Joseph Boillot, économiste, conseiller du club du Cepii ; Jean-Pierre Bompard, vice-président d’Humanité et Biodiversité ; Pierre-Marie Bosc, agroéconomiste - FAO ; Philippe Boucly, président de l’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible (AFHYPAC) ; Katia Bourdin, conseillère régionale de Charente-Maritime (EELV) ; Dominique Bourg, professeur à l’Institut de géographie et durabilité (IGD, université de Lausanne) ; Dorothée Browaeys, présidente de TEK4life ; Sandrine Buresi, coprésidente du CLER-Réseau pour la transition énergétique ; Alain Caillé, sociologue, directeur de la Revue du Mauss, animateur du mouvement les convivialistes ; Pascal Canfin, directeur général de WWF France, ancien ministre délégué au Développement ; Lucas Chancel, codirecteur du World Inequality Lab ; Pascal Charriau, entrepreneur ; Madeleine Charru, agroéconomiste et personnalité associée au Cese ; Christian Chavagneux, éditorialiste (Alternatives économiques) ; André Cicolella, toxicologue, chercheur en santé environnementale ; Denis Clerc, fondateur d’Alternatives économiques ; Daniel Cohn-Bendit, ancien député européen vert ; Gabriel Colletis, président du Manifeste pour l’industrie ; Michel Colombier, directeur scientifique de l’Iddri ; Maryse Combres, conseillère régionale Nouvelle-Aquitaine (EELV) ; David Cormand, secrétaire national d’Europe écologie les verts (EELV) ; Jezabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; Françoise Coutant, conseillère régionale de Charente (EELV) ; Thomas Coutrot, économiste ; Christian Couturier, président de l’association NégaWatt ; Patrick Criqui, directeur de recherche émérite au CNRS ; Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique ; Franck Dedieu, professeur à l’IPAG ; Michel Derdevet, professeur au Collège d’Europe de Bruges – IEP Paris ; Philippe Desfossés, directeur d’un fonds de pension ; François Desriaux, rédacteur en chef de Santé & Travail ; Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé Pierre ; Danyel Dubreuil, coordinateur de l’initiative Rénovons ! ; Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, Marie-Guite Dufay, Présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté ; Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France ; Pascal Durand, député européen écologiste ; Guillaume Duval, éditorialiste (Alternatives économiques) ; Christian Eckert, ancien ministre du Budget ; François Euvé, rédacteur en chef de la revue Etudes ; Jeanne Fagnani, chercheure associée à l’Ires ; Olivier Faure, premier secrétaire du PS ; Philippe Frémeaux, éditorialiste (Alternatives économiques) ; Jean Gadrey, professeur honoraire d’économie à l’université de Lille ; Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce ; Laurent Georges, administrateur territorial, directeur général d’un syndicat d’énergie ; François Gibert, fondateur d’EKLOR, vice-président d’ENERPLAN 2015 /2017 ; Robin Girard, enseignant-chercheur aux MINES ParisTech ; Gaël Giraud, directeur de recherches au CNRS, chef économiste de l’AFD ; Pierre-Noël Giraud, économiste, CERNA, Mines Paris-Tech ; Christine Gochard, directrice générale de Gaz Electricité de Grenoble ; Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement ; Jean-Yves Grandidier, président du groupe Valorem ; Alain Grandjean, économiste, membre du conseil scientifique de la Fondation pour la nature et l’homme ; Dominique Gros, maire (PS) de Metz ; Géraud Guibert, président de La Fabrique écologique ; Antoine Guillou, coordinateur du pôle énergie et climat de Terra Nova ; Bernadette Groizon, secrétaire générale de la FSU ; Céline Guivarch, directrice de recherche au Cired, Ecole des Ponts ; Benoît Hamon, fondateur de Génération.s, ancien ministre de l’Education nationale ; Claude Henry, professeur, à Sciences-po Paris et Université de Columbia ; Eric Heyer, économiste ; François Hommeril, président confédéral de la CFE-CGC ; Jean-Charles Hourcade, Directeur de Recherches Emérite, Cired-Cnrs ; Michel Husson, économiste (IRES), membre du conseil scientifique d’Attac ; Christian Huygue, directeur scientifique agriculture à l’Inra ; Emery Jacquillat, président de la Camif ; Yannick Jadot, député européen écologiste ; Florence Jany-Catrice, professeure d’économie à l’université Lille1 ; Jean Jouzel, climatologue ; Wojtek Kalinowski, co-directeur de l’institut Veblen ; Alain Karsenty, directeur de recherches au Cirad ; Marie-José Kotlicki, cosecrétaire générale de la CGT des ingénieurs, cadres et techbiciens (Ugict-CGT) ; Aurore Lalucq, codirectrice de l’institut Veblen ; Marie-Laure Lamy, coprésidente du CLER-Réseau pour la transition énergétique ; Valéry Laramée de Tannenberg, rédacteur en chef du Journal de l’Environnement ; Pierre Larrouturou, ingénieur agronome, porte-parole du collectif pour un Pacte européen Climat et Emploi ; Bruno Lechevin, ancien président de l’Ademe ; Alice Leiciagueçahar, conseillère régionale des Pyrénées-Atlantiques (EELV) ; Corine Lepage, avocate, ancienne ministre de l’environnement ; Benoît Leguet, économiste ; Hélène Le Teno, consultante spécialiste de la transition écologiste ; Hervé Le Treut, climatologue ; Bruno Losch, économiste - Cirad ; Philippe Louis, président de la CFTC ; Gérard Magnin, président de Jurascic, fondateur d’Energy Cities et ex-administrateur d’EDF ; Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT ; Mireille Martini, économiste, membre du Comité des Experts du Shift Project ; Jacques Marzin, Economiste – Cirad ; Jean-Patrick Masson, président de la plateforme Energie climat des associations nationales de collectivités, adjoint au maire de Dijon ; Philippe Mayol, directeur général de la Fondation Terre Solidaire ; Dominique Méda, professeure d’université à Paris-Dauphine-PSL ; Léonore Moncond’huy, conseillère régionale de la Vienne (EELV) ; Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Economie, cofondateur de Bleu Blanc Ruche ; Laurence Motoman, conseillère régionale des Landes (EELV) ; Jean-François Naton, représentant de la CGT au Cése ; Matthieu Orphelin, député du Maine-et-Loire (LREM) ; Cécile Ostria, directrice générale de la Fondation pour la nature et l’homme ; Mumine Ozsoy, conseillère régionale de Corrèze (EELV) ; Jean-Louis Pagès, conseiller régional de Haute-Vienne (EELV) ; Bertrand Pancher, député de la Meuse (UDI) ; Jacques Pasquier, représentant de la Confédération paysanne au Cese ; Pascal Pavageau, secrétaire général de la confédération générale du travail Force Ouvrière ; Bénédicte Peyrol, députée de l’Allier (LREM) ; Cédric Philibert, économiste de l’énergie ; Dominique Picard, Labo de l’ESS ; Thomas Piketty, économiste ; Eric Piolle, maire de Grenoble (EELV) ; Barbara Pompili, députée de la Somme (LREM) ; Alain Poncet, directeur général de la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) ; Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle (PS) ; Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme ; Philippe Quirion, président du Réseau action climat (RAC) ; Gilles Raveaud, maître de conférences en économie ; Bruno Rebelle, directeur de Transitions ; Jean-Denis Renard, journaliste ; Cécile Renouard, directrice du programme CODEV, Essec Business School et co-fondatrice du Campus de la Transition ; Thierry Repentin, ancien ministre aux Affaires européennes et président du Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique ; Jean Revereault, vice-président Environnement à l'agglomération d'Angoulême ; Philippe Rio, maire (PCF) de Grigny, vice-président de Grand Paris Sud en charge de la transition écologique ; Barbara Romagnan, membre de Génération.s ; François Ruffin, député de la Somme (LFI) ; Jérôme Saddier, vice-président délégué du Crédit Coopératif ; Thierry Salomon, énergéticien, vice-président de l’association NégaWatt ; Aurélien Saussay, économiste ; Olivier de Schutter, profeseur à l’UCLouvain, membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU ; Laurent Scialom, professeure des universités en sciences économiques ; Jean-Michel Servet, professeur honoraire IHEID Genève ; Hugues Sibille, président du Labo de l'ESS ; Emmanuel Soulias, directeur général d’Enercoop ; Marc Stenger, président de Pax Christi ; Frédéric Tiberghien, Président de Finansol ; Xavier Timbeau, économiste ; Julien Touati, partner Meridiam, enseignant en régulation de l’énergie à Sciences-Po Paris ; Marie Toussaint, présidente de Notre affaire à tous ; Stéphane Trifiletti, conseiller régional de Charente-Maritime (EELV) ; Aurélie Trouvé, agroéconomiste ; Laurence Tubiana, professeure à Sciences-Po.; Frédéric Utzmann, président du Groupe EFFY ; Boris Vallaud, député des Landes (PS) ; Jean-Pascal Van Ypersele, professeur de climatologie à l'UCLouvain, Académie royale de Belgique ; François Venturini, directeur général du groupe VYV ; Eric Vidalenc, économiste ; Patrick Viveret, philosophe, magistrat honoraire à la Cour des Comptes ; Serge Volkoff, statisticien et ergonome ; Dominique Voynet, inspectrice générale des affaires sociales, ancienne ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement ; Philippe Zaouati, directeur général de Mirova. 

 

La tribune d’Alain Grandjean et de Gaël Giraud (22 août 2018) est à l’origine de cette lettre ouverte au gouvernement. 



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