COVID 19 – Détresse financière des ostéopathes

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Par la présente, nous tenions à vous faire part de nos plus vives inquiétudes en rapport avec l’évolution terrible du COVID-19 sur notre territoire français.

En effet, l’annonce du passage au Stade 3 par Monsieur le Premier Ministre, incluant notamment la fermeture des établissements recevant du public nous met face à un dilemme éthique.

Aujourd’hui il nous paraît aberrant de maintenir l’activité de nos cabinets d’ostéopathie, et ce, même en respectant les normes d’hygiène les plus strictes. De plus, vous devez le savoir, aucun ostéopathe exclusif n’a eu accès aux masques FFP2, ni même aux masques chirurgicaux classiques distribués par l’état.

Aujourd’hui nous n’avons rien de précis dans les conduites à tenir en provenance du gouvernement. L’Ordre national des Ostéopathes n’existant pas, nous avons donc choisi pour la grande majorité d’entre nous de fermer nos cabinets. Vous apprécierez dans notre démarche une volonté de respecter nos patients, nous ostéopathes, et ce pour des raisons éthiques, déontologiques et sanitaires.

Aujourd’hui nous sommes certains qu’aucun soin ostéopathique de ville n’est si essentiel, qu’il justifie de prendre le risque d’exposer nos patients, et de nous exposer au COVID-19.

Nous vivons une crise sanitaire exceptionnelle, et nous nous devons d’être précis, d’ampleur mondiale, qui nous oblige à faire preuve de lucidité, d’humanité et de solidarité.

Au-delà du bon sens que nous appliquons en fermant nos cabinets, qu’en sera-t-il de notre sécurité financière ? C’est ici, Mesdames et Messieurs, que la morne réalité nous rattrape.
Paris le 21 mars 2020
Aujourd’hui la plupart de nos compagnies d’assurances, dont nous avons cruellement besoin, nous ont fait de clairs retours : nous ne rentrons dans aucune case pour espérer recevoir une quelconque aide financière. Nous n’en sortirons pas indemnes !

L’idée même de s’assurer n’est elle justement pas d’être épaulé dans des cas exceptionnels, dans des situations tout à fait fortuites, accidentelles pour nous aider à faire face ? A quoi bon s’assurer, nous sommes toujours « l’exception » qui ne fait qu’enrichir les compagnies.

Soyons réalistes, étranglés par les charges, beaucoup d’ostéopathes se verront contraints de poursuivre leur activité, leurs soins, qui, bien que nécessaires au confort de vie de leurs patients, ne sont pas vitaux au sens strict du terme.

Notre métier est une profession de contact rapproché où le « mètre de sécurité » sera forcément enfreint.

Aujourd’hui, nous avons besoin de vous sans quoi nous ne sortirons ni sains, ni saufs de cette crise. Nous sommes des professionnels de la santé, et avant toutes choses, nous sommes des citoyens.
Des citoyens avec des charges, des contraintes financières professionnelles, et personnelles que nous ne pourrons malheureusement ni reporter, ni assumer, ultérieurement sans rentrée d’argent.

Demain, nous aurons besoin de vous lorsque cette crise sera terminée.
Il nous parait de haute priorité, que, tous les acteurs de la société puissent reprendre le cours de leur vie sans dégâts financiers irréversibles. L’accès aux soins étant déjà assez difficile, qu’en sera-t-il alors si vous laissez s’engouffrer de nombreuses professions libérales dans les sombres méandres de situations personnelles et professionnelles gravissimes.

Dès aujourd’hui, pour la sécurité de tous, ordonnez la fermeture de tous les cabinets d’ostéopathie par décret.

Dès aujourd’hui, pour notre sécurité économique, décrétez, pour les ostéopathes, le versement d’indemnités journalières par la CPAM : quelle ne fut pas notre surprise teintée d’amertume, lorsque nous avons reçu, les uns après les autres, le mail de refus de prise en charge par l’assurance maladie. Encore une fois nous sommes mis à mal par le système administratif ou aucune case n’est prévue pour nous.

Dès aujourd’hui promulguez un statut similaire à celui d’une « catastrophe naturelle » pour cette crise planétaire afin de libérer des fonds. Quoi qu’il en coûte, il vous faut nous donner une bouffée d’oxygène. Donnez nous l’assurance de votre accompagnement durant cette période trouble.

Prescrire un report de nos cotisations et de nos charges professionnelles ne fera que repousser l’effondrement de bon nombre de cabinets. Avec quel argent allons-nous pouvoir acquitter nos charges déjà bien lourdes et suffisamment pesantes en temps normal ?
Songez au temps colossal que vont mettre les cabinets d’ostéopathie pour retrouver leur plein fonctionnement.

Dès aujourd’hui, défendez-nous, en décrétant une exonération de nos cotisations et charges professionnelles sur la période du confinement.

Dès aujourd’hui, exigez de la CPAM, ainsi que de la CIPAV, une aide, un soutien manifeste.
Les assurances privées ne pourront contenter l’ensemble des sinistrés. Pensez aussi au fait que les professionnels libéraux bénéficient de contrats différents et donc de garanties variables. C’est
pourquoi nous ne pouvons que vous enjoindre à alléger leurs conditions de prise en charge et ainsi soutenir l’effort de solidarité nationale.

Ces mesures devraient également être appliquées à toutes les autres professions indépendantes qui se voient dans l’obligation de cesser leur travail. Nous pensons à eux et nous nous devons d’être solidaires en cette période de doute.

Mesdames, Messieurs, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le contexte sanitaire européen plus que dramatique nous pousse à faire appel à votre bienveillance et votre générosité envers vos professions libérales de soin.
Lorsque vous avez besoin de nous, vous pouvez toujours compter sur nous.

Nous qui supportons tant actuellement, nous voulons pouvoir aujourd’hui compter sur vous.
Nous voulons trouver une issue raisonnable et appropriée à cette période singulière et restons à votre entière disposition.

Veuillez recevoir, Mesdames, Messieurs, l’expression de nos très respectueuses salutations.

« Soutien aux professions libérales et indépendantes – Section ostéopathes »

« Soutien aux professions libérales et indépendantes »