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Mise à jour : Aujourd'hui, les autorités ont décidé de passer à la phase 2 du programme "ciguatera" et de tuer 90 requins de plus (45 Bouledogues et 45 Tigres). L'objectif des 20 requins a déjà été atteint et même dépassé.

Suite à un nombre « d’attaques » en augmentation par rapport à ce qu’a toujours connu la Réunion (3 décès depuis 2011), les autorités ont décidé d’effectuer des « prélèvements » sur des requins Bouledogues et Tigres « aux fins de connaissance scientifique et de protection des activités de loisirs et professionnelles en mer » (Source : l’arrêté sur les prélèvements) au mépris des avis d'experts scientifiques internationaux sur les conséquences de telles pratiques!


Des actions ont déjà été menées mais sans grand succès, aujourd’hui nous vous demandons d’envoyer un courrier au Président du Conseil de l’Ordre des Vétérinaires, un acteur important, qui n’a cependant, pas été sollicité à ce jour.

 Il faut savoir qu’en France, l’une des prérogatives de cette profession est la préservation de la faune sauvage et de son environnement. En acceptant de réaliser les autopsies des requins prélevés, les vétérinaires se rendent complice, indirectement (et probablement sans cette volonté) du massacre.

 

 

Letter to
Monsieur le Président du Conseil Supérieur de l’Ordre des Vétérinaires Monsieur le Président du Conseil Supérieur de l’Ordre des Vétérinaires
Anciennement appelé Direction des Services Vétérinaires (DSV), aujourd'hui DAAF Direction des Services Vétérinaires
Ordre des vétérinaires de la Réunion Ordre des vétérinaires de la Réunion
Monsieur le Président du Conseil Supérieur de l’Ordre des Vétérinaires

Suite aux drames humains engendrés par les épisodes de morsures de requins de l’île de la Réunion, la Préfecture de la région a répondu en organisant une « battue » maritime sous couvert de « chasse scientifique », plus exactement d’évaluation du risque ciguatérique à des fins de consommation ultérieure de la chair de requins (arrêté préfectoral n° 1226 du 13 Août 2012).

Pardonnez ma stupéfaction quant au silence assourdissant de votre profession dans cette affaire alors qu’apnéistes et Organisations Non Gouvernementales ont immédiatement alerté du caractère irrationnel et désastreux de cet arrêté sur la biodiversité. La préservation de la faune et de l’environnement ne serait-elle plus inscrite dans les missions de la profession que vous représentez ? Il était déjà fort regrettable que la médecine de la faune sauvage marine ne soit confiée aux vétérinaires (la gestion des échouages dépend du Ministère de l’Environnement et non de celui de l’Agriculture).

Doit-on attendre la décimation quasi complète (comme celle du requin taupe commun à 99,99 %) des requins bouledogues et tigres pour s’intéresser à la question ? Eradiquer des prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire océanique revient à fragiliser davantage l’écosystème et à permettre le développement anarchique d’espèces invasives totalement incontrôlables.

Par ailleurs, et vous en conviendrez probablement, un traitement étiologique n’est-il pas préférable à un traitement symptomatique ? La ciguatera trouve son origine dans la colonisation, par les micro algues dinoflagellées Gambierdiscus toxicus, des coraux morts. Aucune mesure n’est pourtant prise, à la Réunion, pour contrer la destruction massive du récif corallien (cf. données IRD issues de dix ans de suivi de la barrière corallienne).

Outre le fait que les seuls requins consommés par les réunionnais sont le requin taupe bleu ou mako (pourtant classé Vulnérable sur la liste rouge de l’UICN http://bit.ly/W9Ms1y), espèce non concernée par l’étude, il est étonnant de constater que les lieux de prélèvements des animaux correspondent aux lieux des « attaques » de squales.

Aujourd’hui, le fait que la chasse cathartique des requins soit cautionnée à tous les étages décisionnaires ou exécutifs, y compris au vôtre (réalisation des autopsies), incite à la destruction de toutes les espèces de squales que des pêcheurs lambda trouvent sur leur route (cf. actualité du 3 décembre 2012 http://wp.me/pRlSs-1ig)

C’est donc instamment que je vous demande de vous opposer fermement aux abattages pseudo scientifiques orchestrés par une Administration qui n’a de cesse de répondre à la vindicte populaire, celle de surfeurs potentiellement imprudents en la situation. Il en va de l’honneur et de la crédibilité de la profession vétérinaire.

Dans cette attente, et avec mes remerciements anticipés, veuillez agréer, Monsieur le Président du Conseil Supérieur de l’Ordre des Vétérinaires, l’expression de mes salutations respectueuses