M. le ministre, agissez pour le thon rouge et la petite pêche artisanale française !

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Nous, Anne-Marie Vergez, pêcheur professionnel du Pays Basque et Gwen Pennarun, pêcheur professionnel de Bretagne, co-présidents de la Plateforme de la Petite Pêche Artisanale Française, au nom des milliers de marins-pêcheurs artisans qui se reconnaissent dans les valeurs d’une pêche à petite échelle, demandons à M. Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de la pêche, d’agir pour une répartition équitable des quotas de thon rouge pour les petits pêcheurs artisans de France.

En 2019, en France, un patron pêcheur artisan français propriétaire d’un bateau de moins de 12 mètres n’a quasiment aucune chance de pouvoir capturer ne serait-ce qu’un seul thon rouge alors qu’une vingtaine de thoniers senneurs ou de chalutiers industriels s’accaparent à eux-seuls la quasi-totalité du quota de pêche. Sur les 4 934 tonnes allouées à la France pour l’année 2018, près de 90% sont redistribués à des navires de pêche industrielle ou hauturière.

Alors que le thon rouge était gravement menacé dans les années 2000, sa population s’est formidablement restaurée. Nos pêcheurs l’observent en abondance, de la Corse à la Manche … sans pouvoir le pêcher. Et pourtant, les pêcheurs artisans n’ont pas été responsables de cette surpêche, mais ils en subissent encore aujourd’hui les conséquences… Alors qu’actuellement, les conditions pour une redistribution équilibrée des quotas de pêche entre pêche industrielle et petite pêche artisanale sont favorables, l’Etat français reste sourd aux appels à l’aide des pêcheurs, et continue de redonner de façon massive les quotas aux pêcheurs industriels.

Nous entendons partout, de la part du gouvernement, des administrations, des élus, qu’il faut promouvoir un modèle d’économie Sociale et Solidaire, mieux rémunérer les producteurs, produire et consommer localement… En une dizaine de jours, des milliers de tonnes de thon rouge sont pêchées chaque année par la poignée de thoniers de Méditerranée. Ces thons sont ensuite transférés dans des cages en pleine mer et engraissés avec du poisson sauvage pour être finalement exportés principalement vers le Japon. Est-ce ceci le modèle d’Economie Sociale et Solidaire que l’on veut mettre en avant ?

Un petit pêcheur artisan, lui, ne capture pas les poissons par centaines de tonnes mais par dizaines de kilos seulement. Il pêche tout au long de l’année un poisson de la meilleure qualité possible, qu’il débarque le jour même de sa pêche, soit directement auprès du consommateur, soit par l’intermédiaire des criées, des mareyeurs et des poissonniers locaux. Non seulement l’Océan lui permet de vivre, lui et sa famille, mais il permet à tout une économie locale de prospérer… Est-ce que c’est ce modèle que l’Etat privilégie dans le cas du thon rouge. NON.

Alors s’il vous plaît, aidez-nous en signant cette pétition à interpeller le ministre de l’agriculture et de la pêche afin que la ressource de thon rouge en France soit enfin redistribuée aux petits pêcheurs artisans français !