

Le directeur de cabinet du Président de la République, Patrick Strzoda (toujours flanqué de la conseillère du chef de l'Etat, Rebecca Peres) et le désormais Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui malgré un plus grand nombre de policiers mobilisés que de Gilets jaunes, selon ses comptes, ne parvient pas à interpeller les vrais casseurs, sont tous deux retournés devant la Commission d'enquête du Sénat cette semaine. Jean-Yves Le Drian, Ministre des Affaires étrangères, a également été entendu, tandis qu'Alexandre Benalla et Vincent Crase le seront de nouveau ce lundi.
On peut faire plusieurs observations sur ces quelques auditions.
D'abord, il est effarant de voir l'impuissance, l'ignorance et la naïveté prétendues des différents protagonistes auditionnés, et des autorités qu'ils représentent. Personne ne sait rien, personne n'a le pouvoir de ne rien faire, tout est approximatif, problèmes d'incompétence ou d'informatique : rien qui ne puisse rassurer le citoyen lambda, celui qui est assiégé d'impôts, de taxes, de normes et de règlementations, et pour qui les yeux et les oreilles de l'État sont partout (même désormais dans les moindres transactions financières effectuées sur le Net ! ).
Ensuite, l'Élysée semble avoir changé de ton vis-à-vis d'Alexandre Benalla, qui en apparence n'est plus épargné : et si ce n'était qu'une stratégie ? Comment oublier que des semaines durant, depuis le moindre député marchiste jusqu'à Emmanuel Macron lui-même, en passant par la Garde des Sceaux, la macronie entière s'est tuée à assurer à Alexandre Benalla la couverture maximale ? Maintenant que ce dernier parcourt le monde entier, à la rencontre de businessmen puissants et de chefs d'Etat étrangers, muni de plusieurs passeports diplomatiques, qui dorénavant, de l'Élysée ou du globetrotter a besoin de se protéger ? L'Élysée sans doute, le Benalla ayant démontré que s'il rendait des comptes à quelqu'un, ce n'était plus à Emmanuel Macron. N'a-t-il pas affirmé que ce dernier continuait de le consulter et de le solliciter ? Les liens sont donc bien réels. En outre, si le langage officiel vise désormais à pointer la responsabilité et la personnalité rebelle du personnage, de l'autre côté, l'effort de transparence n'y est pas, et transparence sans doute il n'y aura jamais, car bien trop compromettante.
Deux hypothèses sont possibles : Alexandre Benalla a seulement un ego surdimensionné, le style et la prudence du serpent en moins par rapport à son mentor, et il ne travaille que pour lui-même. Ou bien son hyperactivité, ses réseaux d'influence, son parcours tonitruant, sont au service d'intérêts plus grands que lui. Dans les deux cas, Emmanuel Macron est pris en otage par des intérêts autres que ceux du peuple français, raison suffisante pour exiger sa destitution. Même du point de vue le plus minimaliste et le plus factuel, il apparaît de façon évidente qu'il est désormais impossible qu'Emmanuel Macron gouverne sans que du Benalla vienne empoisonner l'atmosphère à intervalles réguliers. Un Président doit présider en étant libre, pas avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête ! Jamais il ne s'est vu un chef de l'Etat suspendu aux faits et gestes d'un ancien collaborateur !
Remarquons enfin, avec déception, que malgré l'excellence du travail mené par la Commission que préside M. Bas, les auditions, pas plus que la justice, ne paraissent susceptibles de faire éclater la nécessaire vérité de l'affaire Macron-Benalla.
A tous les niveaux, les scénarios semblent écrits et les schémas verrouillés, peu importent les approximations faites sous serment devant le Sénat, les contradictions, les vices de procédure, les absurdités diverses (pistolets à eau, coffres disparus, armes en libre circulation… ).
A nouveau mis en examen, Alexandre Benalla va bénéficier, à nouveau, de la protection judiciaire que lui offre ce statut. Son passage en Commission risque, hélas, de n'être encore qu'un tour de passe-passe. L'état d'esprit est donné par Raphaël Gauvain, député LREM, qui déclarait à l'occasion d'une précédente audition, qu' « Alexandre Benalla a le droit au silence. Il peut même mentir. » Sous serment devant la Haute assemblée, ce qu'il a déjà effrontément fait, ainsi que plusieurs autres.
Pour que réellement lumière soit faite, Emmanuel Macron, qui est l'auteur ultime de tous les verrouillages, doit être déchu de son immunité.
C'est en ce sens que nous demandons au Parlement de le destituer, en vertu de l'article 68 de la Constitution.
Signez et faites signer !