Petition updateDestitution d'Emmanuel MacronPourquoi nous sommes solidaires des Gilets jaunes
Destitution DU PRÉSIDENTFrance
Nov 25, 2018

Incontestablement, l'action des Gilets jaunes est en partie détournée par des groupes anarchistes violents. En leur accordant un éclairage quasi-exclusif, les médias appuient la communication du gouvernement dans la rhétorique classique du "populisme" et des "extrêmes."

Mais réduire le mouvement à ces éléments perturbateurs, qui ont le malheur de fournir des images à l'industrie médiatique et des arguments à la société de communication Macron, serait une grave erreur.

Les Gilets jaunes ne sont pas l'expression d'une contestation isolée ; il s'agit bien d'une lame de fond qui traverse le pays. La preuve la plus flagrante en est la désertion des syndicats, officines qui ne savent bloquer que dans l'esprit étroit d'un corporatisme égoïste et sectaire.

C'est ici qu'est la faute impardonnable d'Emmanuel Macron et de son clan, qui aux Français réclamant de vivre décemment, au réflexe de survie d'un peuple abusivement pressuré, offrent pour toute réponse du mépris, de la caricature et des accusations en démagogie et populisme.

Cela étant, les Gilets jaunes pour conserver leur légitimité et leur force doivent rester dignes et exemplaires. Attention donc de ne pas se tromper de combat.

La violence est à bannir absolument. Les forces de l'ordre ne doivent jamais être prises pour cibles, quand bien même la fébrilité des directives les pousse à des excès. Partisans de l'ordre et de l'autorité juste, les Gilets jaunes ne peuvent en considérer les représentants comme des ennemis. Partout en France, des citoyens ont pu expérimenter la satisfaction de manifester avec l'approbation et le soutien tacites des agents de la force publique.

Face aux débordements malheureux et inacceptables dont eu pu faire preuve plusieurs agents, gardons notre sang-froid. Nous ne savons pas à quelles pressions hiérarchiques ils sont soumis, ni quelle ivresse d'agressivité ou quel syndrome de puissance les saisit quand ils prennent une matraque en main, ou bien le joystick d'un canon à eau. Quand bien même ces actes lâches déshonorent l'institution policière ou militaire, ne perdons pas de vue que celle-ci reste une des victimes les plus exposées de la politique gouvernementale. Citoyens avant tout, policiers et gendarmes subissent eux aussi les excès de la fiscalité ; en cas de crise, le pouvoir exige jusqu'à sacrifice de leur vie ; sans compter, au quotidien, les conditions de travail exécrables engendrées par une politique sécuritaire défaillante et insincère. L'affaire Benalla a par ailleurs mis en lumière la déconnexion de la haute hiérarchie, proche du pouvoir, d'avec ses hommes. La haine anti-flics est une constante des protestations sans foi ni loi, refusons-en donc résolument le piège !

Autrement dit, rallions la police et la gendarmerie à notre cause ! Autant les voir au service du droit de manifestation que du côté de la répression. Leur concours est en outre indispensable pour appréhender lesdits éléments perturbateurs, ainsi que pour garantir le mouvement des menaces extérieures (des fanatiques détestant le peuple qui se croiraient le devoir, comme un certain Alexandre Benalla, de s'attaquer à leurs compatriotes).

C'est dans cet état d'esprit apaisé et pacifique que des voix s'élèvent pour réfléchir à des moyens de pression qui fassent le moins de victimes collatérales possible. Dans l'absolu, le blocage est condamnable en tant qu'entrave à la liberté de circulation - liberté qui, lorsqu'elle devient nécessité impérieuse en raison de n'importe quelle urgence, doit être préservée. A minima, considérons que cette action n'est pas pérenne, car elle risque à la longue de lasser les automobilistes, lesquels doivent rester les alliés naturels du mouvement. On peut parfaitement se contenter d'une simple présence aux abords des sorties d'autoroute ou des rond-points, ce qui permet d'assurer une visibilité du mouvement, en plus d'offrir des moments de cohésion et de convivialité.

De même, les entreprises, victimes elles aussi du matraquage fiscal, ont besoin de travailler pour vivre et faire vivre : il vaut mieux donc solliciter leur soutien, y compris logistique et matériel quand la possibilité s'en présente, plutôt que les pénaliser.

Bref, il vaut mieux privilégier des actions à impact ciblé. Les opérations "péages gratuits", "radars emballés" ou de blocage de centre des impôts, par exemple, sont plébiscitées par les automobilistes, et pèsent directement ou par répercussion sur les caisses de l'Etat. Les finances étant le nerf de la guerre, si elles ont réussi à mobiliser les Français, c'est aussi par elles que le Président de la République et le gouvernement doivent plier.

La France traverse sans doute un moment fort de son Histoire. La force du mépris des dirigeants peut conduire à deux scénarios antagonistes : ou bien l'étouffement et l'épuisement par asphyxie du souffle populaire ; ou bien, au contraire, une exacerbation du mécontentement populaire. Les deux cas risquant ultimement de déboucher sur une crise explosive. La responsabilité d'une éventuelle radicalisation de la contestation appartient donc uniquement à ceux qui ont le pouvoir de la mépriser, ou de l'entendre.

En tous les cas, dans l'indétermination des jours à venir, conservons une optique de long terme, cherchons la pérennité du mouvement, car le combat s'annonce long et dressé d'embûches.

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X