#DIPDELAHONTE: pour la fin du sexisme au sein de l'éducation publique genevoise!


#DIPDELAHONTE: pour la fin du sexisme au sein de l'éducation publique genevoise!
Le problème
Concerne: #DIPDELAHONTE
Chère Mme Torracenta, Cher Département de l'Instruction Publique,
Par la présente, nous souhaitons manifester notre colère et notre indignation face aux récents témoignages d’ancien.n.x.e.s et d’actuel.l.x.e.s élèves concernant les méthodes punitives sexistes et humiliantes appliquées dans les cycles d’orientation de Genève, et par conséquent, par le Département de l’Instruction Publique.
En tant qu’ancien.n.x.e.s élèves, nous avons été replongé.e.x.s dans les souvenirs d’une éducation publique (qu’elle soit primaire, obligatoire ou post-obligatoire) qui, pour beaucoup d’entre nous, a laissé des marques profondes par sa misogynie, son homophobie, son racisme, son classisme, sa grossophobie, et son validisme.
Il est inacceptable d’entendre, qu’en 2020, les pratiques dites du « T-Shirt de la honte » soient encore utilisées par l’éducation publique. Il est inadmissible qu’elles aient été utilisées ne serait-ce qu’une fois. Il est concevable de vouloir faire respecter un règlement, dans la mesure où il serait égalitaire. Il est néanmoins absolument impensable de le faire en imposant un choix entre une humiliation générale ou l’abandon d’une journée précieuse d’éducation. Il est encore plus effarant de constater que cette règle ne s’applique quasiment qu’aux jeunes fille.x.s. Iels sont plus de quatre-vingt à avoir témoigné de la violence de cette pratique auprès des créateurices du compte instagram @sexisme_geneve. Cette méthode, bien loin de faire preuve de pédagogie, enseigne aux élèves des cycles d’orientation que le corps, l’habillement et la présentation des fille.x.s peuvent et seront contrôlés, quitte à provoquer la honte de celleux à qui ces corps appartiennent, à une période cruciale et formative de leurs vies.
Ce scandale soulève une problématique plus large, celle d’un sexisme institutionnalisé et perpétué par un système éducatif censé protéger ses élèves. Les déclarations des derniers jours ont permis l’afflux de témoignages relatant les violences sexistes vécues quotidiennement au sein des institutions éducatives genevoises obligatoires et post-obligatoires. Par des regards lubriques ou des commentaires ouvertement sexuels, comportements interdits par un règlement que le corps enseignant peine visiblement à respecter , l’Instruction Publique nous a appris que nos corps sont et seront l’objet de contrôle, critiques et commentaires. Nous vous invitons à consulter le compte Instagram @balance_tonecole afin de prendre conscience de l’ampleur de ce phénomène.
Les remarques et justifications de certain.e.x.s professeur.e.x.s sont scandaleuses, inacceptables et révèlent qu’une dynamique inégalitaire est présente depuis bien trop longtemps au sein des milieux institutionnels. Imposer un habillement aux jeunes fille.x.s pour éviter que les garçons ne se déconcentrent est un commentaire qui perpétue l’hypersexualisation du corps de la femme* et qui nourrit la culture du viol. Que souhaitons-nous enseigner aux jeunes fille.x.s et garçons ? Qu’une femme* est un objet de désir, que sa tenue est un argument on ne peut plus suffisant pour légitimer une humiliation publique? Que leur éducation est facultative, qu’iels sont responsables et qu’iels le seront quoi qu’iels fassent? Qu’iels doivent s’effacer, s’excuser et disparaître sous un t-shirt beaucoup trop grand afin d’être accepté.e.x.s dans l’espace public? Comment justifiez-vous l’incompétence de votre Département en ce qui concerne la protection physique et psychologique de ces jeunes fille.x.s? Comment pouvez-vous ensuite prétendre que les adolescent.e.x.s genevois.e.x.s se développent dans un cadre scolaire harmonieux?
Nous sommes également par la réponse impersonnelle, bancale et impertinente du DIP, portée par son porte-parole, Pierre-Antoine Preti et relatée dans le Courrier: « La question de la tenue vestimentaire dans les écoles du canton de Genève est régie par la loi sur l’instruction publique qui stipule que les élèves portent une tenue vestimentaire correcte et adaptée au cadre scolaire. Davantage de détails sur ce que l’on entend par ‘tenue correcte’ peuvent être mentionnés dans des règlements internes aux établissements». Un discours des plus sophistiques qui montre que ce règlement non seulement facilite les discriminations genrées mais que son application résulte en des méthodes sexistes, reposant sur la sexualisation précoce des jeunes fille.x.s. Il en va de même pour votre intervention au journal du 19:30 de la RTS. Il est inconcevable que vous soyez persuadée que l’application du règlement vestimentaire ne diffère en aucun cas en fonction du genre, alors même que cela a été montré empiriquement à maintes et maintes reprises. Il n’y a qu’à compter le nombre d’élèves masculins et féminins qui font les frais du “T-Shirt de la honte” à Pinchat cette rentrée (10-2) pour s’en rendre compte. Les témoignages recueillis soulignent de manière explicite un traitement différentiel variant en fonction du genre. Nous savons pertinemment que les jeunes hommes* portant une casquette, un marcel ou dont les caleçons dépassent ne subissent que rarement, voire jamais, la punition “du T-Shirt de la honte”. Iels ne subissent pas d'humiliation et peuvent tranquillement continuer leur éducation.
Nous vous rappelons ici l’importance de croire les paroles de celleux qui témoignent, même si leurs voix vous accablent. L’heure est à la remise en question.
L’heure est à l’apprentissage. L’heure est au changement.
De ce fait, voici nos revendications:
- Un abandon absolu et immédiat de l’utilisation de cette méthode extrême, violente et dangereuse pour le bon développement psychologique de la jeunesse
- Une révision du règlement vestimentaire et de son application, accompagnée par des associations féministes et pédagogiques, afin d’en garantir une application égalitaire et non-violente.
- Une formation obligatoire sérieuse, extensive et effective pour le corps enseignant dans son entièreté accompagnée d’associations féministes, visant à instruire et sensibiliser chaque membre sur les questions de discriminations de tout type, sexistes y compris.
- Que des sanctions soient établies en cas d’abus de pouvoir et/ou de harcèlement sexiste, homophobe, raciste, classiste, grossophobe et validiste de la part des membres de l’Instruction Publique
- Des excuses publiques et médiatisées de la part du DIP pour cette erreur grave et condamnable, par respect aux jeunes fille.x.s victimes de la punition abusive et irrationnelle du “T-shirt de la honte"
Pour les nombreuses raisons que nous avons abordées et développées dans cette lettre, la situation actuelle des établissements scolaires est inadmissible. Entendez bien que nous ne comptons pas abandonner nos revendications jusqu'à qu’elles soient prises en compte et que notre voix rejoint celles d’une multitude de parents, élèves et journalistes indigné.e.x.s. Entendez aussi que cette aberration ne sera pas tue, qu’elle ne sera pas oubliée, que votre faute de bon sens sera imprégnée dans nos mémoires et que la confiance en votre aptitude, ainsi qu’à celle de votre équipe, à régir l’instruction publique sera grandement affaiblie.
Nous sommes enragé.e.x.s. Nous sommes légitimes. Nous exigeons du changement.
Le problème
Concerne: #DIPDELAHONTE
Chère Mme Torracenta, Cher Département de l'Instruction Publique,
Par la présente, nous souhaitons manifester notre colère et notre indignation face aux récents témoignages d’ancien.n.x.e.s et d’actuel.l.x.e.s élèves concernant les méthodes punitives sexistes et humiliantes appliquées dans les cycles d’orientation de Genève, et par conséquent, par le Département de l’Instruction Publique.
En tant qu’ancien.n.x.e.s élèves, nous avons été replongé.e.x.s dans les souvenirs d’une éducation publique (qu’elle soit primaire, obligatoire ou post-obligatoire) qui, pour beaucoup d’entre nous, a laissé des marques profondes par sa misogynie, son homophobie, son racisme, son classisme, sa grossophobie, et son validisme.
Il est inacceptable d’entendre, qu’en 2020, les pratiques dites du « T-Shirt de la honte » soient encore utilisées par l’éducation publique. Il est inadmissible qu’elles aient été utilisées ne serait-ce qu’une fois. Il est concevable de vouloir faire respecter un règlement, dans la mesure où il serait égalitaire. Il est néanmoins absolument impensable de le faire en imposant un choix entre une humiliation générale ou l’abandon d’une journée précieuse d’éducation. Il est encore plus effarant de constater que cette règle ne s’applique quasiment qu’aux jeunes fille.x.s. Iels sont plus de quatre-vingt à avoir témoigné de la violence de cette pratique auprès des créateurices du compte instagram @sexisme_geneve. Cette méthode, bien loin de faire preuve de pédagogie, enseigne aux élèves des cycles d’orientation que le corps, l’habillement et la présentation des fille.x.s peuvent et seront contrôlés, quitte à provoquer la honte de celleux à qui ces corps appartiennent, à une période cruciale et formative de leurs vies.
Ce scandale soulève une problématique plus large, celle d’un sexisme institutionnalisé et perpétué par un système éducatif censé protéger ses élèves. Les déclarations des derniers jours ont permis l’afflux de témoignages relatant les violences sexistes vécues quotidiennement au sein des institutions éducatives genevoises obligatoires et post-obligatoires. Par des regards lubriques ou des commentaires ouvertement sexuels, comportements interdits par un règlement que le corps enseignant peine visiblement à respecter , l’Instruction Publique nous a appris que nos corps sont et seront l’objet de contrôle, critiques et commentaires. Nous vous invitons à consulter le compte Instagram @balance_tonecole afin de prendre conscience de l’ampleur de ce phénomène.
Les remarques et justifications de certain.e.x.s professeur.e.x.s sont scandaleuses, inacceptables et révèlent qu’une dynamique inégalitaire est présente depuis bien trop longtemps au sein des milieux institutionnels. Imposer un habillement aux jeunes fille.x.s pour éviter que les garçons ne se déconcentrent est un commentaire qui perpétue l’hypersexualisation du corps de la femme* et qui nourrit la culture du viol. Que souhaitons-nous enseigner aux jeunes fille.x.s et garçons ? Qu’une femme* est un objet de désir, que sa tenue est un argument on ne peut plus suffisant pour légitimer une humiliation publique? Que leur éducation est facultative, qu’iels sont responsables et qu’iels le seront quoi qu’iels fassent? Qu’iels doivent s’effacer, s’excuser et disparaître sous un t-shirt beaucoup trop grand afin d’être accepté.e.x.s dans l’espace public? Comment justifiez-vous l’incompétence de votre Département en ce qui concerne la protection physique et psychologique de ces jeunes fille.x.s? Comment pouvez-vous ensuite prétendre que les adolescent.e.x.s genevois.e.x.s se développent dans un cadre scolaire harmonieux?
Nous sommes également par la réponse impersonnelle, bancale et impertinente du DIP, portée par son porte-parole, Pierre-Antoine Preti et relatée dans le Courrier: « La question de la tenue vestimentaire dans les écoles du canton de Genève est régie par la loi sur l’instruction publique qui stipule que les élèves portent une tenue vestimentaire correcte et adaptée au cadre scolaire. Davantage de détails sur ce que l’on entend par ‘tenue correcte’ peuvent être mentionnés dans des règlements internes aux établissements». Un discours des plus sophistiques qui montre que ce règlement non seulement facilite les discriminations genrées mais que son application résulte en des méthodes sexistes, reposant sur la sexualisation précoce des jeunes fille.x.s. Il en va de même pour votre intervention au journal du 19:30 de la RTS. Il est inconcevable que vous soyez persuadée que l’application du règlement vestimentaire ne diffère en aucun cas en fonction du genre, alors même que cela a été montré empiriquement à maintes et maintes reprises. Il n’y a qu’à compter le nombre d’élèves masculins et féminins qui font les frais du “T-Shirt de la honte” à Pinchat cette rentrée (10-2) pour s’en rendre compte. Les témoignages recueillis soulignent de manière explicite un traitement différentiel variant en fonction du genre. Nous savons pertinemment que les jeunes hommes* portant une casquette, un marcel ou dont les caleçons dépassent ne subissent que rarement, voire jamais, la punition “du T-Shirt de la honte”. Iels ne subissent pas d'humiliation et peuvent tranquillement continuer leur éducation.
Nous vous rappelons ici l’importance de croire les paroles de celleux qui témoignent, même si leurs voix vous accablent. L’heure est à la remise en question.
L’heure est à l’apprentissage. L’heure est au changement.
De ce fait, voici nos revendications:
- Un abandon absolu et immédiat de l’utilisation de cette méthode extrême, violente et dangereuse pour le bon développement psychologique de la jeunesse
- Une révision du règlement vestimentaire et de son application, accompagnée par des associations féministes et pédagogiques, afin d’en garantir une application égalitaire et non-violente.
- Une formation obligatoire sérieuse, extensive et effective pour le corps enseignant dans son entièreté accompagnée d’associations féministes, visant à instruire et sensibiliser chaque membre sur les questions de discriminations de tout type, sexistes y compris.
- Que des sanctions soient établies en cas d’abus de pouvoir et/ou de harcèlement sexiste, homophobe, raciste, classiste, grossophobe et validiste de la part des membres de l’Instruction Publique
- Des excuses publiques et médiatisées de la part du DIP pour cette erreur grave et condamnable, par respect aux jeunes fille.x.s victimes de la punition abusive et irrationnelle du “T-shirt de la honte"
Pour les nombreuses raisons que nous avons abordées et développées dans cette lettre, la situation actuelle des établissements scolaires est inadmissible. Entendez bien que nous ne comptons pas abandonner nos revendications jusqu'à qu’elles soient prises en compte et que notre voix rejoint celles d’une multitude de parents, élèves et journalistes indigné.e.x.s. Entendez aussi que cette aberration ne sera pas tue, qu’elle ne sera pas oubliée, que votre faute de bon sens sera imprégnée dans nos mémoires et que la confiance en votre aptitude, ainsi qu’à celle de votre équipe, à régir l’instruction publique sera grandement affaiblie.
Nous sommes enragé.e.x.s. Nous sommes légitimes. Nous exigeons du changement.
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Pétition lancée le 28 septembre 2020