Les personnalités extérieures imposent la réélection du président de l’UGA
Le président sortant de l’Université Grenoble Alpes (UGA) vient d’être élu au deuxième tour, après être arrivé en tête d’une voix au premier tour. Selon l’analyse de l’équipe de son rival, il doit sa position au premier tour au vote « massif en sa faveur » des personnalités extérieures, parmi lesquelles les représentants de cinq organismes nationaux de recherche (ONR), CEA, INRAE, INRIA, INSERM (le CNRS ayant fait savoir qu’il s’abstiendrait au premier tour) et de trois collectivités territoriales (Région Auvergne Rhône Alpes, Métro Grenoble, Valence Romans Agglo). Pour une majorité de ces organismes et collectivités territoriales, il est donc possible de soutenir l’élection d’un président qui dans son mandat précédent avait non seulement refusé de mettre en œuvre les recommandations explicites des instances déontologiques, mais aussi violé le code de l’éducation. Cette violation évidente a conduit à l’annulation des élections par le tribunal administratif, car le président sortant « garant du processus électoral », n’avait pas vu le moindre problème à l’envoi à environ 300 personnes d’un message mettant gravement en cause un collègue, sur la base d’allégations graves, mais non étayées par la mention du moindre fait, et encore moins validées par les instances compétentes. Interrogé à ce sujet lors d’un débat public le 14 mai, le président sortant a refusé de s’expliquer sur le contenu de ce message et de présenter ses excuses aux victimes de ce message. Il a réitéré ce refus ce matin devant le CA de l’UGA. Le choix des personnels et des étudiant.e.s de l’UGA était pourtant très clair : si eux seuls avaient participé à l’élection du président, le rival du président sortant aurait été largement élu. Il aurait suffi au premier tour qu’une des personnalités extérieures qui a voté pour le président sortant choisisse de voter pour son rival pour que soit respecté le vote des personnels et des étudiant.e.s. La responsabilité des ONR dans cette élection est donc considérable : les ONR qui ont voté pour lui au premier tour signalent à toute la communauté académique que des comportements tels que ceux du président sortant ne sont pas graves, en tout cas pas incompatibles avec le rôle de « garant de l’intégrité scientifique de son établissement » dévolu par les textes en vigueur au président d’une université. Il apparaît que les membres extérieurs siégeant au conseil d’administration des universités peuvent s’opposer aux choix démocratiquement exprimés, fût-ce au prix d’arrangements avec la déontologie. L’hypocrisie en matière de déontologie académique a donc encore de très beaux jours devant elle en France !