
Malgré la mobilisation des associations, l’intervention de nombreux.ses élu.e.s et parlementaires ainsi que vos milliers de soutien enregistrés sur cette pétition, le gouvernement et Mme Elisabeth Moreno, Ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, ont décidé de lancer l’appel pour un marché public pour la gestion du "3919 - Violences Femmes Info". Cette ligne d’écoute nationale pour les femmes victimes de violences,a été créée, animée et gérée depuis 30 ans par la Fédération Nationale Solidarité Femmes que je préside (FNSF).
Ce projet de marché public est très éloigné de l’approche féministe actuelle du 3919 car, comme nous le craignions, il est principalement axé sur des aspects quantitatifs et fait craindre une détérioration majeure de ce service à destination des femmes. Notre inquiétude est d’autant plus vive que cette annonce intervient au moment où le 3919 et ses écoutantes sont plus sollicités que jamais. La FNSF avec son équipe a ainsi assuré avec efficacité la réponse aux femmes victimes en prenant en charge près de 100 000 appels en 2020 soit + 20% comparé à 2019.
Contrairement aux affirmations du gouvernement, le lancement d’un marché public n’est pas obligatoire pour la gestion du 3919. Solidarité Femmes et de nombreuses associations partenaires regrettent profondément que le gouvernement n’ait pas entendu les appels répétés pour que ce service d’écoute continue d’être soutenu dans le cadre d’une subvention à la FNSF.
Au lieu de pérenniser ce partenariat, que l’ensemble du secteur demandait, et qui aurait apporté la garantie d’une continuité dans la qualité de l’écoute, du soutien psychologique, social et juridique des femmes victimes de violences sexistes, l’État a donc lancé une procédure de marché public, impliquant la mise en concurrence des associations, fondations et entreprises de l’économie sociale et solidaire.
Les médias en parlent largement aujourd'hui, à nous d’en parler à toutes les femmes, à nos amies, à nos élu.e.s pour demander le retrait du marché public et le retour à une subvention publique qui permettent à la FNSF de poursuivre et développer leur travail d’accompagnement des femmes. Les violences faites aux femmes ne sont pas un marché à prendre mais un phénomène de société à combattre !
Il n’est pas trop tard et le marché peut encore être retiré mais pour cela nous avons besoin d’amplifier la mobilisation avant le 1er février en faisant entendre fermement nos voix aux responsables politiques, en particulier le Président Emmanuel Macron, le Premier ministre Jean Castex, les Ministres Elisabeth Moreno et Marlène Schiappa, sur les réseaux sociaux avec #SauvonsLe3919 et en partageant cette pétition https://www.change.org/SavonsLe3919 pour lui permettre d’atteindre les 100,000 signatures.
En vous remerciant de votre soutien,
Dominique Guillien-Issenmann, présidente de la Fédération nationale Solidarité Femmes