
«On se demande si c’est à notre tour»: un refuge pour itinérants près de cinq écoles primaires
ANOUK LEBEL I Dimanche, 2 juin 2024
Des citoyens d’un secteur familial de Rosemont s’inquiètent que leurs enfants soient les prochains à cohabiter avec des itinérants quand une église sera convertie en refuge à proximité de cinq écoles primaires.
«C’est inquiétant pour la sécurité. J’ai peur des seringues, des excréments humains, des gestes indécents, des personnes qui sont en crise parce qu’ils se font refuser un lit», lance sans détour Geneviève Proulx.
La mère de deux enfants de 8 et 11 ans habite tout près de l’église Sainte-Bibiane, près de l’intersection du boulevard Saint-Michel et de la rue Dandurand, dans l’arrondissement Rosemont-La Petite Patrie.
La Ville de Montréal est en processus d’acquisition de l’édifice pour en faire un service d’hébergement permanent de 30 lits, ouvert 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.
Inquiétude
Dans le quartier, l’inquiétude gronde, surtout depuis que les problèmes de cohabitation entre les enfants et les itinérants font la manchette au centre-ville et près d’un nouveau centre d’inhalation supervisé à Saint-Henri.
Depuis janvier, plus de 1050 personnes ont signé une pétition pour avoir davantage d’information et se faire entendre par les élus.
«On voit ce qui se passe ailleurs et on se demande si c’est à notre tour. Est-ce que c’est une loterie? Est-ce que c’est uniquement parce qu’il y a un bâtiment vacant, sans faire l’étude de quartier?», demande le porte-parole du groupe à l’origine de la pétition, Simon Lévesque.
Il fait valoir qu’il y a cinq écoles primaires dans ce secteur où les ruelles vertes abondent et où plus de 17,5% de la population est composée d’enfants de moins de 14 ans.
Crise
Montréal est aux prises avec une «crise» de l’itinérance qui a bondi de 33% dans les dernières années, souligne l’élu municipal responsable du dossier, Robert Beaudry.
Il précise que la Ville cherche des bâtiments en tenant compte de plusieurs critères, dont la taille, les besoins et la proximité du transport collectif.
«Si en plus de ça, il ne faut pas que ça soit près d’une école, ou d’un CPE, il y a des quartiers où ce serait impossible d’en ouvrir alors que les besoins sont là. Il y a de la pauvreté sur le Plateau Mont-Royal, dans Rosemont», dit-il.
Il souligne que les préoccupations des citoyens seront entendues dans le cadre d’un comité de bon voisinage une fois que le processus d’achat sera complété, à un moment qui reste à déterminer.
La Ville vise une ouverture du refuge au début de l’année 2025.