Conservatoire Botanique : NON au renvoi d'une salariée après 12ans de contrats précaires !

Le problème

Illustration : Photo de Véronique prise lors de son dernier jour de travail.

C'est un scandale.

Un scandale de ceux dont on entend parler dans les grandes entreprises et chez des patrons peu scrupuleux du bien-être de leurs employé·e·s.

Mais celui-ci a lieu tout prêt. Au nom de la solidarité qui existe sur notre territoire, nous ne pouvons et ne devons pas l’ignorer.

Habitantes et habitants de la Haute-Loire, prenez connaissance de cette histoire et mobilisez-vous pour nous aider à obtenir justice pour Véronique.

--- Petits contrats : Quand ancienneté ne rime pas avec stabilité ---

Véronique HAMANDJIAN est géomaticienne : son métier est de produire des contenus cartographiques. Depuis plus de 12 ans, elle est employée comme technicienne en géomatique au Conservatoire Botanique National du Massif Central (CBNMC). Son rôle est de traiter des données en vue de créer des cartes de végétations et d’habitats, utiles au recensement et à la préservation des variétés végétales locales.

Son emploi au CBNMC a commencé en 2010 avec un contrat en CDD de quelques mois. Reconnue travailleuse handicapée en 2011 suite à une maladie auto-immune, son poste a été aménagé en 20h hebdomadaires et adapté au télétravail pour qu’elle puisse exercer depuis son domicile. De surcroît, depuis 3 ans, Véronique doit être sous assistance respiratoire durant 15 à 24h par jour.

Son employeur prolonge ses contrats en CAE pendant 5 ans, par tranches de 6 à 12 mois chacun (Contrat d’Accompagnement à l’Embauche : un type de contrat supposé aboutir à la création d'un poste pérenne). Passé ces 5 ans, Véronique reste au CBNMC sur le même poste mais se met à enchaîner les contrats en CDD, comme d’autres de ses collègues. Cependant, au fil du temps, ses collègues se voient passer en CDI les uns après les autres. Les nouvelles embauches continuent de se faire en CDD, mais Véronique est bientôt la seule « ancienne » à avoir encore ce statut précaire... Jusqu’à ce qu’elle reçoive cette année une convocation spéciale de réunion avec la direction.

--- Une annonce de fin de travail violente et déshumanisante ---

Durant cette réunion le 8 mars 2023, la direction lui annonce la non-reconduction de son contrat de travail. "Nous ne remettons pas en cause vos compétences », lui disent ses employeurs, "mais il n’y a plus suffisamment de travail en géomatique pour vous désormais". Véronique suffoque. Augmente l’oxygène de sa machine. Les employeurs se lèvent, indifférents, et sortent de la salle. Seule reste avec elle sa supérieure hiérarchique, solidaire, mais démunie. La réunion n’aura duré que quelques minutes.

--- Un argument discutable ---

Plus suffisamment de travail pour elle ? Certes, les répartitions des tâches ont changé, si bien que Véronique faisait de moins en moins de géomatique depuis deux ans. Elle s’en était d’ailleurs inquiétée, et s’interrogeait sur les intentions de sa hiérarchie, d’autant que ses demandes de formations restaient lettres mortes. Mais elle se rassurait en constatant qu’elle ne manquait pas de travail pour autant, assumant de nombreuses autres charges en compensation. Des tâches nécessaires, sur lesquelles son expérience et son expertise étaient reconnues. Ses collègues n’en reviennent d’ailleurs pas : "Du travail à faire," lui disent-ils, "on en trouve toujours à te donner, et sans problème !" Et comment se passer d’elle, si ce n’est en reportant sa charge de travail sur les autres, déjà bien occupé·e·s ? Incompréhension et indignation au sein de l’équipe, qui compte une partie de contractuel·le·s comme Véronique…

--- Une motivation bien différente ? ---

Devant une telle situation, on peut s’interroger sur la vraie raison de son éviction. En effet, dans son statut de contrat, pas de cumul d’ancienneté, pas de droit aux même formations que les titulaires / CDI, pas de crédit congés… et autres joyeusetés. Une situation "tout bénèf’" pour le CBNMC qui, s’il avait dû la passer titulaire de son poste, aurait été forcé de le faire selon le cadre légal de technicienne catégorie B. Le Conservatoire aurait-il cherché à faire dans l’économie sur le dos de son employée ? S'agit-il d'une discrimination au handicap ?

--- Un départ, oui et… discret, s’il vous plaît ! ---

Traditionnellement, les collègues de Véronique en fin de contrat – même celles et ceux qui n’avaient qu’un an d’ancienneté – se voyaient proposer un « pot de départ » par le CBNMC. Un temps nécessaire, ne serait-ce qu’en terme de reconnaissance, pour dire au revoir à ses collègues, pour rendre hommage aux souvenirs vécus ensemble, et pour faire honneur à la personne qui s’en va. Mais pas de cela pour Véronique. Ses collègues n’ont été officiellement prévenu·e·s par la hiérarchie que trois jours avant son départ, par email : un peu court pour organiser quoi que ce soit ! Ou, d’ailleurs, pour protester contre quoi que ce soit… Il était sans doute facile de songer à l’évincer sans provoquer trop de vagues : elle qui passait si peu de temps en présentiel sur le site, puisqu’en télétravail, son départ serait presque passé inaperçu.

PRESQUE.

                               --- NOS REVENDICATIONS ---

Cette pétition est rédigée par un collectif composé de citoyennes et citoyens solidaires qui ont eu vent de l’histoire de Véronique, et ont décidé de ne pas rester les bras croisés. Nous, habitantes et habitants du territoire de l’ouest de la Haute-Loire et de plus loin, sommes scandalisé·e·s par la façon dont le CBNMC traite son employée, sans aucun des égards qui devraient lui être dus. Nous avons le sentiment que le Conservatoire Botanique a cherché, 12 ans durant, à exploiter Mme HAMANDJIAN, ses compétences, son statut de contractuelle et sa situation de travailleuse handicapée, tout en la maintenant dans la pauvreté et la précarité pendant des années. De surcroît, le manque de reconnaissance, de considération et d’empathie pour elle en cette situation de fin de contrat nous révolte.

Nous sommes les visiteuses et visiteurs de la fête des plantes, nous sommes le public qui assiste à vos conférences, nous sommes les partenaires et soutiens locaux de vos animations ; et aujourd’hui, nous exigeons de vous que vous traitiez avec humanités vos salarié·e·s. Le CBNMC a toujours fait la fierté du territoire, et se doit d’être à la hauteur de ce qu’il représente. Nous n’acceptons pas que ce genre de traitement puisse exister dans un établissement tel que le vôtre. Notre soutien de toujours, aujourd’hui, vous oblige.

Nous réclamons au Conservatoire Botanique National :

  • La ré-intégration de Véronique HAMANDJIAN dans ses fonctions au sein de l’équipe du CBNMC
  • Sa titularisation en tant que technicienne catégorie B
  • La prise en compte de ses 12 années d’ancienneté dans le montant sa rémunération.

A minima, le CBNMC est moralement redevable du paiement de ses indemnités de précarité sur les 12 années de son travail dans l'organisme.

Soyez assuré·e·s que nous suivons cette affaire. Dans l'attente de la résolution de cette situation, nous adressons à Véronique notre soutien entier et total.

                                                                        Le Collectif de soutien à Véronique.

______________________________________________

Jeudi 20 juillet 2023 :

*** Mise à jour, infos et erratum ***

Au sommaire :

  • Remerciements !
  • Double erratum
  • Certains commentaires...
  • Prud’Hommes ?

Bonjour à toutes et tous,

Merci infiniment pour votre soutien à la pétition « Conservatoire Botanique : NON au renvoi d'une salariée après 12 ans de contrats précaires ! » que nous avons mise en ligne le le 30 juin !

Par ce communiqué, nous vous donnons quelques nouvelles...

--- Remerciements ! ---

Ce mercredi 12 juillet, nous avons eu le choc incroyable de découvrir que la pétition en ligne avait fait un bond spectaculaire, passant de moins de mille signatures la veille à presque vingt mille soutiens en l’espace de quelques heures. Nous avons eu peine à y croire car nous ne nous attendions pas du tout à ce que notre démarche de protestation dépasse les frontières de notre petit territoire ! À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous atteignons les 23 313 signatures... Nous adressons nos profonds remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont relayé l’information de cette situation, lui offrant une portée qui est allée bien au-delà de nos espérances…

--- Double erratum ---

En parallèle de toutes ces signatures sont arrivées plusieurs questions et réactions, que ce soit par commentaires ou par mails ; et nous souhaitons les aborder avec vous, notamment deux erratum qui, s’ils ne changent pas fondamentalement le cœur du propos, sont tout de même très importants. Or force est de constater que nos nombreuses relectures ont laissé passer des approximations malvenues qui, de fait, rendent deux de nos informations incorrectes.

- Salaire -

L’une des questions récurrentes a porté sur le salaire de Véronique. Devant cette réaction d’étonnement répétée, nous sommes allé·e·s revérifier cette information. Il apparaît qu’elle n’était pas exacte. Après revérification auprès de Véronique, son indice de rémunération était en fait quelque peu supérieur à l’indice du SMIC. Pourquoi cette erreur ? Déjà à cause d’un abus de langage (dire « au SMIC » au lieu de « presque au SMIC »…) que nous avons pris au pied de la lettre ; d’autre part certainement à cause de l’émotion difficile dans laquelle était Véronique lorsque le collectif a recueilli son témoignage. Mais ce n’est pas une raison suffisante et nous, le collectif, aurions dû faire davantage attention car la précision est très importante dans une telle démarche.

- CDI -

De même, il apparaît qu’au travail ses collègues de même ancienneté n’obtenaient pas exactement le statut de « titulaires » mais de « salarié·e·s en CDI ». Une différence mineure pour ce qui nous occupe mais là aussi, les mots sont importants. Cette approximation nous est imputable : nous avions mal compris ce système de contrats dans la Fonction Publique Territoriale.

Cette double maladresse de discours aurait d’autant plus pu être évitée qu’elle ne change pas significativement la nature de notre protestation, mais pourrait changer en revanche le regard qu’on porte sur notre sérieux. Pour cela, nous adressons nos sincères excuses à toutes celles et ceux qui nous liront.

La pétition ci-dessus a été modifiée pour correspondre à ces rectificatifs, afin d’être la plus juste possible dans la mesure où celle-ci continue de recueillir des signatures.

— Certains commentaires… ---

Comme mentionné plus haut, d’une petite protestation locale, notre initiative a pris une portée nationale : un peu étourdi·e·s par ce succès, à la fois nous nous en réjouissons, et à la fois cela comporte une certaine dimension effrayante. Cette dernière est liée à la nature du support Internet, avec laquelle il faut toujours faire preuve de prudence et de recul. En l’occurrence certains commentaires (heureusement minoritaires) contenaient des propos injurieux à l’encontre des personnes composant la direction du CBNMC, et des mots très agressifs ont été écrits par quelques internautes. Lorsque en avons pris connaissance, nous avons choisi de les supprimer.

Car si nous comprenons ce type réaction dans le fond (puisque nous aussi, la situation nous révolte), nous ne pouvons pas en cautionner la forme : les injures faites aux personnes. L’intention du collectif n’était pas de protester par la mise en cause des individus qui forment la direction du CBNMC, mais de protester contre la décision d’un groupe de direction dans un cadre professionnel. Pour nous, obtenir justice pour Véronique signifiera obtenir réparation de la part de l’établissement. C’est ce que montrent nos revendications, qui ne visent jamais des individus.

Nous appelons donc les personnes à faire preuve de mesure et à ne pas inciter à la haine sur Internet.

— Prud’hommes ? ---

Enfin, vous avez été très nombreux et nombreuses à nous poser la question d’un recours auprès des Prud’Hommes. Une telle décision appartient à Véronique, qui commence tout juste à se relever du choc de son renvoi. À l’échelle du collectif, notre rôle est uniquement de faire montre d’une solidarité de groupe avec elle, quelles que soient ses décisions. La démarche de porter une situation devant la justice requiert beaucoup d’énergie (surtout en cette période de canicule qui lui cause beaucoup de difficultés) ; mais dans tous les cas le sujet est abordé et nous vous remercions pour vos nombreux conseils en ce sens.

Par ailleurs, une résolution à l’amiable est peut-être encore possible…

À ce jour, le collectif n’a pas encore reçu de réponse de la part du CBNMC.

Nous vous souhaitons à toutes et tous une très belle soirée, et vous remercions encore pour votre grande solidarité à l’égard de cette situation.

À très bientôt,

Cordialement

                                                                    Le Collectif de soutien à Véronique.

23 863

Le problème

Illustration : Photo de Véronique prise lors de son dernier jour de travail.

C'est un scandale.

Un scandale de ceux dont on entend parler dans les grandes entreprises et chez des patrons peu scrupuleux du bien-être de leurs employé·e·s.

Mais celui-ci a lieu tout prêt. Au nom de la solidarité qui existe sur notre territoire, nous ne pouvons et ne devons pas l’ignorer.

Habitantes et habitants de la Haute-Loire, prenez connaissance de cette histoire et mobilisez-vous pour nous aider à obtenir justice pour Véronique.

--- Petits contrats : Quand ancienneté ne rime pas avec stabilité ---

Véronique HAMANDJIAN est géomaticienne : son métier est de produire des contenus cartographiques. Depuis plus de 12 ans, elle est employée comme technicienne en géomatique au Conservatoire Botanique National du Massif Central (CBNMC). Son rôle est de traiter des données en vue de créer des cartes de végétations et d’habitats, utiles au recensement et à la préservation des variétés végétales locales.

Son emploi au CBNMC a commencé en 2010 avec un contrat en CDD de quelques mois. Reconnue travailleuse handicapée en 2011 suite à une maladie auto-immune, son poste a été aménagé en 20h hebdomadaires et adapté au télétravail pour qu’elle puisse exercer depuis son domicile. De surcroît, depuis 3 ans, Véronique doit être sous assistance respiratoire durant 15 à 24h par jour.

Son employeur prolonge ses contrats en CAE pendant 5 ans, par tranches de 6 à 12 mois chacun (Contrat d’Accompagnement à l’Embauche : un type de contrat supposé aboutir à la création d'un poste pérenne). Passé ces 5 ans, Véronique reste au CBNMC sur le même poste mais se met à enchaîner les contrats en CDD, comme d’autres de ses collègues. Cependant, au fil du temps, ses collègues se voient passer en CDI les uns après les autres. Les nouvelles embauches continuent de se faire en CDD, mais Véronique est bientôt la seule « ancienne » à avoir encore ce statut précaire... Jusqu’à ce qu’elle reçoive cette année une convocation spéciale de réunion avec la direction.

--- Une annonce de fin de travail violente et déshumanisante ---

Durant cette réunion le 8 mars 2023, la direction lui annonce la non-reconduction de son contrat de travail. "Nous ne remettons pas en cause vos compétences », lui disent ses employeurs, "mais il n’y a plus suffisamment de travail en géomatique pour vous désormais". Véronique suffoque. Augmente l’oxygène de sa machine. Les employeurs se lèvent, indifférents, et sortent de la salle. Seule reste avec elle sa supérieure hiérarchique, solidaire, mais démunie. La réunion n’aura duré que quelques minutes.

--- Un argument discutable ---

Plus suffisamment de travail pour elle ? Certes, les répartitions des tâches ont changé, si bien que Véronique faisait de moins en moins de géomatique depuis deux ans. Elle s’en était d’ailleurs inquiétée, et s’interrogeait sur les intentions de sa hiérarchie, d’autant que ses demandes de formations restaient lettres mortes. Mais elle se rassurait en constatant qu’elle ne manquait pas de travail pour autant, assumant de nombreuses autres charges en compensation. Des tâches nécessaires, sur lesquelles son expérience et son expertise étaient reconnues. Ses collègues n’en reviennent d’ailleurs pas : "Du travail à faire," lui disent-ils, "on en trouve toujours à te donner, et sans problème !" Et comment se passer d’elle, si ce n’est en reportant sa charge de travail sur les autres, déjà bien occupé·e·s ? Incompréhension et indignation au sein de l’équipe, qui compte une partie de contractuel·le·s comme Véronique…

--- Une motivation bien différente ? ---

Devant une telle situation, on peut s’interroger sur la vraie raison de son éviction. En effet, dans son statut de contrat, pas de cumul d’ancienneté, pas de droit aux même formations que les titulaires / CDI, pas de crédit congés… et autres joyeusetés. Une situation "tout bénèf’" pour le CBNMC qui, s’il avait dû la passer titulaire de son poste, aurait été forcé de le faire selon le cadre légal de technicienne catégorie B. Le Conservatoire aurait-il cherché à faire dans l’économie sur le dos de son employée ? S'agit-il d'une discrimination au handicap ?

--- Un départ, oui et… discret, s’il vous plaît ! ---

Traditionnellement, les collègues de Véronique en fin de contrat – même celles et ceux qui n’avaient qu’un an d’ancienneté – se voyaient proposer un « pot de départ » par le CBNMC. Un temps nécessaire, ne serait-ce qu’en terme de reconnaissance, pour dire au revoir à ses collègues, pour rendre hommage aux souvenirs vécus ensemble, et pour faire honneur à la personne qui s’en va. Mais pas de cela pour Véronique. Ses collègues n’ont été officiellement prévenu·e·s par la hiérarchie que trois jours avant son départ, par email : un peu court pour organiser quoi que ce soit ! Ou, d’ailleurs, pour protester contre quoi que ce soit… Il était sans doute facile de songer à l’évincer sans provoquer trop de vagues : elle qui passait si peu de temps en présentiel sur le site, puisqu’en télétravail, son départ serait presque passé inaperçu.

PRESQUE.

                               --- NOS REVENDICATIONS ---

Cette pétition est rédigée par un collectif composé de citoyennes et citoyens solidaires qui ont eu vent de l’histoire de Véronique, et ont décidé de ne pas rester les bras croisés. Nous, habitantes et habitants du territoire de l’ouest de la Haute-Loire et de plus loin, sommes scandalisé·e·s par la façon dont le CBNMC traite son employée, sans aucun des égards qui devraient lui être dus. Nous avons le sentiment que le Conservatoire Botanique a cherché, 12 ans durant, à exploiter Mme HAMANDJIAN, ses compétences, son statut de contractuelle et sa situation de travailleuse handicapée, tout en la maintenant dans la pauvreté et la précarité pendant des années. De surcroît, le manque de reconnaissance, de considération et d’empathie pour elle en cette situation de fin de contrat nous révolte.

Nous sommes les visiteuses et visiteurs de la fête des plantes, nous sommes le public qui assiste à vos conférences, nous sommes les partenaires et soutiens locaux de vos animations ; et aujourd’hui, nous exigeons de vous que vous traitiez avec humanités vos salarié·e·s. Le CBNMC a toujours fait la fierté du territoire, et se doit d’être à la hauteur de ce qu’il représente. Nous n’acceptons pas que ce genre de traitement puisse exister dans un établissement tel que le vôtre. Notre soutien de toujours, aujourd’hui, vous oblige.

Nous réclamons au Conservatoire Botanique National :

  • La ré-intégration de Véronique HAMANDJIAN dans ses fonctions au sein de l’équipe du CBNMC
  • Sa titularisation en tant que technicienne catégorie B
  • La prise en compte de ses 12 années d’ancienneté dans le montant sa rémunération.

A minima, le CBNMC est moralement redevable du paiement de ses indemnités de précarité sur les 12 années de son travail dans l'organisme.

Soyez assuré·e·s que nous suivons cette affaire. Dans l'attente de la résolution de cette situation, nous adressons à Véronique notre soutien entier et total.

                                                                        Le Collectif de soutien à Véronique.

______________________________________________

Jeudi 20 juillet 2023 :

*** Mise à jour, infos et erratum ***

Au sommaire :

  • Remerciements !
  • Double erratum
  • Certains commentaires...
  • Prud’Hommes ?

Bonjour à toutes et tous,

Merci infiniment pour votre soutien à la pétition « Conservatoire Botanique : NON au renvoi d'une salariée après 12 ans de contrats précaires ! » que nous avons mise en ligne le le 30 juin !

Par ce communiqué, nous vous donnons quelques nouvelles...

--- Remerciements ! ---

Ce mercredi 12 juillet, nous avons eu le choc incroyable de découvrir que la pétition en ligne avait fait un bond spectaculaire, passant de moins de mille signatures la veille à presque vingt mille soutiens en l’espace de quelques heures. Nous avons eu peine à y croire car nous ne nous attendions pas du tout à ce que notre démarche de protestation dépasse les frontières de notre petit territoire ! À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous atteignons les 23 313 signatures... Nous adressons nos profonds remerciements à toutes celles et tous ceux qui ont relayé l’information de cette situation, lui offrant une portée qui est allée bien au-delà de nos espérances…

--- Double erratum ---

En parallèle de toutes ces signatures sont arrivées plusieurs questions et réactions, que ce soit par commentaires ou par mails ; et nous souhaitons les aborder avec vous, notamment deux erratum qui, s’ils ne changent pas fondamentalement le cœur du propos, sont tout de même très importants. Or force est de constater que nos nombreuses relectures ont laissé passer des approximations malvenues qui, de fait, rendent deux de nos informations incorrectes.

- Salaire -

L’une des questions récurrentes a porté sur le salaire de Véronique. Devant cette réaction d’étonnement répétée, nous sommes allé·e·s revérifier cette information. Il apparaît qu’elle n’était pas exacte. Après revérification auprès de Véronique, son indice de rémunération était en fait quelque peu supérieur à l’indice du SMIC. Pourquoi cette erreur ? Déjà à cause d’un abus de langage (dire « au SMIC » au lieu de « presque au SMIC »…) que nous avons pris au pied de la lettre ; d’autre part certainement à cause de l’émotion difficile dans laquelle était Véronique lorsque le collectif a recueilli son témoignage. Mais ce n’est pas une raison suffisante et nous, le collectif, aurions dû faire davantage attention car la précision est très importante dans une telle démarche.

- CDI -

De même, il apparaît qu’au travail ses collègues de même ancienneté n’obtenaient pas exactement le statut de « titulaires » mais de « salarié·e·s en CDI ». Une différence mineure pour ce qui nous occupe mais là aussi, les mots sont importants. Cette approximation nous est imputable : nous avions mal compris ce système de contrats dans la Fonction Publique Territoriale.

Cette double maladresse de discours aurait d’autant plus pu être évitée qu’elle ne change pas significativement la nature de notre protestation, mais pourrait changer en revanche le regard qu’on porte sur notre sérieux. Pour cela, nous adressons nos sincères excuses à toutes celles et ceux qui nous liront.

La pétition ci-dessus a été modifiée pour correspondre à ces rectificatifs, afin d’être la plus juste possible dans la mesure où celle-ci continue de recueillir des signatures.

— Certains commentaires… ---

Comme mentionné plus haut, d’une petite protestation locale, notre initiative a pris une portée nationale : un peu étourdi·e·s par ce succès, à la fois nous nous en réjouissons, et à la fois cela comporte une certaine dimension effrayante. Cette dernière est liée à la nature du support Internet, avec laquelle il faut toujours faire preuve de prudence et de recul. En l’occurrence certains commentaires (heureusement minoritaires) contenaient des propos injurieux à l’encontre des personnes composant la direction du CBNMC, et des mots très agressifs ont été écrits par quelques internautes. Lorsque en avons pris connaissance, nous avons choisi de les supprimer.

Car si nous comprenons ce type réaction dans le fond (puisque nous aussi, la situation nous révolte), nous ne pouvons pas en cautionner la forme : les injures faites aux personnes. L’intention du collectif n’était pas de protester par la mise en cause des individus qui forment la direction du CBNMC, mais de protester contre la décision d’un groupe de direction dans un cadre professionnel. Pour nous, obtenir justice pour Véronique signifiera obtenir réparation de la part de l’établissement. C’est ce que montrent nos revendications, qui ne visent jamais des individus.

Nous appelons donc les personnes à faire preuve de mesure et à ne pas inciter à la haine sur Internet.

— Prud’hommes ? ---

Enfin, vous avez été très nombreux et nombreuses à nous poser la question d’un recours auprès des Prud’Hommes. Une telle décision appartient à Véronique, qui commence tout juste à se relever du choc de son renvoi. À l’échelle du collectif, notre rôle est uniquement de faire montre d’une solidarité de groupe avec elle, quelles que soient ses décisions. La démarche de porter une situation devant la justice requiert beaucoup d’énergie (surtout en cette période de canicule qui lui cause beaucoup de difficultés) ; mais dans tous les cas le sujet est abordé et nous vous remercions pour vos nombreux conseils en ce sens.

Par ailleurs, une résolution à l’amiable est peut-être encore possible…

À ce jour, le collectif n’a pas encore reçu de réponse de la part du CBNMC.

Nous vous souhaitons à toutes et tous une très belle soirée, et vous remercions encore pour votre grande solidarité à l’égard de cette situation.

À très bientôt,

Cordialement

                                                                    Le Collectif de soutien à Véronique.

Les décisionnaires

Christophe Béchu
Ministre de la Transition Ecologique et de la cohésion des territoires
Conservatoire National Botanique du Massif Central
Conservatoire National Botanique du Massif Central
CBNMC

Mises à jour sur la pétition