Carte blanche : Les urgences du CHU Saint-Pierre tirent la sonnette d'alarme


Carte blanche : Les urgences du CHU Saint-Pierre tirent la sonnette d'alarme
Le problème
Lettre ouverte des infirmiers et infirmières urgentistes de l’Hôpital Saint-Pierre Bruxelles à celles et ceux qui ont le pouvoir d’agir
Cela fait plus de trente jours que le drame s’est déroulé dans notre service, et toujours aucune réponse, aucun geste, aucune prise de conscience tangible.
Cette lettre, nous l’écrivons comme un dernier recours pour être enfin écoutés. Enfin entendus.
Car Saint-Pierre n’est pas un hôpital comme les autres.
Travailler à Saint-Pierre, c’est faire le choix de s’engager au cœur de Bruxelles, avec toute sa complexité, sa richesse humaine, ses fractures aussi.
Travailler à Saint-Pierre, c’est soigner celles et ceux que le système oublie trop souvent : les plus fragiles, les plus précaires, les plus seuls.
Travailler à Saint-Pierre, c’est être confronté chaque jour à des situations humaines et sociales d’une intensité rare.
Travailler à Saint-Pierre, c’est une école de vie. Une mission que nous avons choisie avec le cœur. Mais ce que nous n’avons pas choisi, c’est de risquer notre vie pour faire notre métier.
Et pourtant, depuis trop longtemps, nos conditions de travail nous mettent désormais en danger.
Ce constat dépasse largement Saint-Pierre : il vaut pour chaque hôpital de Belgique, exposé aux mêmes dangers, aux mêmes abandons.
Cette situation est le symptôme d’un système hospitalier à bout de souffle.
Sous-effectif chronique, services saturés, violences verbales et physiques, insécurité, manque criant de moyens, absence de soutien réel : tous ces maux nous empêchent aujourd’hui de remplir notre mission essentielle dans des conditions dignes, pour nous comme pour nos patients.
Il y a un mois, deux de nos collègues ont été poignardés dans notre service d’urgence. Pour l’un d’eux, son pronostic vital fut engagé.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce drame n’est pas un acte isolé. Il est le symptôme d’une violence quotidienne : insultes, menaces, jets d’objets... Et en face, le vide. Malgré toutes nos alertes, pas de réponses concrètes. Pas de protection.
Cela fait plus de dix ans que nous alertons. Plus de dix ans que nous demandons une chose simple : être protégés pendant que nous protégeons les autres. En vain...
Aujourd’hui, une infirmière sur deux dit qu’elle ne referait pas ce choix de carrière. Quel échec pour une profession aussi essentielle, aussi viscéralement engagée. Celle qui nous fait vibrer malgré tout, celle que nous avons choisie avec passion.
Il n’est plus "minuit moins une" pour le monde infirmier. Il est minuit passé. Les équipes se vident.
Alors, nous nous tournons, une dernière fois, vers ceux qui ont le pouvoir et le devoir d’agir : responsables politiques, dirigeants d’institutions, autorités de tutelle.
Protégez-nous.
Nous demandons aujourd’hui un financement à la hauteur de l’enjeu : moderniser les urgences et leurs infrastructures, mais surtout renforcer significativement notre dispositif avec une présence permanente et, en priorité, d’agents de sécurité, pour que nous puissions enfin exercer notre métier sans craindre pour nos vies.
Au-delà de ce drame, notre combat porte sur l’avenir même du milieu hospitalier.
Nous demandons également un accès réel et égalitaire aux soins pour toutes et tous, sans distinction de moyens financiers, de statut administratif ou de situation sociale. L’hôpital public ne doit jamais devenir un refuge de seconde zone pour les oubliés du système.
Nous réclamons aussi une coordination effective entre les services sociaux, psychiatriques, médicaux et d’urgence, pour que les urgences ne soient plus les seules à absorber des situations complexes qui les dépassent.
Enfin, nous exigeons des revalorisations salariales et statutaires à la hauteur de nos responsabilités. Notre engagement est profond, mais il exige un soutien réel, pas un silence complice.
Sur le terrain, à l’entrée des hôpitaux, dans les couloirs, dans nos services.
Donnez-nous les moyens d’exercer notre métier en toute sécurité, avec dignité.
Agissez tant qu’il y a encore des mains pour vous soigner, des voix pour vous écouter, des présences pour vous soutenir dans les moments les plus sombres. C’est aujourd’hui qu’il faut protéger celles et ceux qui vous relèveront demain.
degrezmathilde@live.be
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Le problème
Lettre ouverte des infirmiers et infirmières urgentistes de l’Hôpital Saint-Pierre Bruxelles à celles et ceux qui ont le pouvoir d’agir
Cela fait plus de trente jours que le drame s’est déroulé dans notre service, et toujours aucune réponse, aucun geste, aucune prise de conscience tangible.
Cette lettre, nous l’écrivons comme un dernier recours pour être enfin écoutés. Enfin entendus.
Car Saint-Pierre n’est pas un hôpital comme les autres.
Travailler à Saint-Pierre, c’est faire le choix de s’engager au cœur de Bruxelles, avec toute sa complexité, sa richesse humaine, ses fractures aussi.
Travailler à Saint-Pierre, c’est soigner celles et ceux que le système oublie trop souvent : les plus fragiles, les plus précaires, les plus seuls.
Travailler à Saint-Pierre, c’est être confronté chaque jour à des situations humaines et sociales d’une intensité rare.
Travailler à Saint-Pierre, c’est une école de vie. Une mission que nous avons choisie avec le cœur. Mais ce que nous n’avons pas choisi, c’est de risquer notre vie pour faire notre métier.
Et pourtant, depuis trop longtemps, nos conditions de travail nous mettent désormais en danger.
Ce constat dépasse largement Saint-Pierre : il vaut pour chaque hôpital de Belgique, exposé aux mêmes dangers, aux mêmes abandons.
Cette situation est le symptôme d’un système hospitalier à bout de souffle.
Sous-effectif chronique, services saturés, violences verbales et physiques, insécurité, manque criant de moyens, absence de soutien réel : tous ces maux nous empêchent aujourd’hui de remplir notre mission essentielle dans des conditions dignes, pour nous comme pour nos patients.
Il y a un mois, deux de nos collègues ont été poignardés dans notre service d’urgence. Pour l’un d’eux, son pronostic vital fut engagé.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce drame n’est pas un acte isolé. Il est le symptôme d’une violence quotidienne : insultes, menaces, jets d’objets... Et en face, le vide. Malgré toutes nos alertes, pas de réponses concrètes. Pas de protection.
Cela fait plus de dix ans que nous alertons. Plus de dix ans que nous demandons une chose simple : être protégés pendant que nous protégeons les autres. En vain...
Aujourd’hui, une infirmière sur deux dit qu’elle ne referait pas ce choix de carrière. Quel échec pour une profession aussi essentielle, aussi viscéralement engagée. Celle qui nous fait vibrer malgré tout, celle que nous avons choisie avec passion.
Il n’est plus "minuit moins une" pour le monde infirmier. Il est minuit passé. Les équipes se vident.
Alors, nous nous tournons, une dernière fois, vers ceux qui ont le pouvoir et le devoir d’agir : responsables politiques, dirigeants d’institutions, autorités de tutelle.
Protégez-nous.
Nous demandons aujourd’hui un financement à la hauteur de l’enjeu : moderniser les urgences et leurs infrastructures, mais surtout renforcer significativement notre dispositif avec une présence permanente et, en priorité, d’agents de sécurité, pour que nous puissions enfin exercer notre métier sans craindre pour nos vies.
Au-delà de ce drame, notre combat porte sur l’avenir même du milieu hospitalier.
Nous demandons également un accès réel et égalitaire aux soins pour toutes et tous, sans distinction de moyens financiers, de statut administratif ou de situation sociale. L’hôpital public ne doit jamais devenir un refuge de seconde zone pour les oubliés du système.
Nous réclamons aussi une coordination effective entre les services sociaux, psychiatriques, médicaux et d’urgence, pour que les urgences ne soient plus les seules à absorber des situations complexes qui les dépassent.
Enfin, nous exigeons des revalorisations salariales et statutaires à la hauteur de nos responsabilités. Notre engagement est profond, mais il exige un soutien réel, pas un silence complice.
Sur le terrain, à l’entrée des hôpitaux, dans les couloirs, dans nos services.
Donnez-nous les moyens d’exercer notre métier en toute sécurité, avec dignité.
Agissez tant qu’il y a encore des mains pour vous soigner, des voix pour vous écouter, des présences pour vous soutenir dans les moments les plus sombres. C’est aujourd’hui qu’il faut protéger celles et ceux qui vous relèveront demain.
degrezmathilde@live.be
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Pétition lancée le 15 juillet 2025