Pour le remboursement des psychothérapies payons ce qui est efficace !

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Paris, le 17 décembre 2019

En France, les soins psychologiques en cabinet ne sont pas remboursés par la caisse maladie contrairement à de nombreux pays européens. Des patients en souffrance ne peuvent pas se soigner pour des raisons économiques. Depuis avril 2018, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) teste un dispositif de remboursement des psychothérapies dans 4 régions en France. Ce dispositif était très attendu et vital pour de nombreux patients. En 2020, nous rentrons dans la phase d’évaluation de celui-ci. Il serait possible d’avoir une estimation du rapport efficacité/coût pour chaque approche (TCC, Psychanalyse, Bioénergie et autres Thérapies), mais la CNAM ne souhaite pas évaluer l’efficacité des différentes psychothérapies et ne souhaite pas les comparer.

Rembourser toute forme de psychothérapie risque d’induire en erreur les patients, leur faire croire que les psychothérapies sont toutes équivalentes et ont la même efficacité. Cela se traduirait par une perte de temps, d’argent et de chance de guérison pour le patient. Un tel refus de rembourser les psychothérapies selon leurs indications empiriquement fondées est en opposition aux principes à la fois économiques et éthiques appliqués aux maladies médicales. La prise en charge des traitements pour le cancer, le diabète ou d’autres maladies prend en compte l’efficacité des soins spécifiques. De plus, pour diminuer la surconsommation de médicaments psychotropes, il est nécessaire de promouvoir seulement les alternatives psychothérapeutiques efficaces. Nous ne pouvons pas accepter que les personnes atteintes de troubles mentaux soient traitées comme des patients de « second zone » par la CNAM, sous leur principe que tout se vaut et que tout est également efficace en santé mentale.

Les recherches scientifiques et le rapport INSERM1 montrent bien que les psychothérapies n’ont pas toutes le même degré d’efficacité. Les publications scientifiques disponibles depuis ce rapport confortent ces conclusions et de nombreux pays en Europe et ailleurs ne remboursent que les soins ayant démontré leur efficacité pour des troubles mentaux spécifiques.

Il nous semble donc illogique, d’un point de vue scientifique, économique et éthique, que la CNAM rembourse indifféremment ce qui est efficace et ce qui est inefficace.

Nous vous invitons à signer cette pétition afin de contraindre la CNAM à prendre en compte les recommandations déjà existantes reflétant l’efficacité des différentes psychothérapies et de rembourser seulement celles scientifiquement validées.

 

1  Inserm (2004). Psychothérapie : Trois approches évaluées. Synthèse. Paris : Les éditions Inserm, X- 55 p. - (Expertise collective). - http://hdl.handle.net/10608/147


Signataires :

1.      Pierluigi GRAZIANI, Professeur des Universités en Psychologie clinique et Psychopathologie

2.      Joël SWENDSEN, Directeur de Recherche, CNRS, Membre Senior, Institut Universitaire de France

3.      Amélie ROUSSEAU, Professeur des Universités en Psychologie

4.      Marc HAUTEKEETE, Professeur honoraire des Universités en Psychologie

5.      Stéphane RUSINEK, Professeur des Universités en Psychologie

6.      Stacey CALLAHAN, Professeur de Psychologie Clinique et Psychopathologie

7.      Marie-Christine GELY-NARGEOT, Professeur des Universités, Psychopathologie et Neuropsychologie

8.      Christophe LANCON, Professeur des Universités, Service de psychiatrie, psychologie médicale et des addictions, CHU de Marseille.

9.      Stéphane RAFFARD, Professeur des Universités en Psychologie Clinique

10.  Annie GRUYER, Fondatrice de l’Association de Patients MEDIAGORA Paris

11.  Sophie Robert,  Scénariste, réalisatrice et productrice de films (« Le Mur… »)

12.  Abdel. H. BOUDOUKHA, Professeur de Psychologie clinique et Psychopathologie

13.  Patricia TASSI, Professeure des Universités en Psychologie clinique TCC