Caen : Cessons d'accueillir les cirques avec animaux

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Monsieur le maire,

Cette pétition a pour but de vous demander de mettre en place une interdiction des spectacles itinérants qui détiennent des animaux sauvages dans notre commune de Caen.
Les spectacles de cirque contiennent des numéros imposant aux animaux des exercices contre-nature obtenus au prix d'un dressage reconnu comme étant incompatible avec les impératifs biologiques des espèces.

En considérant que les conditions de détention et de dressage des animaux occasionnent à ces derniers des pathologies avérées tels des troubles cardiaques, de l'arthrite, des stéréotypies et autres troubles du comportement tels que faire les cent pas, balancer la tête compulsivement, mordre les barreaux, tourner en rond voire s’auto-mutiler sont fréquents chez les animaux captifs, il est maintenant reconnu que ces comportements névrotiques sont causés par la détresse due à la captivité et un mode de vie artificiel.

Les éthologues et les zoologues ont observé que les troubles du comportement, observables sur les animaux dans les cirques, sont « les manifestations d'un échec à s'adapter de façon appropriée, et peuvent donc acquérir valeur de critère pour l'adéquation des environnements d'hébergement au long cours pour les animaux » (Mac Bride, Glen & Craig, J.V.), les « marqueurs des états de mal-être chronique » (Hannier I.) ou encore « la preuve d'une souffrance chronique » (Wemelsfelder F.).

Comme le rappel l’article L214-1 du Code Rural « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce », cet article oblige donc les détenteurs d’animaux vivants, qu’ils soient professionnels ou particuliers, à leur offrir des conditions de vie assurant leur bien-être. Quant à l’article 214-3 du Code Rural il précise qu’ « il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivités. »

Le faste et la beauté des spectacles proposés par ces animaux splendides, qui font écarquiller les yeux de nos tous petits, cachent malheureusement bien souvent en coulisses des formes répétées de maltraitances.
Parce que les animaux ne font pas de la bicyclette, ne se tiennent pas sur leur tête, ne font pas l'équilibre sur des ballons ou ne sautent pas à travers des cerceaux de feu naturellement, les entraîneurs utilisent des fouets, des bâtons en métal terminés par un crochet, des muselières, des colliers de dressage et d'autres outils douloureux pour les forcer à effectuer leur spectacle. La punition physique a longtemps été la méthode standard de dressage pour les animaux dans les cirques.

Les textes suivants imposent aussi des normes légales et réglementaires minimales visant à satisfaire aux impératifs biologiques de chaque espèce : 

  • Article 22 de l'arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d'utilisation des animaux vivants d'espèces non domestiques dans les établissements de spectacle itinérant, qui dispose que « les animaux doivent être entretenus et entraînés dans des conditions qui visent à satisfaire leurs besoins biologiques et comportementaux, à garantir leur sécurité, leur bien-être et leur santé ».
  • Articles R 214-17 et suivants du code rural
  • Articles L 521-1 et R654-1 du code pénal
  • L’annexe I de la Convention de Washington et de la convention Européenne (Cites)
  • L’arrêté du 11 août 2006


Le caractère itinérant des cirques fait obstacle au respect de ces normes.


Le maire de La Ciotat, Patrick Doré, indiquait que « les municipalités, bien qu’étant garantes notamment de la moralité publique, ont, en pratique, les plus grandes difficultés à contrôler les autorisations réglementaires et administratives. »
Sans contrôle systématique des services compétents, il est impossible de s’assurer de l’application de ces textes.
Au vu de ce qui précède, les normes minimales ne peuvent pas être respectées par les cirques exploitant des animaux sauvages du fait de la nature itinérante de ces établissements.
Ces pratiques doivent appartenir au passé. Leur fin est inéluctable et marque le refus de la violence érigée en modèle pour nos enfants. 
Qu'ils ne suscitent plus l'intérêt du public et ne soient plus accueillis dans un grand nombre de communes (plus de 60 à ce jour) est un signal majeur qui doit être entendu.


L’opinion publique est en demande de ces prises de décision, que la cause animale, le respect de la nature et de l’environnement en général, soient enfin des notions qui s’ancrent dans la conscience collective.
En Novembre dernier, Franck Raynal, maire de Pessac admettait qu' « On ne peut d’ailleurs pas dire que l’on prive un vaste public qui serait attaché à ce genre de spectacle. C’était devenu marginal. »

Caen est une ville qui a marqué l’histoire à de nombreuse reprises. Les temps ont changé. Il n'est plus acceptable de traiter les animaux comme des objets pour notre amusement.


Monsieur le maire, loin d’être seulement un débat de société, la présence des animaux dans les cirques engage également la responsabilité des villes du fait de leur obligation de faire appliquer la législation en vigueur ; la municipalité est garante de la moralité publique.

Si vous considérez que la mise en spectacle d'animaux sauvages ou de certains animaux domestiques dans des conditions incompatibles avec leurs besoins biologiques et leur habitat constitue une atteinte aux valeurs de respect de la nature et de l'environnement protégée par notre constitution, alors c’est grâce à la libre administration des communes réaffirmée lors de la révision constitutionnelle du 28 mars 2003 et présente dans l’article 72 de la Constitution que vous avez la possibilité de marquer une nouvelle fois l’histoire de la ville en prenant cette décision en faveur de l’éthique :
« Toute autre collectivité territoriale est créée par la loi [...]. Dans les conditions prévues par la loi, ces collectivités s’administrent librement par des conseils élus et disposent d’un pouvoir réglementaire pour l’exercice de leurs compétences. »

Pour finir sachez qu’il n’existe aucune obligation légale pour les communes d’accueillir les cirques détenant des animaux sauvages.
Pour toutes ces raisons, je vous appelle, via cette pétition, à prendre un arrêté afin de refuser l'installation des spectacles itinérants détenant des animaux d'espèces non domestiques sur le territoire de la commune de Caen.


Des cirques, oui ! Mais sans animaux…



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