Cadres de santé à l'hôpital ... les agents d'une mission devenue impossible

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Etre cadre de santé à l'hôpital ...                                                                                         

Nous, cadres ou cadres supérieurs de la fonction publique hospitalière, sommes les agents d'une mission devenue impossible. 

Au cœur des organisations, nous voilà désormais plus que jamais écartelés au gré des réformes et des restructurations par des injonctions de plus en plus paradoxales. Nous sommes au carrefour de tous les dysfonctionnements, sur le circuit des différentes réformes qui ont vu se complexifier nos tâches de façon délirante. Nos périmètres de responsabilités ont pris des proportions qui dans toute autre entreprise, rendrait inopérante cette fonction, avec en regard des salaires dérisoires.

Chaque jour nous sommes le réceptacle de tous les process qui dysfonctionnent et nous ne sommes pas entendus pour les améliorer.

 Et nous voilà donc aujourd’hui face à de nouvelles générations de professionnels qui ne trouvent plus de sens. Car leur travail glisse régulièrement vers des tâches qu'ils ne devraient pas faire. Ils ont le sentiment de perdre ce pour quoi ils ont été formés et se sont engagés. Ils craquent. De grands professeurs partent, de jeunes infirmières quittent leur métier de plus en plus tôt : 4 à 6 ans tout au plus ... Combien de professionnels viennent nous confier colère, tristesse, incompréhension. Combien de larmes viennent couler dans nos bureaux et combien de colères faut-il essuyer. La frustration gagne du terrain dans tous les couloirs de nos hôpitaux. Pour citer un directeur hospitalier, nous sommes devenus des managers de la colère. 

Nous avons parfois le sentiment d'appartenir à un système qui fait de nous les bras armés d'une gestion dure, froide, sans concession où seule l'efficience compte. Or nous sommes soignants avant tout. Comment assurer la continuité quand le manque d'effectifs devient alarmant ? Comment assurer la sécurité dans des organisations désormais dégradées en permanence ? Nous sommes amenés à faire des soins bâclés, à prendre des décisions à contre cœur, parfois même à l'encontre de nos valeurs et principes de soignants, à coller des rustines qui font mal, à changer les plannings en permanence en nous appuyant sur la bonne volonté de nos infirmières, de nos aides-soignants. Oui nous sommes poussés à mettre ces jeunes mamans majoritaires dans des situations très difficiles. Et la reconnaissance de notre hiérarchie et parfois même de nos équipes pour ce travail difficile, invisible, soyez en sûrs, est quasi nulle.

Une seule chose nous guide encore et toujours, le patient et sa bonne prise en charge, nous luttons au bout de la chaîne de décision pour maintenir le cap. Notre motivation vise tout autant à rendre à nos équipes la reconnaissance qu'on leur doit, qu'à maintenir un niveau de prise en charge à la hauteur de nos institutions. Mais on arrive au bout de nos forces et de nos possibilités.

Nous sommes au cœur de l'hôpital, et nous revendiquons avec ce collectif inter hôpitaux plus d'effectifs, plus d'attractivité pour garder les talents, afin de rouvrir nos lits pour nos patients. Dans ce système, nos patients lourds et chroniques ne sont pas soignés ailleurs car ils ne sont pas « rentables ». Changeons de paradigme pour la survie de notre système de soins ! Celui que nous revendiquons pour son excellence dans les soins, la recherche, et l’enseignement, celui qui nous rassure à quelques km de nos villages, car il nous accueillera quoiqu'il arrive en nous offrant le meilleur.

La motivation est encore là, l'hôpital public français est d'une efficacité redoutable si on lui laisse les moyens de fonctionner et de répondre aux défis sanitaires de demain. C'est la raison d'être de ce collectif

Ne lâchons rien, Sauvons l'hôpital Public ! 

Nous vous invitons à rejoindre le mouvement du CIH en suivant ce lien : http://urlz.fr/aHdp