Aggiornamento sulla petizioneSauvons nos restaurants et producteurs !Rouvrir mais pour qui ?
Stéphane JÉGOFrancia
7 mag 2020

Ce samedi marque la huitième semaine de fermeture de nos établissements. Pire que 2008, pire que 1945, pire que 1929… La crise économique fauchera nombre d’entre nous à la réouverture.

Monsieur Le Maire, nous vous remercions pour votre réponse du 6 mai mais elle ne calme pas nos inquiétudes. La première d’entre elles n’est pas de savoir quand nous allons rouvrir mais si et comment.

Tout en saluant les efforts massifs de l’État, nous ne pouvons que dramatiquement constater que ce n’est pas assez. Ce ne sont ni les annonces ni les miettes qui nous sauveront de la faillite. Nous avons besoin des assurances.

Vous nous rappelez leurs efforts mais de quels efforts parlons-nous ? Les 400 millions d’euros au fonds de solidarité sont cyniques. D’autant plus lorsque le secteur se vante d’avoir économisé près de 5 milliards d’euros en deux mois de confinement. Si nous sommes bien en guerre, comment qualifier un tel comportement ?

"Responsabilité morale"

Une étape a été franchie : la Fédération française des assurances a accepté d'ouvrir le dialogue avec les principaux syndicats du secteur pour trouver une solution avant le 11 mai.

Comme l’a déclaré Nicolas Théry, président du groupe Crédit Mutuel, "les assurances ont une responsabilité morale. Si on ergote pendant six mois, les clients auront disparu et à la fin tout le monde sera perdant".

Car il s’agit bien de responsabilité morale, de solidarité. Monsieur Le Maire, vous affirmez que "les risques qui n’étaient pas couverts contractuellement ne peuvent pas être indemnisés". Que ferez-vous des chômeurs partiels qui perdront définitivement leur emploi ?  

Sans les assurances, nous allons crever. La prise en charge, même partielle, de la perte d’exploitation est capitale. Comme vous l’avez souligné, Monsieur le ministre de l’Economie, nous "fourmillons d’idées et de propositions". Mais, non, le gouvernement n’a pas encore trouvé de réponses à nos inquiétudes.

Comment veillerez-vous à la prise en charge des pertes d’exploitation en cas de fermeture administrative d’activité ou de dommages non matériels ? Nous avons beau lire nos contrats, les assureurs refusent… d’assurer.

L’inventivité a ses limites

Et la réouverture ne résoudra rien. Rouvrir, mais pour qui ? Qui ira déjeuner ou dîner en terrasse ? Ou même prendre un café ? Avec plus de 10 millions de chômeurs partiels, qui ne perçoivent que 70% de leur salaire brut ? Sans client, comment payer les charges et les loyers ?

Chez L’Ami Jean, le chômage partiel, c’est 800 euros en moins sur la fiche de paie de mes salariés. C’est aussi 1 000 euros de pourboire mensuels en moins.

Nous, commerçants, devons nous réinventer. L’Ami Jean fait, comme à ses débuts, en 1931, épicerie, relais pour maraîchers. Mais l’inventivité a ses limites. Sans client, à quoi bon se réinventer ? Comment redevenir dans le cœur des Français un bien essentiel ?

Stéphane Jégo

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