

CINQUIÈME SEMAINE DE FERMETURE. Et combien d’autres Emmanuel Macron va-t-il annoncer demain ?
Tous, à notre niveau, nous nous sommes mobilisés pour faire bouger les lignes. Les assureurs ont commencé à sortir de leur silence, mais toujours avec ce même mépris.
Face au lobby des assurances, nous avons, nous aussi, nos représentants médiatiques. Je vous demande, à vous qui vous adressez chaque soir à des millions de téléspectateurs, de consacrer une minute de votre tuto pour relayer cette détresse. Qu’elle atteigne notre gouvernement. Unissons-nous, car peu importe notre talent et nos étoiles, sans client demain, à quoi cela servira-t-il ?
Nous ne demandons pas aux assureurs de payer pour payer mais d’ouvrir le dialogue. Plusieurs propositions ont été faites : la création d’un fonds dédié à la perte d’exploitation, la prise en charge du différentiel des salaires — car le pouvoir d’achat est essentiel à la reprise — et une aide pour la reconstitution de nos stocks.
Nos assurances peuvent faire plus que 200 millions d’euros, n’est-ce pas ? Cette somme est cynique pour un secteur pesant plus de 450 milliards d’euros.
Je me demande, vraiment, s’ils sont au courant de la guerre sanitaire et économique qui nous ravagent. Attendent-ils un mouvement social ? Que nous descendons tous ensemble dans la rue pour nous faire entendre ?
Comme un goût de Moyen-Âge : d’un côté les assureurs aux greniers pleins du fruit de nos cotisations, et de l’autre, des travailleurs qui vont mourir de faim…
Nous dépendons les uns des autres. Alors, une fois déconfinés, nous, restaurateurs, artisans, serons-nous condamnés à être une dépense non essentielle dans l’esprit et le portefeuille des Français ?
Inscrit en 2010 au patrimoine de l’humanité, le repas des Français, cet art de vivre à la française, deviendra-t-il un luxe inutile ?
Qui de nous peut affirmer que « ça va reprendre » ? À la psychose sanitaire s’ajoute une chute du pouvoir d’achat. Les salaires ont été réduits à 70% du brut, sans commissions, sans pourboires… Qui ressortira à la réouverture ? C’est un cercle vicieux.
Après la Grande Dépression de 1929, la France a baissé les salaires et augmenté les impôts. C’était un échec. Les autres pays ont écouté l’économiste Keynes : relance = consommation.
En 1932, Roosevelt avec son New Deal a distribué des aides financières aux entreprises et aux particuliers. Sans relance pour nous, et sans les assurances, ce sera un échec pour l’économie et une aubaine pour les partis extrêmes.
En 1933, un Allemand sur deux était au chômage et le parti nazi a gagné sur une promesse : « du pain et du travail ».
Enfin, en 2020, personne ne peut ignorer ni le passé, ni le risque extrême. L’Etat ne peut pas seul nous aider. Une solution doit être trouvée. Comment ? Avec l’opinion publique. Avec les médias. Avec les politiques.
Stéphane Jégo