Pétition fermée

Donnez une place aux femmes dans les programmes scolaires

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Actuellement, une seule femme a l'honneur de voir son nom figurer dans la liste officielle des philosophes à étudier en Terminale : Hannah Arendt. Est-elle donc la seule femme philosophe existante ? Ou bien la seule qui vaille la peine qu'on l'étudie ?



Le travail, par exemple, est pourtant l'un des objets d'études de ce programme: pourquoi n'écouterait-on pas ce que Simone Weil, aux côtés de Hegel et Marx, a pu dire sur la condition de l'homme au travail ?



Ne parlons même pas d'Elisabeth de Fontenay, trop contemporaine sûrement pour un programme qui ne s'aventure pas si loin, ou Judith Butler, dont les études sur le genre ne seraient sûrement pas jugées lisibles.



Ce que ce programme montre, c'est à quel point les femmes peuvent vivre dans l'ombre des hommes, comment l'histoire retient les hommes et non les femmes. L'école n'est pas encore le lieu où l'on rappelle que, cachées derrière de grands hommes, il y a de grandes femmes, mais qu'on ne choisit pas de les retenir : l'enseignement de philosophie omet par exemple de rappeler, jusque dans les manuels, l'existence d'Elisabeth Badinter ou de Suzanne Bachelard. Là où le programme de littérature ne parle de George Sand qu'en la subordonnant à Alfred de Musset, le programme de philosophie a choisi de tomber dans l'autre extrême : Sartre y figure, Simone de Beauvoir peut quant à elle toujours courir. Quelle ironie ce serait en effet de faire figurer l'une des grandes théoriciennes du féminisme du XXème siècle dans un programme aussi sexiste !

La liste des grandes philosophes est plus longue qu'on le croit, mais inexplorée. N'est-ce pas justement à l'école de la faire découvrir ? Si l'école a aujourd'hui la vocation de former autant des citoyens que des esprits, comme le témoignent par exemple les enseignement d'éducation civique, qu'elle montre l'exemple d'une société où les femmes ont leur place aux côtés des hommes. Pourquoi ne pas redécouvrir des génies ignorées, afin que des générations d'élèves n'aient pas devant eux l'exemple désolant d'un énième domaine où l'on laisse les femmes passer inaperçues ?



Le problème est flagrant face au programme de philosophie, mais les femmes de lettres manquent également cruellement aux programmes de Français et de Littérature. Ce que le choix de faire enseigner des oeuvres telles que Les Mains libres, qui brandit une image de la femme-objet uniquement définie dans son pouvoir érotique n'arrange pas beaucoup.



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