
Laetitia CRISEOPARIS, France
Jun 5, 2020
Chers élèves de première,
Vous avez été nombreux à manifester votre souhait de la transformation des modalités d’évaluation de l’oral du baccalauréat de français. Vos inquiétudes, exprimées à travers ce texte, étaient de deux ordres : les risques d’iniquité dans la préparation des élèves et les risques sanitaires possiblement encourus. Je tenais donc à vous répondre personnellement pour vous faire part des considérations qui ont guidé ma décision, annoncée le 28 mai, de valider l’oral de français par contrôle continu.
Depuis le début de cette crise sanitaire, trois facteurs ont toujours été à l’origine des décisions prises :
- La sécurité sanitaire des personnels et des élèves ;
- Maintenir l’exigence de nos enseignements et de nos examens ;
- Ne désavantager aucun élève.
Comme vous l’avez rappelé avec raison, ce sont ces critères qui ont conduit à aménager les épreuves du baccalauréat. Ce sont donc les mêmes critères qui nous ont conduits à prendre une décision sur l’épreuve orale de Français.
Je sais que l’attente n’a pas été simple pour beaucoup d’entre vous. Ce temps était nécessaire. Il nous a permis d’évaluer l’ensemble de ces critères, et de prendre une décision en conscience.
S’agissant de la sécurité des examinateurs et des candidats, l’organisation de ces épreuves était en effet compatible avec les règles sanitaires.
S’agissant du second critère, je veux le redire avec force : le devoir de l’Education nationale est de veiller en toutes circonstances à la continuité des apprentissages et des examens. Parmi eux, l’épreuve orale du baccalauréat de français revêt une importance particulière. Elle est d’abord une des rares épreuves portant sur la maîtrise de l’oral, compétence indispensable à la réussite personnelle et professionnelle. Celle-ci doit être encouragée, développée : ce sera le cas l’an prochain avec la nouvelle épreuve du baccalauréat du Grand Oral. Ensuite, elle porte sur notre littérature. La lecture est une discipline majeure pour la formation de l’esprit humain. En France, l’étude des grandes œuvres est un des ciments de la transmission de notre patrimoine commun.
J’en viens maintenant au dernier critère, celui de l’égalité entre élèves.
Pour recueillir les avis de chacun, j’ai consulté les fédérations de parents, les organisations syndicales et le Conseil national de la vie lycéenne. Tous, vous m’avez fait part de vos inquiétudes sur les conditions de préparation à cet examen due à la situation exceptionnelle de confinement que nous avons tous vécue. Au regard des différents contextes d’apprentissage à la maison, d’un élève à l’autre, au regard des réouvertures différenciées des lycées en fonction des zones vertes et oranges, il n’était plus possible de garantir l’équité entre élèves.
J’ai donc entendu l’argument qui considère que l’évaluation la plus juste des connaissances des élèves en français est de prendre en compte les notes des deux premiers trimestres de l’année.
Par conséquent, j’ai pris la décision de ne pas faire passer l’épreuve orale de français et de la valider en contrôle continu.
C’est un acte de profonde confiance dans le travail réalisé par les professeurs. C’est aussi un acte de profonde confiance en vous, chers élèves. Continuez à vous plonger dans les œuvres au programme, et dans bien d’autres. Cela vous servira beaucoup par exemple pour aborder la philosophie l’an prochain. Lisez, lisez, lisez encore ! Préférez Phèdre à Netflix ! Entre Racine et une émission éphémère, c’est la premier qui vous marquera pour toute la vie.
Je vous souhaite un mois de juin de retrouvailles et de travail pour reprendre progressivement.
Avec tous mes vœux de bonheur et de réussite.
Jean- Michel Blanquer
Ministre de l’Education nationale et de la jeunesse.
Vous avez été nombreux à manifester votre souhait de la transformation des modalités d’évaluation de l’oral du baccalauréat de français. Vos inquiétudes, exprimées à travers ce texte, étaient de deux ordres : les risques d’iniquité dans la préparation des élèves et les risques sanitaires possiblement encourus. Je tenais donc à vous répondre personnellement pour vous faire part des considérations qui ont guidé ma décision, annoncée le 28 mai, de valider l’oral de français par contrôle continu.
Depuis le début de cette crise sanitaire, trois facteurs ont toujours été à l’origine des décisions prises :
- La sécurité sanitaire des personnels et des élèves ;
- Maintenir l’exigence de nos enseignements et de nos examens ;
- Ne désavantager aucun élève.
Comme vous l’avez rappelé avec raison, ce sont ces critères qui ont conduit à aménager les épreuves du baccalauréat. Ce sont donc les mêmes critères qui nous ont conduits à prendre une décision sur l’épreuve orale de Français.
Je sais que l’attente n’a pas été simple pour beaucoup d’entre vous. Ce temps était nécessaire. Il nous a permis d’évaluer l’ensemble de ces critères, et de prendre une décision en conscience.
S’agissant de la sécurité des examinateurs et des candidats, l’organisation de ces épreuves était en effet compatible avec les règles sanitaires.
S’agissant du second critère, je veux le redire avec force : le devoir de l’Education nationale est de veiller en toutes circonstances à la continuité des apprentissages et des examens. Parmi eux, l’épreuve orale du baccalauréat de français revêt une importance particulière. Elle est d’abord une des rares épreuves portant sur la maîtrise de l’oral, compétence indispensable à la réussite personnelle et professionnelle. Celle-ci doit être encouragée, développée : ce sera le cas l’an prochain avec la nouvelle épreuve du baccalauréat du Grand Oral. Ensuite, elle porte sur notre littérature. La lecture est une discipline majeure pour la formation de l’esprit humain. En France, l’étude des grandes œuvres est un des ciments de la transmission de notre patrimoine commun.
J’en viens maintenant au dernier critère, celui de l’égalité entre élèves.
Pour recueillir les avis de chacun, j’ai consulté les fédérations de parents, les organisations syndicales et le Conseil national de la vie lycéenne. Tous, vous m’avez fait part de vos inquiétudes sur les conditions de préparation à cet examen due à la situation exceptionnelle de confinement que nous avons tous vécue. Au regard des différents contextes d’apprentissage à la maison, d’un élève à l’autre, au regard des réouvertures différenciées des lycées en fonction des zones vertes et oranges, il n’était plus possible de garantir l’équité entre élèves.
J’ai donc entendu l’argument qui considère que l’évaluation la plus juste des connaissances des élèves en français est de prendre en compte les notes des deux premiers trimestres de l’année.
Par conséquent, j’ai pris la décision de ne pas faire passer l’épreuve orale de français et de la valider en contrôle continu.
C’est un acte de profonde confiance dans le travail réalisé par les professeurs. C’est aussi un acte de profonde confiance en vous, chers élèves. Continuez à vous plonger dans les œuvres au programme, et dans bien d’autres. Cela vous servira beaucoup par exemple pour aborder la philosophie l’an prochain. Lisez, lisez, lisez encore ! Préférez Phèdre à Netflix ! Entre Racine et une émission éphémère, c’est la premier qui vous marquera pour toute la vie.
Je vous souhaite un mois de juin de retrouvailles et de travail pour reprendre progressivement.
Avec tous mes vœux de bonheur et de réussite.
Jean- Michel Blanquer
Ministre de l’Education nationale et de la jeunesse.
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