Audiovisuel public : contester le contrôle parlementaire est une erreur démocratique


Audiovisuel public : contester le contrôle parlementaire est une erreur démocratique
Le problème
En réaction à la tribune du 10 février 2026 de la productrice Fabienne Servan-Schreiber, accusant le député Charles Alloncle d'utiliser des "méthodes inquisitoriales", le producteur Eric Morillot publie aujourd'hui une tribune en soutien au rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public et au rôle vital du contrôle parlementaire dans une démocratie.
La polémique née autour de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public révèle un malaise plus profond. Une tribune récente a dénoncé la fermeté de son rapporteur, Charles Alloncle, y voyant une dérive institutionnelle et une confusion des rôles.
Le débat est légitime. Mais il doit être conduit avec rigueur, et surtout dans le respect du cadre constitutionnel qui organise notre démocratie.
L’article 24 de la Constitution est explicite : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques. » Cette mission de contrôle n’est ni symbolique ni facultative. Elle constitue l’un des piliers de l’équilibre républicain.
L’audiovisuel public, financé par l’impôt et investi d’une mission d’intérêt général, participe pleinement à la mise en œuvre d’une politique publique. À ce titre, il relève du champ d’évaluation du Parlement. Son rôle central dans la formation de l’opinion, dans l’information des citoyens et dans la vie culturelle du pays justifie précisément qu’il fasse l’objet d’un examen exigeant.
Une commission d’enquête n’est pas un exercice protocolaire. Elle a pour vocation d’interroger sans complaisance, de demander des comptes, d’éclairer les citoyens. La fermeté des questions n’est pas une atteinte à la liberté. Elle est l’expression normale d’une responsabilité démocratique.
Assimiler la vigueur du contrôle parlementaire à une forme d’intimidation revient à affaiblir le principe même de responsabilité publique. La séparation des pouvoirs n’instaure pas des zones d’immunité ; elle organise la complémentarité et l’équilibre des institutions. Le pouvoir législatif ne saurait être réduit à un rôle d’observateur lorsqu’il s’agit d’évaluer une institution financée par les contribuables.
Dans un contexte de défiance croissante envers les médias comme envers les responsables politiques, la réponse ne peut être le repli ou la mise en cause du contrôle. Elle doit être la transparence. La confiance du public ne se décrète pas. Elle se construit sur la clarté, la responsabilité et l’acceptation du débat contradictoire.
Il ne s’agit pas ici de défendre une personne ni de personnaliser un débat institutionnel. Il s’agit de rappeler un principe simple : aucune institution publique, aussi essentielle soit-elle, ne peut être soustraite au regard du Parlement. Le contrôle est la contrepartie du financement public.
Restreindre cette exigence au nom d’une sensibilité blessée serait une erreur. Une démocratie solide n’affaiblit pas ses mécanismes de contrôle ; elle les assume avec sérénité et rigueur.
Le contrôle parlementaire n’est pas une menace pour la liberté. Il en est l’une des garanties les plus sûres.
Liste des signataires :
Laurent Alexandre, Louis Aliot, Guillaume Bigot, Jean-Pierre Castaldi, Élie Chouraqui, Gilbert Collard, Alexandre del Valle, Nicolas Dupont-Aignan, Georges Fenech, Luc Ferry, Laurent Firode, Didier Maïsto, Véronique Genest, Gilles-William Goldnadel, Daniel Guichard, Sarah Knafo, Régis Le Sommier, Jean Messiha, Robert Ménard, Thibault de Montbrial, Eric Morillot, Michel Onfray, Florian Philippot, Ivan Rioufol, Béatrice Rosen, Thomas Séraphine, Laurent Tapie, Frank Tapiro, Philippe de Villiers, Éric Zemmour.

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Le problème
En réaction à la tribune du 10 février 2026 de la productrice Fabienne Servan-Schreiber, accusant le député Charles Alloncle d'utiliser des "méthodes inquisitoriales", le producteur Eric Morillot publie aujourd'hui une tribune en soutien au rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public et au rôle vital du contrôle parlementaire dans une démocratie.
La polémique née autour de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public révèle un malaise plus profond. Une tribune récente a dénoncé la fermeté de son rapporteur, Charles Alloncle, y voyant une dérive institutionnelle et une confusion des rôles.
Le débat est légitime. Mais il doit être conduit avec rigueur, et surtout dans le respect du cadre constitutionnel qui organise notre démocratie.
L’article 24 de la Constitution est explicite : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques. » Cette mission de contrôle n’est ni symbolique ni facultative. Elle constitue l’un des piliers de l’équilibre républicain.
L’audiovisuel public, financé par l’impôt et investi d’une mission d’intérêt général, participe pleinement à la mise en œuvre d’une politique publique. À ce titre, il relève du champ d’évaluation du Parlement. Son rôle central dans la formation de l’opinion, dans l’information des citoyens et dans la vie culturelle du pays justifie précisément qu’il fasse l’objet d’un examen exigeant.
Une commission d’enquête n’est pas un exercice protocolaire. Elle a pour vocation d’interroger sans complaisance, de demander des comptes, d’éclairer les citoyens. La fermeté des questions n’est pas une atteinte à la liberté. Elle est l’expression normale d’une responsabilité démocratique.
Assimiler la vigueur du contrôle parlementaire à une forme d’intimidation revient à affaiblir le principe même de responsabilité publique. La séparation des pouvoirs n’instaure pas des zones d’immunité ; elle organise la complémentarité et l’équilibre des institutions. Le pouvoir législatif ne saurait être réduit à un rôle d’observateur lorsqu’il s’agit d’évaluer une institution financée par les contribuables.
Dans un contexte de défiance croissante envers les médias comme envers les responsables politiques, la réponse ne peut être le repli ou la mise en cause du contrôle. Elle doit être la transparence. La confiance du public ne se décrète pas. Elle se construit sur la clarté, la responsabilité et l’acceptation du débat contradictoire.
Il ne s’agit pas ici de défendre une personne ni de personnaliser un débat institutionnel. Il s’agit de rappeler un principe simple : aucune institution publique, aussi essentielle soit-elle, ne peut être soustraite au regard du Parlement. Le contrôle est la contrepartie du financement public.
Restreindre cette exigence au nom d’une sensibilité blessée serait une erreur. Une démocratie solide n’affaiblit pas ses mécanismes de contrôle ; elle les assume avec sérénité et rigueur.
Le contrôle parlementaire n’est pas une menace pour la liberté. Il en est l’une des garanties les plus sûres.
Liste des signataires :
Laurent Alexandre, Louis Aliot, Guillaume Bigot, Jean-Pierre Castaldi, Élie Chouraqui, Gilbert Collard, Alexandre del Valle, Nicolas Dupont-Aignan, Georges Fenech, Luc Ferry, Laurent Firode, Didier Maïsto, Véronique Genest, Gilles-William Goldnadel, Daniel Guichard, Sarah Knafo, Régis Le Sommier, Jean Messiha, Robert Ménard, Thibault de Montbrial, Eric Morillot, Michel Onfray, Florian Philippot, Ivan Rioufol, Béatrice Rosen, Thomas Séraphine, Laurent Tapie, Frank Tapiro, Philippe de Villiers, Éric Zemmour.

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Pétition lancée le 23 février 2026