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Au gouvernement birman et à la communauté bouddhiste : Arrêtez le massacre des Rohingyas en Birmanie.

IRIN - Au service de l'humanitaire

 

MYANMAR: Appel aux observateurs internationaux dans l’État de Rakhine Photo: David Swanson/IRIN Environ 800 000 Rohingyas apatrides vivent au Myanmar

BANGKOK, 31 octobre 2012 (IRIN) - Des militants des droits de l’homme ont appelé les observateurs internationaux à protéger les milliers de musulmans de l’ethnie rohingya dans l’État de Rakhine, dans l’ouest du Myanmar, après les violences interethniques qui ont fait plusieurs morts la semaine dernière.

« Nous prions les observateurs internationaux de venir témoigner de ce qui se passe vraiment, afin de faire cesser la violence et les agressions contre des civils innocents », a dit à IRIN Mohammad Nawsim, secrétaire de l’association de défense des droits des Rohingyas, basée à Bangkok.

Les Rohingyas,une minorité musulmane de 800 000 personnes non reconnue par le gouvernement birman, sont persécutés et victimes de discrimination depuis longtemps au Myanmar.

M. Nawsim a lancé cet appel une semaine après de violents affrontements qui ont éclaté pour la deuxième fois en moins de cinq mois entre les musulmans de l’ethnie rohingya et l’ethnie rakhine (majoritairement bouddhiste) dans huit communes rakhines (Kyaukpyu, Kyauktaw, Minbya, Mrauk-U, Myebon, Pauktaw, Ramree et Rathedaung), le 21 octobre.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 28 000 habitants ont été déplacés, plus de 46 000 maisons et édifices religieux ont été détruits et au moins 76 personnes ont été tuées.

Selon l’OCHA, ces chiffres ne tiennent pas compte des milliers de personnes qui ont fui par la mer, ni de celles qui sont arrivées à Sittwe (la capitale de l’État de Rakhine) depuis le 21 octobre.

100 000 PDIP dans les camps

Près de 75 000 personnes, majoritairement des Rohingyas, ont été déplacées à la suite d’une flambée de violence interethnique qui a éclaté en juin, après que des jeunes musulmans ont été accusés du viol d’une femme rakhine en mai. La plupart de ces personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) sont entassées dans neuf camps surpeuplés de Sittwe.

Les derniers troubles ont porté le nombre de déplacés réfugiés dans les camps de l’État de Rakhine à plus de 100 000. Cela représente une pression supplémentaire sur l’aide soutenue du gouvernement, des Nations Unies et de leurs partenaires sur le terrain.

Selon les Nations Unies, qui rencontrent des difficultés à atteindre toutes les personnes dans le besoin, il est essentiel d’agir à temps et d’avoir librement accès à toutes ces personnes afin de leur apporter une assistance vitale.

« Il faudrait commencer par avoir un accès international illimité et sans interruption », a dit Phil Robertson, directeur adjoint d’Human Rights Watch (HRW) Asie. Cela passerait notamment par la présence d’un bureau d’observation des droits de l’homme des Nations Unies dans le pays. « C’est une question de premier plan qu’il est essentiel de traiter. »

Le 27 octobre, HRW a publié une image satellite montrant l’ampleur des destructions de maisons et autres propriétés dans une zone à majorité rohingya de la ville côtière de Kyauk Pyu. Il s’agit d’une zone où de nouvelles violences ont éclaté, faisant de nombreux déplacés, et d’où part un important gazoduc transportant du gaz birman vers la Chine.


Photo: David Swanson/IRIN Un groupe de Rohingyas manifeste devant l’édifice des Nations Unies à Bangkok, le 29 octobre

Plus de 800 maisons et bâtiments ont été détruits et de nombreux Rohingyas ont fui la ville par voie maritime pour se rendre à Sittwe, qui se trouve à 200 kilomètres au nord.

« Aucune poursuite n’a réellement été engagée à l’encontre des instigateurs de cette haine et de cette violence », a dit Chris Lewa, directeur du projet Arakan, une organisation de défense des Rohingyas.

Une stabilité fragile

Entre-temps, selon les médias nationaux, le renforcement des forces de sécurité a ramené un calme précaire dans les rues des villes et villages de l’État de Rakhine touchés par les troubles.

Le quotidien d’État New Light of Myanmar a annoncé que la région était « sous contrôle ».

Selon les autorités, 5 000 policiers et 1 000 agents de sécurité aux frontières ont été déployés. L’armée birmane compterait en outre 10 000 soldats dans la région.

M. Lewa a cependant remarqué que même pendant l’actuel état d’urgence, les moines étaient autorisés à manifester et avaient incité à la haine en demandant, pas plus tard que la semaine dernière, l’expulsion des musulmans.

« Les personnes au pouvoir, les autorités, doivent déclarer haut et fort qu’elles ne toléreront plus cela », a dit M. Lewa.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Myanmar dit plus tôt que la communauté internationale devait s’assurer que « les droits de l’homme restent la priorité dans ses engagements avec le Myanmar pendant cette période de transition ».

L’année passée, les États-Unis, l’Union européenne, l’Australie et d’autres pays ont allégé leurs sanctions à l’encontre de cet ancien État paria.

ss/ds/cb-gd/amz

Theme (s): Paix et sécurité, Réfugiés et déplacés,

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

 

Source : http://www.irinnews.org/fr/Report/96670/MYANMAR-Appel-aux-observateurs-internationaux-dans-l-%C3%89tat-de-Rakhine

Letter to
L’ambassade de l’Union du Myanmar en France Au gouvernement birman et à la communauté bouddhiste.
Chancellerie diplomatique et consulat Au gouvernement birman et à la communauté bouddhiste.
Je viens de signer la pétition suivante adressée à: Au gouvernement birman et à la communauté bouddhiste.

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Arrêter le massacre des Rohingyas en Birmanie.

Depuis le début de l'été 2012, l’état Rakhine voit s’opposer musulmans et bouddhistes. Deux longs mois d’affrontements sanglants et de répression. Pourtant très peu de médias ont traité la question, contrairement à une couverture médiatique généralisée de la « démocratisation » du pays depuis 2010 ainsi que de la remise du prix Nobel de la paix à l’opposante Aung San Suu Kyi. Bien que sa tournée en Europe ait coïncidé avec le début des affrontements, cette dernière n’en resta pas moins silencieuse sur les évènements qui se jouaient dans son pays. Revue de presse et du web du traitement médiatique de l’oppression des Rohingyas en Birmanie.
La Paix : aveugle mais quasi intouchable

Au moment où commencent les massacres et où Aung San Suu Kyi prépare sa tournée européenne, Anaïs Bouniol écrivait pour Le Point : « les événements se déroulant actuellement à l’ouest de Birmanie terniront certainement ce voyage ». Effectivement, tout portait à croire qu’en tant que lauréate du prix Nobel de la paix, elle profiterait de cette mise en lumière pour dénoncer le statut de l’ethnie rohingya en Birmanie et appeler à la fin des affrontements.

Le journal le Monde en date du 21 Juin s’interroge sur ces Rohingyas « que même l’ »héroïne birmane de la démocratie », Aung San Suu Kyi, a hésité à défendre durant son séjour en Europe ». Ou encore Libération qui nous explique que « Signe d’une grande tension, Aung San Suu Kyi s’est elle-même montrée malhabile et confuse sur le sujet, qui l’a rattrapée dans sa tournée ».

Il en est allé de même après le premier discours d’Aung San Suu Kyi au parlement birman le 25 juillet 2012, où elle a appelé les législateurs à mettre en place les lois nécessaires à la protection des minorités. Avec des titres comme « Devant le Parlement, la «Dame de Rangoun» soutient les minorités » ou « Birmanie: premier discours au parlement de Suu Kyi, qui soutient les minorités », nous serions tentés de croire que la député d’opposition, qui a apporté un soutien inconditionnel aux 135 ethnies de son pays, ait inclus les Rohingyas. Il n’en fut rien en réalité.

Dans les faits, la lauréate du prix Nobel de la Paix 1991 et promotrice de la démocratie « est restée relativement silencieuse sur le sujet » comme le rappel BBC News. Faisant suite à son discours et à son silence sur la situation, le site d’information rappelle que « lorsqu’il lui a été demandé au mois de juin (note : lors de sa tournée en Europe) si les Rohingyas doivent être considérés comme Birmans, sa réponse fut « je ne sais pas », ajoutant que la Birmanie doit clarifier ses lois sur la nationalité ».

Encore, nous aurions pu nous attendre à ce qu’elle use de sa casquette de député de l’opposition et s’indigne de la solution avancée par le président Thein Sein pour régler définitivement la question des Rohingyas : celui-ci a en effet proposé au commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Gutterez, de confier ceux qu’il qualifie d’immigrés clandestins au Haut commissariat aux refugiés ou à tout pays qui voudrait bien d’eux. Autrement dit, le président birman, qui est perçu comme l’initiateur des changements démocratiques de son pays depuis 2010, propose purement et simplement leur déportation.

En parcourant la presse nationale, on nous indique simplement qu’elle ne se prononce pas, sans que personne ne critique l’attitude passive de « la Dame de Rangoun » qui ne semble décidément pas prête à faire usage de son aura sur la scène internationale pour tenter de mettre fin au nettoyage ethnique en cours.

Outre-Manche, The Telegraph donne la parole à des soutiens de longue date de Suu Kyi dans sa lutte pour la démocratie et qui, aujourd’hui, ne comprennent pas son silence sur la situation des Rohingyas.

Ainsi, Brad Adams d’Human Right Watch pour qui Aung San Suu Kyi a « manqué une occasion de dire une bonne chose » déclare : « bien que tout a explosé alors qu’elle était en Europe, elle n’y a pas fait face. » Mis devant l’argument qu’un éventuel soutien aux Rohingyas aurait des conséquences désastreuses pour l’avenir politique de l’opposante, il ajoute que « c’est une question sans équivoque, une situation où la clarté s’impose. Elle est une telle icône, elle aurait pu rallier une importante partie de l’opinion publique si elle s’était intéressé à la cause. »

Anna Roberts, de l’ONG Burma Campaign UK ajoute : « c’est perturbant, elle est dans une situation difficile mais les gens ont été déçus qu’elle ne se soit pas prononcé sur le sujet. » Enfin, Maung Zarni, universitaire d’origine birmane qui a participé aux discussions avec Aung San Suu Kyi lors de sa visite à la prestigieuse London School of Enonomics concède « qu’elle a été très évasive sur le sujet des Rohingyas.»

S’il fallait encore se convaincre que nos journaux français ont du mal à voir les comportements anti-démocratiques de ceux qui ont été présentés comme des icônes de la démocratie, la couverture du comportement des moines birmans finira de nous convaincre. En 2007, la junte miliaire réprimait les moines pour avoir pris la tête de la révolution safran. Le sort qui leur avait été réservé avait alors réussi à se frayer un chemin jusqu’aux pages de nos quotidiens.

En revanche, il est impossible de trouver dans nos journaux un article dédié aux actions de ces mêmes moines contre les Rohingyas. Il faut à nouveau traverser la Manche et c’est The Independent qui nous rapporte leurs agissements. Leurs actions incluent notamment la diffusion de tracts appelant la population à se désolidariser des Rohingyas, ainsi que des propos tenus par Ashin Htawara, un des leaders des moines, qui, selon The Independent, aurait « appelé le gouvernement birman à renvoyer les Rohingyas dans leur “terre natale” » lors d’un évènement anti-Rohingyas qui s’est tenu à Londres.

Le journal rapporte également les propos de Chris Lewa, directeur de l’ONG Arakan project: « ces derniers jours, les moines sont apparus comme les principaux promoteurs de la suppression de l’assistance humanitaire aux musulmans, mettant ainsi en pratique les déclarations faites par les politiciens. » Il ajoute qu’un membre d’une organisation humanitaire installé a Sittwe lui a rapporté que des moines, postés à l’entrée des camps de déplacés, essayaient d’identifier et de dissuader toute personne souhaitant porter assistance aux déplacés Rohingyas.
Le silence a un prix

Pour expliquer le silence généralisé de la communauté internationale, le New York Times nous livre une vérité bien crue: « Pourquoi est-ce que ce pogrom n’attise pas plus l’indignation de la communauté internationale ? Certainement parce que la Birmanie est devenue une destination pour les investisseurs étrangers maintenant que les Etats-Unis, l’Union Européenne et le Canada ont accepté les déclarations du gouvernement dans le sens d’une démocratisation et ont largement levé les sanctions économiques qu’ils avaient commencé à appliquer après 1988 (mesures qui n’ont pas empêché la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, la Thaïlande, Singapour et des multinationales du pétrole de faire des affaires avec la Birmanie). Toujours est-il que la Secrétaire d’Etat Américaine, Hillary Clinton a visité la Birmanie l’an passé et a salué les premier pas du pays vers la démocratie, elle a aussi mis en place des conditions au renforcement des relations avec le pays, conditions qui incluent la fin des violences inter-ethniques ».

De son côté, The Economist, a livré un rapport[1] au mois d’avril 2012, faisant état des opportunités d’investissement en Birmanie mais aussi des perspectives d’évolution de la situation économique et politique. Sur les trois perspectives d’évolution présentées, celle que The Economist juge la plus probable à 60%, est que le pays se démocratise juste assez pour accueillir des investisseurs étrangers mais ne change pas fondamentalement sur le plan structurel. Ce que le rapport désigne comme « le meilleur des deux mondes ». Dès lors les questions liées à la démocratisation et au traitement des minorités pourraient rester sans suite sans que cela ne remette en question l’arrivée de capitaux étrangers. Ceci pour deux raisons : la première serait que des changements, dans le sens de la démocratie, ont déjà eu lieu et ont été reconnus au plan international. La seconde est la présence d’Aung San Suu Kyi sur la scène politique birmane, qui apporte au régime de la légitimité sur la scène internationale et garantit que le cap de la démocratisation, même à un rythme lent, sera maintenu. Le rapport était donc dans le vrai, puisque depuis avril 2012, les sanctions économiques ont été levées sans que le processus de démocratisation ne se renforce ni que les droits de l’homme ne soient respectés.
ONG et universitaires : Acteurs principaux de la solution

Il semble clair que les objectifs de la démocratisation en Birmanie commencent à porter leurs fruits et continueront malgré le génocide en cours. Les Rohingyas n’ont donc plus rien à attendre des acteurs politiques de la démocratisation en Birmanie, que ceux-ci soient médiatisés ou pas.

La lettre d’une lectrice[2], Kelly Staples, du Département des sciences politiques et des relations internationales de l’université de Leicester publiée par le Guardian propose des pistes sérieuses afin de venir en aide aux Rohingyas sur le long terme et rappelle le rôle de chacun pour arrêter le génocide :

« Votre article sur la situation humanitaire dans l’Etat Arakan, dans l’Ouest de la Birmanie, expose de manière évidente l’absence de volonté politique chez le gouvernement Thein Sein de trouver une solution à la détresse de la minorité musulmane Rohingya. Ceci est surprenant, étant donné la persécution constante des Rohingyas par les militaires.

Plus troublant est l’absence d’engagement en faveur de l’obtention de la nationalité birmane pour les Rohingyas de la part du parti de la Ligue Nationale pour la Démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi, qui fait l’objet de lobbying de la part d’ONG et d’universitaires pour qu’il agisse.

En Asie, comme en Afrique, les politiques électorales intensifient souvent les risques entourant la question des apatrides. Même si en réalité, la pratique de la souveraineté étatique rend difficile le respect au droit à la nationalité, les universitaires et les ONG doivent faire du lobbying auprès de la Ligue Nationale pour la Démocratie en faveur des Rohingyas. Même s’il faut garder à l’esprit les risques encourus notamment celui d’encourager le régime de Thein dans son action à expulser les Rohingyas. La communauté internationale serait la plus à même de venir en aide à ceux qui fuient les persécutions.

La situation est tellement grave que l’agence des Nations Unies pour les réfugiés a demandé aux pays voisins de la Birmanie d’ouvrir leurs frontières aux réfugiés. Pour éviter une situation où une fois de plus, le coût de la protection des réfugiés soit pris en charge de manière disproportionnée par les pays en développement, les pays donateurs à l’agence des Nations Unies pour les réfugiés doivent honorer leurs engagements ostensibles en faveur des droits de l’homme, incluant le droit d’être reconnu où que ce soit comme une personne, tel que promis par la déclaration des droits de l’homme. »

[1] Rapport de The Economist Intelligence Unit, « Myanmar: White elephant or new tiger economy?” Avril 2012.

[2] Kelly Staples, Département des sciences politiques et des relations internationales, Université de Leicester

Source : http://www.foulexpress.com/2012/08/le-massacre-des-rohingyas-en-birmanie-vue-par-la-presse-francaise-et-internationale/
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Cordialement,