S’abstenir, c’est ne pas participer à un scrutin. C’est ne pas voter. Ainsi, l’abstentionniste est un non votant. Il s’en faut, cependant, que les abstentionnistes soient les seuls non votants. Car un abstentionniste est un individu qui ne vote pas mais qui pourrait le faire parce qu’il remplit toutes les conditions exigées pour pouvoir voter, en particulier l’inscription sur les listes électorales. Ceux qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales ne sont pas des abstentionnistes, mais des non inscrits. Et, en tant que tels, ils ne sont pas comptabilisés comme abstentionnistes. Le taux d’abstention se détermine en effet par rapport aux inscrits uniquement.
Les non inscrits, à leur tour, se scindent en deux groupes. Il y a ceux qui remplissent toutes les conditions légales pour être inscrits, mais qui ne se sont pas inscrits. Ils sont, en quelque sorte, les abstentionnistes de l’inscription. Ils sont des non inscrits inscriptibles.
Les autres non inscrits sont les non inscrits qui ne remplissent pas les conditions légales pour être inscrits et qui, par conséquent, ne pourraient s’inscrire même s’ils le voulaient. Ce sont en particulier les résidents étrangers qui ne possèdent pas la nationalité de l’État. Car, dans tous les pays du monde, la nationalité est une condition d’inscription sur les listes électorales.
De la sorte, la condition de nationalité tend à remplacer dans les nations occidentales les conditions utilisées autrefois, particulièrement les conditions de fortune ou d’imposition. Aujourd’hui, ces critères de discrimination ne sont plus utilisés. On peut s’inscrire sur les listes électorales sans condition de fortune ou de couleur. La nationalité a pris la relève. Il y a aux États-Unis plusieurs dizaines de millions de résidents étrangers, souvent clandestins et sans papiers, qui ne peuvent s’inscrire sur les listes électorales parce qu’ils ne remplissent pas la condition de nationalité.
Ainsi, le taux d’abstention minore la non participation. Les non participants ne sont pas seulement les abstentionnistes. Ce sont les abstentionnistes, les non inscrits inscriptibles et les non inscriptibles.
Nous pouvons dire que le mot « abstention » appartient à la novlangue, à notre novlangue, la novlangue moderne, celle des démocraties occidentales. En principe, la novlangue inverse la signification des mots. La guerre se dit la paix. Mais l’atténuation du sens des mots aussi fait partie de la novlangue parce que la finalité de la novlangue est de dissimuler la réalité derrière une terminologie frelatée. Le mot abstention entre dans cette catégorie.
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Pourquoi l'enseignement public enseigne-t-il le faux aux élèves ?
Bien des opinions que nos maîtres nous ont inculquées à l'école obligatoire étaient justes. Mais un certain nombre étaient fausses. Par exemple que, sous l'Ancien régime, les Français n'avaient aucun droit ; que c'est Rousseau qui a affirmé le principe de la souveraineté de la nation ; que la constitution de 1791 était fondée sur le principe de la séparation des pouvoirs, selon lequel le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire ne doivent pas être réunis dans les mêmes mains ; que l'État n'existe que pour protéger l'individu.
Pourquoi l'enseignement public met-il des idées fausses dans la tête des élèves (captifs) ? Est-ce parce que les auteurs des manuels scolaires sont ignorants et ignorent que ces choses sont fausses ? Ou bien est-ce parce que les auteurs des manuels scolaires sont malhonnêtes ? Ou est-ce pour une autre raison encore ?
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Une lettre ouverte de Churchill au chancelier allemand
Une lettre ouverte de Sir Winston Churchill au chancelier Hitler parue dans le quotidien britannique Times en 1938 contenait la phrase suivante : « Si l’Angleterre devait subir un malheur national comparable à celui de l’Allemagne de 1918, je prierai Dieu de nous envoyer un homme qui aurait une force de volonté et d’esprit égale à la vôtre. ».