
Chères amies et chers amis,
Pour la première fois, Julie s'exprime dans les médias pour raconter le calvaire qu'elle a subi pendant deux ans, victime de multiples viols de la part de pompiers.
Nous publions ici les principaux extraits de son interview au Parisien sur ces faits qui dit-elle l'ont "détruite".
Au début des viols, Julie avait 13 ans. C'est à l'issue d'une instruction de huit ans que le parquet de Versailles vient récemment de requalifier les faits en renvoyant deux pompiers pour atteinte sexuelle et non pour viols estimant le "défaut de consentement" de Julie "insuffisamment caractérisé".
Après cette décision qui nous a outrées, nous avons lancé la pétition sur change.org que vous pouvez encore signer pour que la France introduise enfin un âge de consentement légal strict pour protéger les enfants: https://chn.ge/2NXIrhb Nous en sommes à plus de 111.000 signataires. Un grand merci à toutes et à tous.
Si le juge suit les réquisitions du Parquet ce serait une "aberration", souligne Julie. "Non à 13 ans ou 14 ans, on ne peut pas donner son consentement pour des rapports sexuels avec plusieurs personnes qui passent à la suite", dit la jeune femme aujourd'hui âgée de 23 ans.
Cet "enfer" débute à 13 ans avec la rencontre de P. "Un jour alors que ma mère s'est absentée, il m'a posée sur le lit, s'est mis à califourchon sur moi et m'a violée". "A partir de là, ma vie a basculé pour devenir un enfer".
Des viols en réunion avec d'autres pompiers. Des tentatives de suicide, des scarifications, des crises d'angoisse....entraînant de nombreuses interventions des pompiers.
"Ils connaissaient parfaitement mon âge et les traitements que je prenais. Non, je n'étais pas consentante".
"Je n'avais pas la capacité de m'opposer. J'étais un légume. Mon esprit se déconnectait. J'attendais qu'ils terminent". "J'étais devenue leur objet sexuel", dit la jeune femme dont les pompiers se transmettaient le numéro de téléphone.
A 15 ans, Julie arrive enfin à parler à ses parents et porte plainte en 2010. Elle dénoncera une vingtaine de pompiers âgés de 20 à 35 ans qui pour la plupart ont reconnu les rapports sexuels. Leur défense? "Elle était demandeuse" et ils ignoraient son "âge et état psychique"...
Julie qui est aujourd'hui handicapée à plus de 80% après plusieurs tentatives de suicide conclut: "je ne m'en remettrai jamais mais je voudrais que la justice fasse son travail".
Toute l'interview réalisée par Louise Colcombet à lire dans Le Parisien.http://www.leparisien.fr/faits-divers/elle-denonce-des-viols-la-justice-la-dit-victime-d-atteinte-sexuelle-05-11-2018-7935177.php
Julie a également accordé une interview à RMC info. A regarder ici: https://rmc.bfmtv.com/emission/accusation-de-viols-chez-les-pompiers-de-paris-j-ai-ete-detruite-raconte-julie-sur-rmc-1559600.html?fbclid=IwAR3qyrOfSdwOYBeQiDcMqKwypHdwmhtTtC-6RfV8RjuKVkn0VBYfFEfNeE0
Nous exprimons toute notre solidarité et notre soutien à Julie. Son terrible calvaire montre, s'il fallait encore le prouver, la nécessité absolue de protéger les enfants de toute recherche de consentement à des viols commis par des adultes.
La Loi Schiappa n'a pas pallié ce vide juridique. La balle est dans le camp du gouvernement.
Bonne fin d'après-midi à toutes et à tous
Mie Kohiyama, présidente de #MoiAussiAmnesie