Petition updateAprès #Pontoise, #Versailles: le viol d'un enfant doit être jugé comme un crime!#Versailles: STOP à la torture des enfants sur le consentement à un #Viol!
Mié KOHIYAMAFrance
Oct 24, 2018

Bonsoir à toutes et à tous,

Deux jours après le lancement de cette pétition visant à mettre fin à une pratique barbare en France qui consiste à interroger un-e enfant de plus de 5 ans sur son éventuel consentement à un viol commis par un adulte, nous en sommes à plus de 6.000 signataires. Un grand merci à toutes et à tous.

Ce soir, j'ai simplement envie de vous parler de Julie (prénom d'emprunt), la victime concernée par la décision du parquet de Versailles qui a  renvoyé pour atteinte sexuelle et non pour viol deux pompiers agresseurs de Julie, jugeant que son défaut de consentement était insuffisamment caractérisé.

J'ai envie de vous parler de Julie car elle avait 13 ans au début des faits. Elle en a 23 aujourd'hui et en l'espace de dix ans elle a traversé les pires épreuves et souffrances. Pourquoi est-ce important d'en parler (en accord avec son entourage et elle même)? parce que nombre de responsables se moquent de la réalité quotidienne des victimes de viols notamment quand elles étaient mineures. Et qu'il est crucial d'ouvrir les yeux sur cette réalité.

En 2009, Julie est en quatrième. C’est une brillante et excellente élève qui a sauté une classe. Elle est en bonne santé. Un jour elle fait un malaise et l'école appelle les pompiers. L’un d’eux la contacte ensuite via les réseaux sociaux. L’engrenage infernal commence. Il dure deux ans pendant lesquels Julie a subi plusieurs viols en réunion commis par des pompiers. Son numéro de portable circule dans les casernes.

Dès les premiers viols, elle fait de graves crises de tétanie. Très vite elle est déscolarisée et son état psychologique se dégrade. Sa mère alors institutrice s’arrête de travailler pour prendre soin d’elle. Julie développe une phobie sociale qui l’empêche de sortir de chez elle pendant quatre ans. Elle se scarifie et fait plusieurs tentatives de suicide. Elle est alors placée sous anxiolytiques et neuroleptiques. Un traitement lourd...

Pendant ces deux années, elle ne parvient pas à révéler ce qu'elle subit à ses parents (son père est avocat). A 15 ans, à la suite d’un nouveau viol collectif, elle arrive enfin à parler à sa mère, qui l’accompagne immédiatement déposer plainte. Une vingtaine de pompiers auraient reconnu les interactions sexuelles devant la juge d’instruction.

Julie vit l’ensemble de la procédure judiciaire comme une mise en accusation, un déni de justice et un traumatisme supplémentaire qui réactivent sans arrêt sa mémoire traumatique des viols. En 2014 et en 2017, elle fait deux tentatives de suicide. L’une d’elles la plonge dans un coma de cinq jours.

La récente décision du parquet de déqualifier les viols suscite en Julie désespoir et terrible sentiment d’injustice. Elle a également très mal vécu la lecture de certains articles de presse qui ont repris --sans recul et au mépris de sa dignité-- l’information sans intérêt ni fondement la disant “fichée comme nympho” chez les pompiers. Mais elle a envie de se battre pour rétablir la vérité des faits. 

Pour conclure, le viol d’un enfant est un crime. Déqualifier c’est mal nommer. Et mal nommer “ajoute aux malheurs du monde”. Le système judiciaire protège mal les enfants victimes de violences. Une enfant de 13 ans n’a pas la maturité suffisante pour sortir d’une telle spirale infernale mise en place par des adultes. Seuls des professionnels et adultes bienveillants peuvent l’y aider comme cela a été le cas pour Julie.

Il s’agit de la première affaire médiatisée sur la mise en oeuvre de l’article 2 de la #loiSchiappa ayant précisé la définition de la contrainte. Article qui ne change donc strictement rien à la situation actuelle: la pédocriminalité reste quasi totalement impunie et la correctionnalisation des viols massive.

Il est impératif que tout acte sexuel commis par un adulte sur un enfant soit considéré comme un crime. Le cas de Julie est malheureusement loin d’être isolé. Chaque jour en France, les victimes de ces crimes souffrent de l’absence de reconnaissance de la part de la société et de l’institution judiciaire, sans compter l’absence de soins adaptés. Des situations intolérables menant à de nombreux suicides qui doivent cesser.

 Notre pétition a donné lieu à un article de presse:

- RTL Girls:https://www.rtl.fr/girls/societe/loi-schiappa-une-nouvelle-affaire-de-viol-sur-mineure-indigne-les-associations-7795306275

 

 

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