Après la relaxe des FEMEN : réécrivons le délit d'exhibition sexuelle !

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1ère victoire ! les militantes Femen relaxées !
Maintenant, changeons la loi !

 

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Relaxe pour toutes les militantes FEMEN

et pour une réécriture du délit « d'exhibition « sexuelle » »

Plusieurs militantes du mouvement FEMEN sont régulièrement poursuivies par la justice de notre pays pour « exhibition « sexuelle » ».

L'une d'entre elles a déjà été condamnée et d'autres sont en attente de leurs jugements.

Mais de quoi parle-t-on ?

L'article 222-32 du code pénal prévoit que celles et ceux qui ont eu la volonté délibérée de provoquer la pudeur publique en exhibant une partie du corps à caractère sexuel ou en totale nudité peuvent se voir sanctionné d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amendes.

Alors peut-on considérer que le torse des femmes est une partie du corps à caractère sexuel et plus précisément les seins féminins ?

Faisons tout d'abord un peu d'anatomie : Il semble important de préciser que les hommes et les femmes ont des seins. Moins développés pour ces messieurs, car ils n'auront jamais pour eux de fonction allaitante mais contrairement aux apparences, les seins féminins et masculins ont de nombreux points communs. Comme les femmes, les seins masculins contiennent des glandes mammaires, des canaux, des lobules... La seule vraie différence est la taille.

Ensuite peut-on affirmer le caractère réellement sexuel des seins féminins ?

Les seins féminins font parties, de ce que l'on appelle les caractères sexuels secondaires qui constituent l'ensemble des éléments biologiques et physiques qui différencient les filles et les garçons à la puberté. Ainsi, on retrouve dans ces caractères, la mue de la voix pour les garçons, l'apparition de la pilosité pubienne et sous les aisselles pour les garçons et les filles et les menstruations et la poussée des seins en ce qui concerne ces dernières.

Ah, est -ce donc à dire que quand un homme ayant mué m'interpelle, je pourrais éventuellement déposé plainte pour « exhibition « sexuelle » » ? Est-ce donc à dire que quand je vois les poils des aisselles d'un homme portant un débardeur, je peux déposer plainte pour « exhibition « sexuelle » » ?

Mais non voyons, car pour être un délit il faut que cette « exhibition » s'inscrive dans une transgression de « la pudeur publique ».

La pudeur, a cela de formidable, qu'à chaque époque, elle a porté son regard, glaive d'une police de la moralité, sur les différentes parties du corps des femmes. Et bien sûr, à chacune de ces époques, ce sont des hommes qui ont décidé de ce qui constituait ou non une atteinte à la pudeur, d'ailleurs Sénéque disait de la pudeur qu'elle était une vertu féminine par excellence.

Elle est liée au corps, à la sexualité, mais surtout au rapport à l'autre et à la construction sociale qui en émane. La pudeur, et par son biais « l'exhibition « sexuelle » » a évolué au travers des temps : par exemple Léa Lenjallée, 17 ans, est ainsi condamnée en 1894 pour « s’être promenée dans une tenue indécente » dans Paris et avoir marché les « jupons [relevés] à l’aide d’une épingle à nourrice, de telle façon qu’on voyait ses mollets et le commencement de ses cuisses »...

L'impératif de dissimulation des corps des femmes répond bien à une « morale » définie sans aucune objectivité scientifique, mais qui s'adapte aux regards des concepts de l'érotisation du corps des femmes. Les chevilles à une époque, les cheveux dans d'autres pays, et ici les seins … sont tour à tour érotisés afin de servir au contrôle de la sexualité des femmes. Car c'est toujours le corps des femmes que l'on contraint.

Les hommes sont libres aujourd'hui d'aller le torse nu, sans risquer d'être interpellé et mis en examen. Dans d'autres pays, ils sont libres d'aller tête nu, sans risquer la lapidation.

Les femmes non, et surtout quand elles le revendiquent. Car n'oublions pas que quand nos corps deviennent objets pour la publicité et/ou pour la pornographie, la police des mœurs n'intervient jamais !

Les militantes de FEMEN ont un usage de leurs corps qui est politique. Et pour ce faire, flanquées de slogans sur leur torse nu, elles revendiquent la visibilité des femmes dans l'espace public. Et c'est bien là que le bât blesse.

Dans une société qui souhaite l'égalité en droits entre les femmes et les hommes, nous ne pouvons pas continuer à appliquer un droit « moralisateur » du corps et de la conduite des femmes.

Il faut changer le texte de ce délit.

Et comme pour l'instant ce texte reste à l'appréciation subjective de la morale de chaque juge, la relaxe pour chaque militante FEMEN ne peut être que la seule et unique décision !

NOS CORPS SONT POLITIQUES !



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