Appel Henri Alleg Palaiseau
21 Nov 2018

Lors du dernier conseil municipal de Palaiseau lundi 19 novembre 2018, la question ci-après a été posée au Maire de Palaiseau.

"Monsieur le Maire de Palaiseau,

En avril 1958, une adresse solennelle au Président de la République René Coty était publiée pour :
– protester contre la saisie de l’ouvrage d’Henri Alleg La Question, et contre toutes les saisies et atteintes à la liberté d’opinion et d’expression qui l’ont récemment précédée,
– demander que la lumière soit faite, dans des conditions d’impartialité et de publicité absolue, sur les faits rapportés par Henri Alleg,
– sommer les pouvoirs publics, au nom de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de condamner sans équivoque l’usage de la torture, qui déshonore la cause qu’il prétend servir.

Cette protestation parue dans la presse suite aux révélations contenues dans le livre d’Henri Alleg, « La Question », récit d’un torturé, est saisi par la police le 25 mars 1958.

Appelant les Français à se joindre à eux, les signataires de ce texte étaient André Malraux, Roger Martin du Gard, François Mauriac et Jean-Paul Sartre.

60 ans plus tard, en septembre de cette année, le président de la République Emmanuel Macron, sous l’impulsion notamment du mathématicien et député de l’Essonne Cédric Villani, se rendait chez la veuve de Maurice Audin et publiait une déclaration pour reconnaître le crime d’État commis à l’encontre de son mari. En 1957, en pleine bataille
d’Alger, l’armée française avait torturé et assassiné ce jeune mathématicien communiste anticolonialiste. Justice lui était enfin rendue.

Après un demi-siècle de déni, avec ce geste historique, la France regarde en face l’une des pages les plus sombres de la colonisation.
Henri Alleg, qui pour les mêmes raisons a été arrêté, qui a subi les mêmes affres de la torture en même temps et des mains des mêmes tortionnaires que Maurice Audin repose dans le cimetière de notre ville après y avoir vécu les 30 dernières années de sa vie.

Monsieur le Maire, face à l'histoire et pour l'honneur de Palaiseau, il est encore temps pour la Municipalité de s'associer au geste historique du Président de la République, vis à vis d'Henri Alleg. Un hommage de cette portée peut lui être rendu, en nommant l'espace situé à l'entrée
du lycée Camille Claudel, Place Henri Alleg. Henri Alleg, jusqu'à sa mort, demeurait à quelques pas, rue Gabriel Dauphin."

Réponse lapidaire du Maire de Palaiseau : "La dénomination de la place devant le lycée Camille Claudel n'est pas à l'ordre du jour".

Face à cette attitude, amplifions notre mobilisation pour faire aboutir enfin la juste reconnaissance due à Henri Alleg dans la ville où il a vécut les 30 dernières années de sa vie et où il repose.

 

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