Appel pour la constitution d'un forum décolonial

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Le problème

 Cet Appel peut être signé à titre individuel et par des collectifs, des associations, des syndicats et des partis politiques. Plus de 350 signataires, à ce jour. Voir ci-dessous une première liste partielle mais significative de signatures de citoyen-ne-s, d'universitaires, d'élu-e-s, de responsables associatifs et de militant-e-s antiracistes et anticolonialistes, d'avocat-e-s et de l'écrivaine et prix Nobel de littérature Annie Ernaux.  

Appel pour la constitution d’un Forum décolonial

Du Code noir de 1685 jusqu’en 1848, la France a organisé la déportation vers ses colonies de millions d’Africain·es esclavagisé·es. Fondé sur la négation de l'humanité des peuples de ce continent, ce système économique, juridique et racial a bouleversé, jusqu’à aujourd’hui, les sociétés concernées. 

En 1840, la conquête de l’Algérie par le général Bugeaud a provoqué d’innombrables destructions et des morts par centaines de milliers. N’oublions pas les massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, le bilan humain catastrophique de la dernière guerre d’Algérie et les massacres du 17 octobre 1961 dans la capitale et la région parisienne. En Indochine, le conflit a fait des centaines de milliers de victimes. À Madagascar, l’écrasement de l'insurrection de 1947 a donné lieu à de terribles hécatombes. Bilan : des dizaines de milliers de morts. Plus généralement, en Haïti, en Afrique, en Asie, en Kanaky, en Polynésie française, aux Antilles et en Guyane, dans les différentes possessions conquises avant puis après 1885, la France et l’Etat colonial ont fait la terrible démonstration qu’ils étaient prêts à tout pour défendre l’empire, hier et aujourd’hui encore. La colonisation a aussi ravagé des territoires et provoqué de nombreux écocides liés aux essais nucléaires, à l'extractivisme, à l'exploitation sans limite des terres et à l’usage scandaleux du chlordécone dans les départements des Antilles. 

Pour une reconnaissance précise et circonstanciée des crimes de la colonisation

Si la loi Taubira de 2001 a qualifié la traite et l'esclavage de crime contre l'humanité, elle n'a pas été suivie d'une politique de réparations alors que les conséquences de ce crime perdurent. Quant aux multiples massacres, crimes de guerres et crimes contre l’humanité commis dans de nombreuses colonies et au Cameroun, y compris après l’indépendance, aucune reconnaissance véritable n’a eu lieu. A cela s’ajoutent les racismes et les politiques publiques liberticides et meurtrières dont sont victimes les exilé·es des Sud, les discriminations systémiques et les violences policières qui frappent les habitant·es racisé·es des quartiers populaires, et les héritier·es des immigrations coloniales et postcoloniales. 

 

Pour la convergence des luttes décoloniales

Au regard de la gravité de cette situation politique, il est indispensable d’opposer un front commun aux extrêmes droites comme aux droites radicalisées, racistes, islamophobes et négrophobes, qui assassinent l’histoire et la mémoire du colonialisme, à la propagande des médias du groupe Bolloré et à la criminalisation de la solidarité avec la Palestine. Indispensable d’exiger aussi la reconnaissance des crimes de la colonisation, la restitution des biens spoliés, des réparations et une justice sociale et climatique, d’interpeller les candidat·es à l'élection présidentielle de 2027, et de travailler à la décolonisation de la République et de l’espace public. Tels sont quelques-uns des objectifs dont il nous faut débattre. Nous appelons donc à la constitution d’un Forum décolonial, inclusif, indépendant et démocratique afin de d’élaborer une plateforme unitaire de revendication pour les associations mémorielles, les collectifs pour la reconnaissance des crimes coloniaux, les collectifs antiracistes, les chercheurs, les artistes et tous·tes celles et ceux qui estiment que, face à l’offensive réactionnaire en cours, il est urgent de fédérer ces initiatives multiples. 

 

Signatures personnelles

Ahmedi, Dalila, avocate. Asselmeyer, Jean réalisateur. Ballanger, Michelle, (ANPNPA). Bantigny, Ludivine, historienne. Ben Houzet, Yazid, anthropologue. Berthelemy, Michel (4ACG). Berraies Guigny, Feriel. Blanchard, Djamel, militant des quartiers populaires et activiste antiraciste (Angers). Bollenot, Vincent, historien. Botton, Tahina, adjointe au maire Roubaix. Bouamama, Said, sociologue. Boumedien, Alima, avocate. Bouvet de la Maisonneuve, Fatma, psychiatre.  Braun, Henri, avocat. Briant, Jo, militant antiraciste et anticlonialiste (Grenoble). Burgat, François, directeur de recherches émérite (CNRS). Candore, Marco, comédien et vidéaste. Caumières, Philippe, philosophe. Champigneul, Marie-Lyne, (La Réunion). Combe, Sonia, historienne. Corbière, Alexis, député de Seine Saint-Denis. Cours-Salies, Pierre, sociologue. Debons, Claude, syndicaliste. Delarue, Christian, CADTM-France. De Montlibert, Christian sociologue. Delcros, Rodolphe, conseiller municipal Périgueux. Desjardins, Colette, (ANPNPA). Dental, Monique, Réseau féministe « Ruptures ».  Epsztajn, Didier, blogueur. Ernaux, Annie, écrivaine et prix Nobel de littérature. Fassin, Eric, sociologue. Federmann, Georges Yoram, psychiatre. Ferreti, Luc, membre du Collecif contre une statue de Bigeard Toul-54. Fischer, Bernard, blogueur. Gaudichaud, Franck, historien. Garo, Isabelle, philosophe. Ghaem, Marjane, avocate. Gleizes, Jérôme, économiste UPSN. Gourdeau, Camille, anthropologue. Greilsamer, Jean-Guy (UJFP), Guendouzarab, Soraya, responsable associative Approches, Cultures et Territoires (ACT, Marseille). Guerrier, Daniel, journaliste honoraire. Haensel, Michèle, (ANPNPA. Hilgros Line, Représentante pour la Guadeloupe et la Martinique de SRDC (Sixth Region Diaspora Caucus), Los Angeles Californie. Jeannot, Brigitte, avocate. Kaki, M'Hamed, association Les Oranges. Khalfa, Pierre, économiste, Fondation Copernic. Lafitte, Roland, chercheur indépendant. Le Cour Grandmaison, Olivier, universitaire. Le Moal, Patrick, sociologue. Lowy, Michaël, philosophe. Mahieux, Christian, Union syndicale Solidaires. Malléa, Jacky, Pied Noir, Perpignan. Marcot, Fabien, sociologue. Mellouli, Akli, sénateur.  Meekel, Jean-François, journaliste.  Natasson, Dominique, militant juif antisioniste, animateur du site “Mémoire Juive & Éducation”, auteur de “polars décoloniaux” et du Guide du Soissons colonial, éditions Syllepse. Ouaddane, Mohamed, sociologue. Passevant, Christiane, Radio libertaire. Pellerin, Pascale, historienne. Pelletier, Willy, sociologue. Pierre-Charles, Philippe, militant syndicaliste et politique (Martinique).  Pouillot, Henri, militant antiracist et anticolonialiste. Poupin, Christine, NPA. Pradel, Jacques, co-président de l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA).  Rajsfus, Philippe.  Rezigat, Rahim, militant associatif. Rougy, Béatrice, Mrap Montpellier. Rosevègue, André (33 Pessac). Simonnet, Danièle, députée. Taïbi, Azzédine, maire de Stains. Toussaint, Luc, porte-parole CADTM-International. Travers, Christian, (4ACG). Traverso, Enzo, historien et philosophe. Troaré, Aminata Dramane, essayiste et ancienne ministre de la Culture du Mali. Vollaire, Christiane, philosophe. Wilson, Michel. Zaidi, Nasséra, coordinatrice du Collectif national pour la reconnaissance des crimes coloniaux en Algérie (CNRCC); 

Signatures collectives

Alliance pour l'Emancipation Sociale (AES),  Association 17 octobre 1961 Contre l’oubli, Association des Ami.e.s de Maurice Rajsfus, Association Femmes Plurielles, Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), Association Les Oranges, Association de Promotion des Cultures et du Voyage (APCV), Association Terre et Liberté pour Wallmapu, Association Trajectoires-Mémoires et Cultures, Centre de ressources sur les migrations, Approches, Cultures et Territoires (ACT, Marseille), CADRUCOMF, Association humanitaire, Collectif contre une statue de Bigeard Toul-54, Collectif Egalités, Collectif Mémoires en Marche (Marseille), Collectif national pour la reconnaissance des crimes coloniaux en Algérie (CNRCC), Comité Vérité et Justice pour Zakariyya, Editions Syllepse, D'Ailleurs Nous Sommes d'ICI 67 (DNSI-67), Fondation DICE, Mrap MEL (Lille-Roubaix), Mrap Montpellier, Mrap Strasbourg, Mrap 89, Réseau Féministe "Ruptures", Réseau TRACES. 

Voix de signataires

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