Le BAAM indésirable à Paris, pas de quartier pour les migrant·es !

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Privé de local à Paris, le Bureau d'accueil et d'accompagnement des migrant·es (BAAM) ne peut plus exercer ses activités auprès des personnes exilées. Un nouvel exemple de la dislocation du tissu associatif et de l'invisibilisation des migrant·es dans la capitale.

Les lendemains de fête ont parfois des airs de gueule de bois. Quelques jours après le succès du premier BAAM Festival, qui a rassemblé 5000 personnes et une quarantaine d'artistes autour des valeurs de solidarité avec les migrant·es, notre association se retrouve à la rue.

L'espace occupé jusqu'alors aux Grands Voisins (un ancien hôpital devenu friche industrielle), moyennant un loyer non-négligeable versé à l'association Aurore, va en effet être détruit afin de laisser place à des promoteurs et bailleurs. Dans l'espoir d'en obtenir un nouveau, le BAAM a transmis son dossier à la plate-forme Plateau urbain, chargée par la Mairie de Paris de louer aux structures associatives les quelques espaces disponibles dans la capitale. Notre démarche s'est soldée par un refus à peine motivé.

Cette décision menace à très court terme les activités de l'association. C'est en effet dans notre local que sont organisées les actions politiques du BAAM (manifestations, happenings, soirées de soutien...). C'est là-bas que sont stockés les produits d'hygiène et fournitures scolaires récupérés lors de différentes collectes. C'est dans notre local, surtout, que sont reçues les personnes exilées en quête de conseils pour leurs démarches juridiques et administratives. Autant de dossiers aujourd'hui en suspens.

Plus largement, le fait qu'un collectif comme le BAAM, fort d'un millier d'adhérents et de 350 bénévoles actifs, soit effacé de la carte en dit long sur l'affaiblissement du milieu associatif, sacrifié sur l'autel de la spéculation immobilière. Sous le vernis de projets « solidaires » tels que ceux portés par Aurore et Plateau urbain perce en réalité la précarisation croissante de locataires servant de bouche-trous (à quand des locaux pérennes pour les associations ?) et à qui le parc privé demeure inaccessible : il faut voir l’accueil frileux réservé par les bailleurs privés aux collectifs d'aide aux migrant·es...

Difficile également de ne pas faire le parallèle entre la situation du BAAM, devenu indésirable à Paris, et celle des personnes migrantes elles-mêmes, que la ville s'efforce chaque jour de repousser au-delà du périphérique pour mieux fuir ses responsabilités en matière d'accueil.

Parce que la voix du BAAM et des collectifs d'aide aux migrant·es ne peut être tue, parce que la préservation du maillage associatif est une nécessité démocratique, parce que l'invisibilisation des exilé·es ne peut continuer et que leur situation administrative en dépend parfois, le ...AAM doit retrouver son B. Un bureau pour le BAAM !

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